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À La Une - conflit

Bombardements nourris du réduit de l'EI en Syrie, des milliers de personnes encore retranchées

"Ils ont essayé à plusieurs reprises de s'infiltrer avec des ceintures d'explosifs, mais nos combattants les ont bloqués", affirme un combattant des FDS. 



Un quartier du village de Baghouz, le 17 mars 2019. REUTERS/Stringer

Les forces antijhadistes engagées depuis des semaines dans l'offensive contre l'ultime poche du groupe Etat islamique (EI) en Syrie ont repris dimanche soir leurs frappes contre le réduit de Baghouz, où des milliers de personnes seraient encore retranchées, ont-elle indiqué.

Soutenues par une coalition internationale anti-EI conduite par les Etats-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS) tentent de déloger les jihadistes de ce village de la province orientale de Deir ez-Zor situé non loin de la frontière irakienne. Mais l'offensive a maintes fois été suspendue ou ralentie par l'évacuation de dizaines de milliers de personnes de l'ultime poche jihadiste, réduite à un petit campement informel et des tunnels souterrains.

La situation sur le terrain est restée plutôt calme dans la journée de dimanche, ponctuée de quelques bombardements sporadiques. Mais les frappes se sont intensifiées en début de soirée, a constaté une équipe de l'AFP, faisant état de "tirs nourris et de fortes explosions" alors que les avions sillonnent à nouveau le ciel. On entend des tirs de mitrailleuse, a indiqué une journaliste de l'AFP faisant état de flammes et de colonnes de fumée s'élevant de la poche jihadiste.

A quelques centaines de mètres du front, elle aperçoit de gros véhicules avancer vers le campement de l'EI: "des sortes de tracteurs utilisés par nos camarades pour progresser" sur un terrain bourré de mines, expliquent des combattants des FDS.

Depuis une colline tenue par les FDS surplombant le réduit de l'EI, les journalistes avaient pu avant la tombée de la nuit apercevoir les tentes piquées sur des champs parsemés de bâtisses ocres et de palmiers. Parfois, une moto passait ou des silhouettes noires avançaient sur les chemins poussiéreux.

Sur une position des FDS, le combattant Ali Khalaf Ibrahim explique que les jihadistes opposent toujours une "résistance". "Mais elle a diminué", assure-t-il, fusil à l'épaule. "Ils ont essayé à plusieurs reprises de s'infiltrer avec des ceintures d'explosifs, mais nos combattants les ont bloqués".



(Lire aussi : La fin du "califat" est proche, l'EI mène sa "dernière" contre-offensive en Syrie)


"5.000 personnes"

L'assaut décisif des forces anti-EI s'inscrit dans le cadre d'une offensive lancée en septembre ayant permis d'acculer progressivement les jihadistes dans un ultime périmètre au bord de l'Euphrate.

A son lancement, le commandant en chef des FDS, Mazloum Kobani, avait prédit la fin des opérations sous un mois. Mais le nombre considérable de personnes --civils et jihadistes-- évacuées par vagues successives du réduit de Baghouz a pris les FDS de court, les poussant à suspendre maintes fois leurs opérations pour éviter un bain de sang.

Les FDS ont indiqué dans un communiqué que des dizaines de jihadistes s'étaient encore rendus samedi, parmi lesquels des ressortissants européens, turcs, chinois, irakiens et syriens.

Dimanche, le porte-parole des FDS, Kino Gabriel, a souligné qu'aucun calendrier précis ne pouvait être avancé pour la fin de l'opération. "J'espère que cela ne prendra pas plus d'une semaine, mais il s'agit d'une estimation personnelle", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à Soussa, village voisin de Baghouz. Il a indiqué que quelque "5.000 personnes" se trouveraient encore dans l'ultime réduit jihadiste, en se basant sur les récits du dernier groupe d'évacués.

M. Gabriel a aussi affirmé que quelque 64.000 personnes étaient sorties depuis janvier de l'enclave de l'EI: parmi elles, 5.000 jihadistes qui ont été arrêtés et 25.000 proches de combattants. Quelque 34.000 autres civils ont été également évacués.


(Lire aussi : Les forces antijihadistes tentent de briser les dernières défenses de l'EI en Syrie)


"Règlement politique"

L'EI avait proclamé en 2014 un "califat" sur de vastes régions conquises à cheval entre la Syrie et l'Irak avant que son territoire ne se réduise comme peau de chagrin. Sa défaite à Baghouz doit constituer la fin officielle de son "califat", mais le groupe a déjà entamé sa mue en organisation clandestine.

Les jihadistes continuent de mener des attaques suicide, et les mines laissées par l'organisation ultraradicale dans ses anciens bastions continuent de tuer.

Depuis samedi, au moins 17 personnes sont mortes dans l'explosion de mines enfouies, dont 16 dans la province de Deir ez-Zor --la 17e a péri dans celle d'Alep (nord), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La bataille actuelle contre l'EI est l'un des principaux fronts de la guerre en Syrie qui est entrée dans sa neuvième année. Le conflit a déjà tué plus de 370.000 personnes, d'après un dernier bilan de l'OSDH, et déplacé plusieurs millions d'autres, le régime de Bachar el-Assad reprenant la main ces dernières années à la faveur des soutiens iranien et russe.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a tenu dimanche des discussions avec le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem axées sur la relance du processus de "règlement politique", avec en ligne de mire la mise en place d'un comité chargé d'élaborer une nouvelle Constitution.

M. Pedersen, qui effectue sa deuxième visite depuis son entrée en fonctions en janvier, est le 4e médiateur de l'ONU pour la Syrie depuis 2011, ses prédécesseurs ayant échoué dans leur tentative de trouver une issue à une guerre qui s'est complexifiée au fil des ans.




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