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Les forces antijihadistes tentent de briser les dernières défenses de l'EI en Syrie

Conflit

"Il y a une progression mais elle est lente et la zone est étroite", explique Jiaker Amed, des Unités de protection du peuple (YPG), la milice kurde qui domine les FDS.

OLJ/AFP
14/03/2019

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les frappes d'une coalition internationale, tentent jeudi de briser les dernières défenses des irréductibles du groupe jihadiste Etat islamique (EI), acculés dans un petit bout de terre aux confins orientaux de la Syrie.

Depuis le matin, des centaines d'hommes, femmes et enfants sont sortis du réduit de l'EI, dans le village de Baghouz, a constaté un correspondant de l'AFP. "Un grand nombre de combattants de l'EI et leurs familles se sont rendus aux FDS", fuyant l'assaut, a affirmé un porte-parole des FDS, Mustefa Bali, Sous une légère bruine, des hommes barbus claudiquent, visiblement blessés. Chargées de sacs, des femmes suivent avec des enfants couverts de poussière. Nombre d'entre eux semblent être des étrangers.

Ce qui reste du "califat" autoproclamé en 2014 par l'organisation jihadiste sur les vastes territoires conquis à cheval entre l'Irak et la Syrie n'est plus qu'un campement de tentes au bord de l'Euphrate, à Baghouz, non loin de la frontière irakienne.

Les combattants kurdes et arabes des FDS ont repris dimanche l'assaut contre la poche de l'EI dans un des méandres du fleuve, poussant des milliers de jihadistes à la reddition. Mais des jusqu'au-boutistes de l'EI opposent encore une résistance aux FDS, a expliqué Jiaker Amed, porte-parole des Unités de protection du peuple (YPG) à Baghouz, la milice kurde qui domine les FDS.

"Ceux qui sont restés à l'intérieur sont surtout des kamikazes, et cela entrave notre avancée", a-t-il dit. "Ils utilisent des tactiques d'opération souterraines", se cachant dans des tunnels et des tranchées. "C'est pourquoi les bombardements aériens n'obtiennent pas les résultats souhaités", a-t-il affirmé.



(Lire aussi : La fin du "califat" est proche, l'EI mène sa "dernière" contre-offensive en Syrie)



3.500 enfants étrangers
Après la reprise de l'assaut des FDS, les bombardements les plus violents ont été menés surtout de nuit. Durant la journée, ils baissent d'intensité pour permettre aux gens de pouvoir quitter la poche de l'EI.

Depuis lundi, plus de 3.000 jihadistes se sont rendus, selon M. Bali.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 60.000 personnes ont été évacuées de cette poche jihadiste depuis décembre. Une personne sur dix serait un jihadiste. L'exode a provoqué une crise humanitaire dans les camps de déplacés tenus par les FDS, où femmes et enfants arrivent exténués après des semaines de siège.
Plus de 3.500 enfants étrangers originaires d'une trentaine de pays vivraient dans les camps de déplacés du nord-est de la Syrie, et plus de 2.000 ont moins de 5 ans, selon l'ONG Save The Children.

D'après l'ONG Comité international de secours (IRC), 120 personnes -principalement des enfants en bas âge- sont mortes en route ou peu après leur arrivée au camp d'Al-Hol, où la majorité des familles de jihadistes ont été transférées.

Ce camp est "surpeuplé, inhabitable et menace la vie et la dignité humaine, les gens sont forcés de dormir à même le sol alors qu'il pleut et que les températures sont basses", dénonce le Fond de l'ONU pour la population.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014, l'EI, une organisation ultraradicale responsable d'atrocités, avait proclamé un "califat" sur un territoire grand comme le Royaume-Uni, instaurant sa propre administration et collectant des impôts. Le groupe jihadiste avait ensuite lancé une intense campagne de propagande pour attirer les recrues étrangères.


Conférence des donateurs
Le dossier des jihadistes étrangers est un casse-tête pour les forces kurdes, qui réclament leur rapatriement, mais aussi pour les Occidentaux qui rechignent globalement à les reprendre.

La bataille contre l'EI est l'un des principaux fronts de la guerre en Syrie qui entame sa neuvième année le 15 mars. Le conflit a tué plus de 360.000 personnes et déplacé plusieurs millions d'autres.

A Bruxelles, une conférence des donateurs est en cours alors que l'ONU a chiffré les besoins financiers pour 2019 à 4,4 milliards d'euros pour venir en aide aux quelque 5,6 millions de Syriens réfugiés hors de leur pays et à 2,9 mds EUR pour les populations déplacées à l'intérieur du pays. Mais les fonds promis ne devront pas servir à soutenir le régime du Bachar al-Assad, ont averti les Européens.

Soutenu militairement par la Russie et l'Iran, Bachar al-Assad estime avoir sauvé son pouvoir en reprenant près des deux-tiers du territoire, mais il fait face à un pays morcelé et ravagé humainement et économiquement par la guerre. 



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