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Conférence pour la Syrie: 7 milliards d'aide, conditions pour la reconstruction

Bruxelles

La plus importante contribution nationale annoncée est venue de l'Allemagne avec 1,44 milliards d'euros.

OLJ/AFP
14/03/2019

La conférence des donateurs pour la Syrie organisée à Bruxelles a permis d'engranger jeudi près de 7 milliards de dollars pour venir en aide aux réfugiés, mais le déblocage des fonds pour la reconstruction a été conditionné à un processus de paix crédible.

"Les engagements totalisent 7 milliards de dollars (6,1 milliards d'euros)", a annoncé le commissaire européen à l'Aide humanitaire Christos Stylianides à la clôture de la réunion.

Les Nations unies avaient chiffré les besoins financiers pour 2019 à 5,5 milliards de dollars (4,4 milliards d'euros) pour assister environ 5,6 millions de Syriens réfugiés hors de leur pays (en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Irak et en Egypte) et à 3,3 milliards de dollars (2,9 mds EUR) pour les populations déplacées à l'intérieur du pays. "Nous sommes ravis côté ONU. Merci de votre générosité", a déclaré le secrétaire général adjoint de l'organisation Mark Lowcock. "Ces fonds vont permettre de sauver et de protéger des millions de vies", a-t-il souligné.

La plus importante contribution nationale annoncée est venue de l'Allemagne avec 1,44 milliards d'euros. Les Etats-Unis se sont engagés pour 350 millions euros (397 millions de dollars), alors que le Royaume-Uni a promis 464 millions d'euros. L'Italie a alloué 45 millions d'euros pour 2019 et 45 millions d'euros pour 2020, la Belgique 24 millions d'euros, l'Autriche 9 millions d'euros.

L'Union européenne a pour sa part alloué 2 milliards d'euros du budget commun. "L'aide seule ne peut remédier à la crise syrienne", a toutefois rappelé Mark Lowcock.

La Conférence ne doit pas seulement être une collecte de fonds, a insisté la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini: "La Syrie doit rester en tête des priorités de la communauté internationale". Mais il n'est "pas question d'une normalisation avec le régime de Damas, ce que certains pays de l'UE seraient prêts à faire", a averti un diplomate européen.


(Lire aussi : A Bruxelles, Hariri appelle à faire pression sur le régime syrien pour le retour des réfugiés)



Aide détournée

"La crainte est que l'aide internationale ne soit détournée vers les régions affidées au régime", a-t-il expliqué. Il est "fondamental" qu'elle puisse être acheminée vers les régions du Nord-Est libérées de l'emprise du groupe Etat islamique (EI) par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes, a insisté le diplomate européen.

"Le risque est que ces régions ne soient tentées par un modus vivendi avec le régime (de Bachar al-Assad) pour se protéger de la Turquie si elles sont abandonnées", a-t-il expliqué.

Une partie des financements de l'Union européenne et de ses Etats doivent être utilisés pour la reconstruction de la Syrie, dont des régions ont été dévastées par 8 années de guerre. Mais cet argent "ne sera déboursé que si un processus de paix crédible commence à Genève sous les auspices des Nations unies", a averti Federica Mogherini.

"Il faut que le régime syrien soit à la table à Genève", a souligné le chef de la diplomatie belge Didier Reynders. "Nous espérons que dans les prochains mois on pourra voir bouger la situation politique. Cela permettra de commencer la reconstruction et de travailler au retour des réfugiés", a-t-il déclaré.

La Belgique et plusieurs autres pays de l'UE -- France, Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Pays-Bas et Danemark -- ont ajouté une autre condition: la lutte contre l'impunité des crimes commis en Syrie. "La guerre n'est pas finie en Syrie", a rappelé Didier Reynders. Le représentant de l'ONU lui a fait écho: "Une offensive militaire de grande ampleur contre Idleb provoquerait une catastrophe humanitaire".

La ville d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, est contrôlée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), une organisation formée par l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda, et représente le dernier bastion en Syrie hostile au régime de Damas.


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