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Économie

Où en est le projet de parc éolien dans le Akkar ?

Énergies renouvelables

Le déploiement des turbines devrait démarrer cet été pour une mise en service définitive prévue en 2020.

11/03/2019

Il y a un peu plus d’un an, le ministère de l’Énergie et de l’Eau confiait à trois sociétés – Sustainable Akkar, Lebanon Wind Power et Hawa Akkar – la construction du premier parc éolien du pays dans le Akkar (Liban-Nord).

D’une puissance potentielle de plus de 200 mégawatts (MW), dont la production sera revendue à Électricité du Liban (EDL), ce projet est piloté par le Centre libanais pour la conservation de l’énergie (LCEC, rattaché au ministère). Les trois sociétés qui se partagent la construction du parc vont également l’opérer pendant toute la durée du contrat, fixée à 20 ans. Sustainable Akkar, à qui Lebanon Wind Power a délégué la gestion de sa part du projet, doit ainsi installer un total de 37 turbines, pour une puissance de près de 160 MW, soit presque 20 de plus que ce qui était initialement prévu, selon les chiffres fournis par Salah Tabbara, PDG de Sustainable Akkar. Hawa Akkar a prévu de son côté de mettre en place 16 turbines déployant 68 MW. L’enveloppe globale du projet est de plus de 360 millions de dollars, dont 255 millions pour les seuls Sustainable Akkar et Lebanon Wind Power, rappelle Salah Tabbara, qui précise que sa société doit également construire un poste électrique pour relier les éoliennes au réseau d’EDL.


(Lire aussi : Mènerez-vous le Liban vers une révolution des énergies renouvelables ?)


Impact environnemental et social
Le nouveau parc doit enfin permettre au Liban de porter la part des énergies renouvelables à 12 % de la demande d’électricité d’ici à 2020 (contre environ 8 % actuellement en comptant les chauffe-eau solaires), tout en compensant une partie du déficit de production de courant de l’établissement public, qui assure à peine deux tiers de la demande nationale évaluée à 3 000 MW environ – obligeant les Libanais à faire appel aux propriétaires de générateurs privés.

Mais pour l’heure, la région de « Bab el-Hawa » ( « porte du vent », en arabe), où doivent être déployées les dizaines de turbines de plus de 100 mètres de haut, n’a toujours pas été investie, les trois sociétés étant encore plongées dans les préparatifs du chantier. Les contours de ce dernier ont d’ailleurs été modifiés en fonction des résultats des études d’impact social et environnemental du projet (ESIA) commandées par les opérateurs à des bureaux d’études locaux et internationaux. « L’ESIA évalue aussi bien les répercussions du projet sur la faune et la flore que sur la santé des résidents qui habitent autour du site », résume Salah Tabbara, qui affirme que sa société a dû déplacer voire supprimer certaines éoliennes prévues initialement du plan d’origine. Sustainable Akkar et Lebanon Wind Power ont fait appel au cabinet international Ramboll et au bureau d’étude libanais SES pour réaliser l’étude. Hawa Akkar a de son côté fait appel à une association entre Ramboll et la Mores SARL. « Le but de l’ESIA est de s’assurer que le projet est conforme aux exigences du ministère libanais de l’Environnement, ainsi qu’à celles de plusieurs organisations internationales (NDLR: susceptibles d’investir dans le projet) comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Société financière internationale (SFI, bras privé de la Banque mondiale) ou encore la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) », précise le service de presse de Hawa Akkar. Les opérateurs misent d’ailleurs sur les financements internationaux pour compléter le projet. Le rapport rédigé à l’issue de l’ESIA doit enfin être transmis au ministère de l’Environnement qui devra y donner suite. Sustainable Akkar et Lebanon Wind Power affirment avoir déjà envoyé la leur, tandis que Hawa Akkar assure être sur le point de le faire.


(Pour mémoire : Le Akkar se prépare à accueillir le premier parc éolien libanais)


Sensibiliser l’opinion
En dehors de cette étude, les sociétés affirment également multiplier les réunions avec les municipalités de la région, les autorités locales ou encore la population pour préparer le terrain et sensibiliser l’opinion. « Sur le plan logistique, l’une des questions les plus délicates est celle du transport des turbines, dont les pales font 75 mètres de long, ce qui peut nous obliger à effectuer des aménagements sur les voies d’accès au site (NDLR :

déplacement de câbles électriques, aplanissement, voire élargissement de la route), entre autres travaux », explique Salah Tabbara. Les turbines seront en principe acheminées depuis le port de Tripoli (capitale du Liban-Nord) situé à une soixantaine de kilomètres du site.Les opérateurs doivent enfin choisir le ou les constructeurs à qui ils commanderont les éoliennes. Plusieurs candidats ont déjà été retenus à l’issue des phases de préqualification récemment finalisées, en attendant les résultats des appels d’offres devant être lancés. L’américain General Electrics, le danois Vestas et les allemands Siemens et Nordex sont les quatre sociétés qui se sont positionnées sur l’une ou l’autre portion du chantier. S’agissant du calendrier, les trois sociétés qui ont trois ans pour compléter le chantier espèrent toutes entamer les travaux dès cet été. Hawa Akkar vise une mise en service dès l’été 2020, tandis que Sustainable Akkar et Lebanon Wind Power évoquent une livraison définitive avant début 2021.Une fois opérationnel, le courant produit par le site sera donc vendu à EDL à 10,45 cents de dollar le kilowattheure pendant les trois premières années, puis 9,6 cents à partir de la quatrième et jusqu’à la fin de leur contrat, à charge pour l’établissement public de le revendre à ses abonnés aux tarifs réglementaires (9,6 cents le kWh en moyenne, indique Salah Tabbara), selon les termes du contrat conclu entre l’État et les trois sociétés.


Pour mémoire
Énergie éolienne : 42 compagnies manifestent leur intérêt

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Georges Lebon

Bref, en 1 an il ne s'est rien passé. D'ailleurs l'article est mot pour mot identique au précédent sur sa seconde moitié...

Stes David

"Sensibiliser l’opinion", ca me fait penser a la situation en Espagne, dans le nord (Aragon et Navarra) il y a plein de turbines, c'est meme triste de voir toutes les collines et montagnes remplis de ces turbines. Les villagers me disaient que c'est a cause de la 'corruption' en Espagne , ils me disaient que leurs politiciens "vendent" le pays aux entreprises d'electricite, une histoire que j'ai entendu c'est qu'une societe americaine fait l'exploitation du site (ou des sites) et ne tient pas compte de l'ecologie locale ... J'espere que le Akkar fait une bonne etude de ce qu'ils vont faire ... car ce qu'on lit dans cet article "effectuer des aménagements sur les voies d’accès" c'est deja une mauvaise nouvelle pour l'environment.

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