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Grandi : Nous oeuvrons en Syrie à créer les conditions d’un retour des réfugiés

Liban

Lors d’une conférence de presse au terme d’une visite au Liban et en Syrie, le Haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés assure avoir eu des entretiens « très constructifs » avec les responsables libanais.

OLJ
09/03/2019

Le Haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a déclaré samedi que son organisation oeuvrait à "créer, en Syrie, les conditions d’un retour des réfugiés ", notamment en tentant de lever les obstacles légaux et administratifs entravant un tel retour, en coopération avec les autorités syriennes mais également russes sur place.

Lors d’une conférence de presse à Beyrouth, au terme d’une visite en Syrie et au Liban, M. Grandi a répété que le HCR "n’entravait pas le retour des réfugiés", mais que ce retour ne pouvait se faire que d’une manière "sûre, digne et volontaire", et qu’ils ne pouvaient pas "être poussés" à rentrer dans leur pays.

Il a indiqué que les responsables libanais comprenaient sa position et lui avaient assuré que personne « ne serait forcé » à rentrer en Syrie. Le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés a notamment rencontré le président Michel Aoun, le chef de la diplomatie libanaise Gebran Bassil, le président de la Chambre Nabih Berry, le ministre d’État aux Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, et le général Abbas Ibrahim, directeur général de la Sûreté générale.

M. Grandi a souligné avoir eu “des discussions très constructives” avec les responsables libanais. "Le Liban est impatient de voir une solution (…) Il y a une claire compréhension (de leur part) que nous devons travailler sur le terrain en Syrie pour faciliter le retour des réfugiés” et "assurer les conditions d’un retour", a-t-il dit.

Le chef du HCR a indiqué qu’il rencontrerait le Premier ministre Saad Hariri au cours de la conférence de Bruxelles de "Soutien à l’avenir de la Syrie et de la région", organisée par l’Union européenne du 12 au 15 mars.

En Syrie, où il s’est rendu en début de semaine, M. Grandi a indiqué avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem et d’autres responsables et s’être rendu dans les governorats de Homs et Hama.

Il a indiqué avoir constaté “un large mouvement de retour”, notamment de la part de Syriens déplacés à l’intérieur de leur pays, mais aussi de Syriens réfugiés au Liban et en Turquie, et en avoir rencontré plusieurs.

Le Haut commissaire de l’ONU a souligné que les principaux problèmes des personnes ayant fait le choix de rentrer en Syrie étaient "les maisons et le travail, car l’économie est à genoux",. "Mais il y a aussi d’importants défis relatifs à la sécurité et aux questions légales et administratives, comme les papiers", a-t-il expliqué. “Ce sont ces défis et ces obstacles qui empêchent les gens de rentrer", a-t-il souligné.

“Nous travaillons dans tous ces domaines, et des progrès ont été effectués sur le plan légal et administratif", notamment avec l’aide des Russes présents en Syrie, a ajouté M. Grandi. "Les Russes aident beaucoup pour ce qui est des questions légales, comme l’amnistie" . Il a relevé que les autorités syriennes avaient décidé d’accorder une période de grâce de six mois aux personnes rentrant en Syrie avant leur conscription militaire.

M. Grandi a aussi souligné qu’il était « très important que le HCR et d’autres organisations puissent avoir accès aux régions où les réfugiés vont rentrer» et puissent pouvoir s’entretenir avec ces personnes. “Sans cette présence, il n’est pas possible de rassurer les gens qui rentrent”, a-t-il encore dit. Il a ainsi indiqué ne pas avoir eu accès à la région du Rif de Damas (les environs de la capitale syrienne) sous contrôle du régime syrien, au cours de sa visite.


(Lire aussi : « Nous continuerons à œuvrer pour le retour des réfugiés », affirme Grandi)

En réponse à une question, M. Grandi a indiqué avoir eu du gouvernement syrien la confirmation que les retours continueraient à se passer sur la base de listes nominatives agréées par le régime de Damas.

Il a indiqué que le seul chiffre disponible au sujet des retours "volontaires" depuis le Liban était celui de 165 000 , fourni par la Sûreté générale qui coordonne les retours avec les autorités syriennes.

Interrogé par ailleurs au sujet des enfants, apatrides, de jihadistes qui fuient le dernier réduit du groupe Etat islamique dans le nord de la Syrie, il a indiqué que leurs gouvernements respectifs devaient régler ce problème.

Le Liban accueille près d’un million de réfugiés syriens, et la question de leur retour fait polémique sur la scène politique libanaise. Certains responsables, et notamment le chef de l’État Michel Aoun, le chef de la diplomatie Gebran Bassil et M. Gharib appellent à organiser le retour de ces réfugiés vers la Syrie, estimant que le pays quasi-entièrement reconquis par les forces du régime est désormais "sûr". D'autres responsables calquent leur point de vue sur celui de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit avant d'assurer ce retour.


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Chucri Abboud

Nous n'avons vraiment rien à esperer de l'ONU !
La seule solution sérieuse c'est celle que nous propose la Russie , il n'y a rien d'autre à faire ,
Cessons d'hésiter , il se fait tard , le danger nous menace de plus en plus .

AIGLEPERçANT

Ohhhhhh lala ça débite à longueur de temps, tous ces onu machin bidule etc.... si on agissait vite fait bien fait ?

Puisque de toute façon les retours se feront selon le bon vouloir des RÉSISTANTS LIBANAIS et SYRIENS du HÉROS BASHAR EL ASSAD.

Et ça radote et ça spécule et bla bla, rentrés les chez eux à ces pauvres civils SYRIENS victimes de cet odieux COMPLOT occidentalo wahabite parti en lambeaux . Uffffffff...

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