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Économie

Des prêts approuvés et un budget 2019 qui se fait attendre

Conseil des ministres

Les membres de l’exécutif ont adopté une série de mesures ayant vocation à « faire fonctionner l’État » en l’absence d’une loi de finances pour l’exercice en cours.

22/02/2019

La première réunion du Conseil des ministres du gouvernement Hariri III (après celles consacrées à l’élaboration de la déclaration ministérielle) s’est tenue hier à Baabda et a été marquée par l’adoption d’une série d’autorisations de prêts et de dons déjà accordés au Liban par différents organismes internationaux. Ces dernières doivent désormais être votées au Parlement.

Ces autorisations ont concerné plus précisément neuf prêts : un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) pour la mise en œuvre d’un projet de renforcement du système de santé au Liban ; un prêt de l’Agence française de développement (AFD) pour le financement d’un projet de gestion des eaux usées à Wadi Qadicha ; un prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour le financement d’un projet de gestion des eaux usées à Nahr Ghadir ; un prêt du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe en vue de la construction de deux systèmes de gestion des eaux usées dans le Chouf ; un autre de la BIRD pour des projets de construction de routes; un prêt de la BIRD pour un projet de transport public pour le Grand Beyrouth ; un prêt du Fonds arabe pour le développement économique et social en vue du financement d’une partie de la construction de certains axes principaux (autoroute arabe du Nord et la route reliant Zouk Mosbeh à Jeïta) ; et deux prêts concessionnels de la BEI : l’un pour financer la création de trois nouvelles zones industrielles et l’autre pour la première phase du projet de renforcement de la gouvernance financière au sein de la direction générale du ministère des Finances. Pour ce qui est des dons approuvés, ce sont : des dons supplémentaires de la part de la Banque mondiale pour le financement du Programme national de ciblage de la pauvreté (déjà en cours); un don de l’AFD pour financer des projets d’infrastructure en zones rurales, ainsi que des programmes de réinsertion professionnelle dans les régions les plus impactées par les répercussions de la crise syrienne ; et trois dons de l’Union européenne pour financer : un programme de développement local dans le pourtour du Litani ; un projet de décentralisation de la gestion des déchets ; et une aide technique au gouvernement.


(Lire aussi : La distanciation et les relations avec Damas divisent le Conseil des ministres)


Duquesne bientôt à Beyrouth

La valeur de ces financements n’a pas été communiquée hier par le gouvernement, mais le total des financements accordés au Liban pour divers projets (hors CEDRE) et qui sont toujours en suspens faute d’approbation en Conseil des ministres et/ou au Parlement a été estimé à 3,3 milliards de dollars dans la déclaration ministérielle. Leur déblocage a été l’une des principales mesures réclamées par Pierre Duquesne, le diplomate français chargé par le président Emmanuel Macron du suivi de la conférence dite CEDRE, lors de sa dernière visite en octobre dernier. L’ambassadeur Duquesne est d’ailleurs attendu à Beyrouth le 27 février pour une série de rencontres avec les officiels libanais et les représentants des principaux bailleurs de fonds du Liban.

Les autres principales mesures adoptées hier en Conseil des ministres ont vocation à « faire fonctionner l’État » en l’absence d’un budget pour l’exercice 2019, qui n’a toujours pas été examiné.

Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a déclaré hier que l’avant-projet de budget était « prêt » et qu’il attendait que celui-ci soit inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Ce qui devrait intervenir « très prochainement », selon le ministre de l’Économie, Mansour Bteich. Pourtant, les membres de l’exécutif ont autorisé « le ministère des Finances à collecter les impôts et à décaisser les dépenses sur la règle du douzième provisoire à partir de début mars, et ce jusqu’à la publication de la loi de finances de 2019 ». Ils ont aussi approuvé deux décrets pour l’ouverture de crédits additionnels dans le budget de 2018 pour financer le coût supplémentaire des indemnités de fin de service et des pensions de retraite. Enfin, ils ont approuvé l’octroi à Électricité du Liban d’une avance du Trésor pour assurer l’achat de carburants et le paiement des intérêts de ses prêts internationaux d’ici à mars. Par ailleurs, le Conseil des ministres a accepté la démission de Raya el-Hassan (nouvelle ministre de l’Intérieur) de la présidence de l’autorité de la zone économique spéciale (ZES) de Tripoli.


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FAKHOURI

Celui qui est maître de lui-même est plus grand que celui qui est le maître du monde. "

Bouddha

FAKHOURI

comment Saad Hariri peut faire établir un budget ? Dans la situation actuelle du Liban, après plusieurs mois sans président, après plusieurs mois sans gouvernement, les problèmes à gérer se sont accumulés . Ce nouveau gouvernement n'a pas établi les problèmes graves et urgent à régler, aucune plan n' été établi. Le budget , s'il est établi, sera qu'un pis aller.
Saad Hariri se dirige vers d'énormes difficultés de gestion, de coordination, de choix
et ce n'est pas le Hezbollah qui l'aidera, milice qui n'organise que le flou et à la solde de l'Iran, un président soumis, et un pays dégradé

gaby sioufi

c intelligent ca.
on fait passer en priorite tout ce qui fait couler des sous...
en attendant mieux.
dans l'espoir que le projet de budget ne comporte pas d'autres rentrees de sous jusqu'ici tues - non declarees - au grand peuple du liban.

NB. je cite ""Ali Hassan Khalil, a déclaré hier que l’avant-projet de budget était « prêt » et qu’il attendait que celui-ci soit inscrit à l’ordre du jour... "" fin de citation .
ALORS pourquoi-a quand attendent ils de l'inscrire a l'ordre du jour ???
TRES INQUIETANT SI VS VOULEZ MON AVIS & surtout si vs ne le voulez pas.

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