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Lancement du Prix Samir Kassir

Prix Samir Kassir : une 14e édition, pour soutenir la liberté d’expression dans la région

Les candidats seront récompensés pour le meilleur article « d’opinion » et « d’investigation », ainsi que pour le meilleur reportage.

La présidente de la Fondation Samir Kassir, Gisèle Khoury, et l’ambassadrice de l’UE au Liban, Christina Lassen, lors du lancement du prix hier. Photo UE

La 14e édition du Prix Samir Kassir a été lancée hier au siège de la Délégation de l’Union européenne à Beyrouth par Gisèle Khoury, présidente de la Fondation Samir Kassir, en présence de Christina Lassen, ambassadrice de l’UE au Liban. Chaque année depuis 2006, l’UE finance le Prix Samir Kassir, qui rend hommage au journaliste et historien Samir Kassir, assassiné le 2 juin 2005 par l’explosion d’un engin posé sous sa voiture. Le prix vise à récompenser, selon Mme Lassen, des journalistes qui « consacrent leur vie aux droits de l’homme et à la démocratie » « Certains le font à un prix élevé, exposés aux risques de persécution et aux menaces à leur liberté d’expression et à leur vie, tout comme Samir Kassir », a dit Mme Lassen.

Un jury, composé de 7 journalistes dont les noms n’ont pas été dévoilés, déterminera qui obtiendra cette année le prix du meilleur article « d’opinion » et « d’investigation », ainsi que le meilleur reportage. Les candidats devront choisir une ou plusieurs thématiques correspondant à l’État de droit, aux droits de l’homme, à la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la liberté d’expression, le développement démocratique ou encore la participation citoyenne.

Pour soumettre sa candidature, il faut être journaliste ressortissant d’un des 18 pays du Golfe, du Moyen-Orient ou des flancs de la Méditerranée. La publication de l’article doit être faite entre le 15 mars 2018 et le 15 mars 2019 dans le pays d’origine du candidat ou dans un des États membres de l’UE et ne doit pas dépasser les 25 000 signes. Les mêmes critères sont exigés pour le format audiovisuel, qui doit toutefois ne pas dépasser les 7 minutes. En plus de l’exposition internationale qu’apporte le prix, le gagnant de chaque catégorie recevra une somme de 10 000 euros. Un prix qui croît tant en « qualité » qu’en « notoriété », selon Mme Lassen. Ce prix, qui a vu l’année précédente Miloud Yabrir, Asmaa Chalaby et Asaad Zalzali récompensés, connaîtra le 10 avril prochain trois nouveaux vainqueurs.


(Lire aussi : Samir Kassir : chronique d’un assassinat progressif)


Une profession toujours sous tension
« Il est essentiel pour les citoyens libanais mais aussi pour tout le pays que les médias conservent leur indépendance et leurs libertés », a souligné l’ambassadrice de l’UE au Liban.

C’est ce message d’alerte sur la dégradation de ces libertés élémentaires à toute démocratie que doit aussi transmettre cette 14e édition du Prix Samir Kassir, étant donné que la situation au Moyen-Orient mais aussi dans tout le nord de l’Afrique se précarise de plus en plus.

Depuis 2018, plus de 3 000 journalistes ont été emprisonnés, une soixantaine sont retenus en otage et 30 professionnels des médias au Moyen-Orient sont décédés (source RSF).

Pour Christina Lassen, « le Liban se doit de protéger la profession et la liberté des médias en général ». D’une part, garantir la liberté de presse et d’expression est un véritable indicateur d’une démocratie moderne et en bonne santé. D’autre part, les médias restent les principaux lieux et moyens d’expression et de libre pensée.

Une fièvre des dérives totalitaires et de la censure gagne de plus en plus les gouvernements, pour lesquels la culture de la haine et de la méfiance à l’égard des journalistes n’est plus un tabou. L’année passée en a été d’ailleurs tristement témoin avec des assassinats visant précisément des membres de la profession.


Pour mémoire

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