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"L'absence de volonté internationale" empêche de mettre fin à la guerre en Syrie, selon le chef de l'opposition en exil

Conflit

"Sans solution politique", le retour des réfugiés ou la reconstruction en Syrie sont "impossibles", selon Nasr al-Hariri.

OLJ/AFP
20/01/2019

Le chef de l'opposition syrienne en exil, Nasr al-Hariri, a déploré samedi à Riyad "l'absence de volonté internationale" en faveur d'une solution politique permettant de mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie depuis près de huit ans. "C'est l'absence de cette même volonté qui a empêché l'ONU et ses émissaires de faire quoi que ce soit" jusqu'à présent, a souligné M. Hariri dans un entretien à l'AFP, au lendemain de sa rencontre avec Geir Pedersen, le quatrième envoyé de l'ONU chargé de trouver une solution à ce conflit qui a fait plus de 360.000 morts et des millions de réfugiés.

La guerre a éclaté en mars 2011 après la répression sanglante par le régime du président syrien Bachar el-Assad de manifestations réclamant des réformes démocratiques. Le conflit qui a dans un premier temps opposé des rebelles aux forces pro-Assad s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Le diplomate norvégien Geir Pedersen a pris ses fonctions le 7 janvier dans l'espoir de relancer le processus de négociation pour mettre fin au bain de sang. Après une visite à Damas mardi pour rencontrer les représentants du régime syrien, il s'est déplacé à Riyad pour entendre l'opposition en exil. Les trois émissaires onusiens qui l'ont précédé --l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, l'Algérien Lakhdar Brahimi et l'Italo-Suédois Staffan de Mistura-- ont tous jeté l'éponge.

M. Mistura avait lancé neuf cycles de pourparlers de paix entre le régime et l'opposition, tous restés sans résultats. Et il a dû faire face à un processus parallèle de résolution du conflit dit "d'Astana", lancé par la Russie et l'Iran - soutiens de Bachar el-Assad - et la Turquie, marraine des rebelles. Ces trois puissances ont aujourd'hui la haute main sur le dossier syrien.

Selon M. Hariri, "certaines parties (au processus) d'Astana qui soutiennent le régime continuent d'obstruer la formation du Comité" chargé de doter la Syrie d'une nouvelle Constitution. L'idée de ce Comité avait germé en janvier 2018 lors d'un sommet des trois pays garants du processus de paix d'Astana à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Mais le Comité n'a toujours pas été mis sur pied, en raison d'un désaccord avec le régime de Damas sur sa composition.


(Lire aussi : Les opposants au régime Assad en plein désarroi)


Retour des réfugiés "impossible"
"Le processus politique est paralysé", a regretté le chef de l'opposition en exil, plaidant pour une "complémentarité des efforts internationaux et non la concurrence" entre les puissances impliquées dans le conflit en vue d'une solution politique "sous les auspices des Nations unies à Genève".

"Sans solution politique", le retour des réfugiés ou la reconstruction en Syrie sont "impossibles", a martelé M. Hariri. "Les pays du monde libre ne verseront pas de l'argent à un régime criminel pour qu'il réhabilite les infrastructures qu'il a lui-même détruites", a-t-il poursuivi en faisant allusion aux pays occidentaux.

La mission du nouvel émissaire de l'ONU intervient dans un contexte militaire favorable au régime de Bachar el-Assad qui contrôle désormais les deux tiers de la Syrie après avoir enchaîné les conquêtes territoriales aux dépens des rebelles et jihadistes. Elle coïncide, en parallèle, avec le rétablissement par des pays arabes comme les Emirats arabes unis et Bahreïn de leurs liens diplomatiques avec le régime syrien.

Des combats ont toujours lieu dans le pays, notamment dans l'Est près de la frontière irakienne, où se sont retranchés les jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Les Etats-Unis qui mènent un coalition militaire antijihadistes ont annoncé qu'il allaient retirer leurs soldats de Syrie, sans donner de calendrier précis.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C,EST QU,ON PREPARE MALHEUREUSEMENT LE SECOND ROUND DU MATCH SYRIEN !

L’azuréen

8 ans de guerre , officiellement 360000 morts ( beaucoup plus en réalité), un pays ravagé....les syriens n’ont rien gagné les pauvres !

AIGLEPERçANT

C'est l'absence de RECONNAÎTRE LEUR DÉFAITE EN SYRIE FACE AU HÉROS BASHAR EL ASSAD, QUE LES COMPLOTEURS EURO AMERICANO ISRAÉLO BENSAOUD PROLONGENT LA GUERRE ET FONT SOUFFRIR LES CIVILS SYRIENS.

MAUVAIS JOUEURS MAUVAIS PERDANTS.

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