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Diaspora

Une marche argentine, de San Juan vers le Liban

Diaspora

Un grand nombre de fils et petits-fils d’émigrés libanais de cette belle ville argentine s’apprêtent à un retour aux sources, au pays de leurs ancêtres.

Naji FARAH | OLJ
08/01/2019

La grande communauté libano-argentine de San Juan, jolie ville de 500 000 habitants où il fait bon vivre, située au pied de la cordillère des Andes, à 150 kilomètres au nord de la ville de Mendoza connue pour ses vignobles, s’active depuis plusieurs mois en vue d’un grand voyage de découverte du Liban, prévu pour l’été prochain.

Les familles Nacif et Nakouzi de Mtein, Berbari et Feghali de Sahel Alma, Naffah, Matar et bien d’autres, se rendent pour la première fois au pays que leurs ancêtres avaient quitté il y a plus de cent ans. À l’origine de cette initiative, l’invitation de l’association RJLiban en 2013, adressée à quatorze jeunes Libano-Argentins pour un séjour de trois semaines : parmi eux, Josefina Nacif, représentant la province de San Juan, qui est, depuis, retournée au Liban en 2015 et en 2018.

Aujourd’hui mariée à Nicolas Berbari et mère d’une fille de trois ans, Salma, Josefina a ouvert, il y a un an, le seul restaurant libanais de San Juan, intitulé « al-Tayeb », où elle sert un menu fixe qu’elle prépare elle-même avec des goûts qui sont restés pratiquement intacts : hommos, tabboulé, feuilles de vignes à la viande, sfiha à la viande; kebbé au four (et parfois cru) ; sans oublier les maakarouns et katayefs également faits main. Elle y présente un spectacle de danse orientale avec ses jeunes élèves – dont Gimena, Guadalupe et Angelina – qui l’aident également pour le service. Elle accueille régulièrement des groupes de danse et de musique libanaises comme la troupe de dabké al-Arz qui vient de la ville de Rosario. Vu le succès de son entreprise, elle cherche à agrandir son restaurant, de 50 à 100 places, projet pour lequel elle cherche un partenaire libanais.

À l’âge de 15 ans, Josefina avait ouvert sa propre école de danse pour des fillettes de 4 ans, qui, pour la plupart, n’ont pas d’origines libanaises, mais sont de sang mêlé indien et espagnol, et parfois français et italien. À 13 000 kilomètres du Liban, la tradition de ce pays se perpétue et les petites filles sont initiées non seulement à la danse et à la musique mais aussi à la culture libanaise dans son ensemble, avec les dernières chansons et les vidéos de promotion du Liban. Un travail sérieux et étonnant qui fait de Josefina une véritable ambassadrice du Liban, dans une région où ce pays n’a aucune représentation étatique.


(Lire aussi : Quand le jurn de nos villages partait en Amérique avec les émigrés)


Une nouvelle Miss Liban-Argentine

Luciana Berbari, cousine de Nicolas, n’en croit pas ses yeux : dans moins de six mois elle va découvrir le pays que son grand-père Emile avait quitté dans des conditions très difficiles. Il était arrivé dans les années 1920 en Argentine avec ses parents et ses trois petits frères. Quelques mois plus tard, deux d’entre eux mouraient de pneumonie. Mais une sœur lui est née par la suite, Samira.

Luciana Berbari, âgée de 20 ans, a gagné le titre de Miss Liban-Argentine, lors d’une compétition organisée en 2018 dans sa propre ville de San Juan. Elle devait représenter l’Argentine au concours de Miss Liban Émigrés 2018, qui a été reporté à l’été 2019. « C’est un véritable rêve qui va enfin se réaliser, dit-elle. J’aimerais tellement rencontrer mes cousins au Liban mais aussi des jeunes qui, comme moi, sont nés dans d’autres continents. »

Quant à Samira, âgée de 82 ans, veuve sans enfants et pétillante avocate de grande notoriété à la retraite, elle hésite, pour des raisons de santé, à participer au voyage de l’été prochain au Liban, malgré l’insistance de Luciana qui lui demande de lui apporter son soutien au concours de beauté. Samira ne peut s’empêcher de faire la constatation suivante : « Parce qu’ils aiment tellement le Liban, ce serait beau que nos jeunes aient le passeport libanais. »




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