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Diaspora

Les fils d’émigrés ne ratent pas leur rendez-vous annuel avec le Liban

Diaspora

Certains visiteurs, renouant avec leur terre natale, racontent leurs impressions à « L'Orient-Le Jour ».

Naji FARAH | OLJ
01/08/2016

Les visiteurs de l'été, Libanais résidant à l'étranger, fils de l'émigration libanaise ou amis du Liban, sont au
rendez-vous cette année en dépit d'une conjoncture régionale défavorable. Une conjoncture qui a relativement épargné le pays du Cèdre, ployant toutefois sous l'afflux des réfugiés syriens. Divers groupes de touristes, dont un grand nombre d'Irakiens renouant avec le Liban, se succèdent ainsi pour découvrir les grands sites archéologiques et assister à des mariages ou aux festivals qui fleurissent dans les villes et villages.
Parmi les personnes ayant participé au voyage traditionnel de l'association RJLiban, du 8 au 22 juillet, figurent quatre Argentines, qui ont tenu à suivre une vingtaine d'heures de cours de libanais dialectal à Beyrouth, à Hammana ou encore à Tyr. L'une d'entre elles, Ailen Perez Olivi, venue de Rosario, comme sa sœur Nair l'année dernière, a pu rencontrer ses cousins de la famille Khoury dans la localité de Kahalé. Sol Muñoz, quant à elle, était accompagnée de sa mère María: elle n'est pas d'origine libanaise, mais sa belle-sœur libano-argentine appartient à la famille Kassis. Leur amie Ana Renée Santori, résidant elle aussi dans la ville de San Juan, a suivi avec un grand intérêt les explications historiques au fil des étapes de ses visites. Elle nous confie: «J'ai des origines italiennes et pour moi, connaître la Méditerranée a toujours été un rêve. Je viens ainsi de le réaliser en visitant le Liban, avec sa mer et ses belles montagnes où je me suis sentie dans le pays de mes ancêtres.»

Miguel Élias
Le principal motif de la visite de Miguel Élias, accompagné de son épouse Alicia et de leurs enfants Andrés et Charbel ainsi que de cousins venus du Mexique, était un mariage de famille traditionnel, qui a été suivi de journées de découverte du Liban. Le professeur Miguel se rendra de nouveau au pays fin septembre, en compagnie d'étudiants de sa classe en sciences économiques et politiques de la célèbre Université mexicaine Tecnológico de Monterrey. Ils souhaitent connaître les multiples facettes sociales et historiques du Liban, et pour cela l'association RJLiban leur a organisé un voyage d'une semaine englobant des rencontres avec des professeurs et des hommes politiques et de religion.
Miguel Élias est un militant de longue date pour le Liban. « Ma famille est originaire de Kobbé, dit-il. Mes grands-parents avaient émigré au Mexique. Pour ma part, je viens de récupérer le passeport libanais. Je me suis rendu pour la première fois au Liban durant l'été 2001, alors que j'avais 25 ans, avec un groupe de 36 étudiants de l'Université Tecnológico de Monterrey. Celle-ci organise tous les ans près de 500 projets dans le cadre de la Semaine de l'innovation pour ses 23000 étudiants, répartis sur 33 campus du Mexique. Ce voyage a été un succès. Malheureusement, très peu de temps après survinrent les attentats du 11-Septembre, et depuis, l'université a complètement cessé ses déplacements au Moyen-Orient.»
Il ajoute: «J'accorde beaucoup d'importance au voyage de cette année, malgré la faible participation, qui s'est limitée à 12 étudiants, en raison des nouvelles alarmantes provenant continuellement de la région. D'ailleurs, c'est ce qui rend les participants, dont une jeune d'origine libanaise, un peu nerveux. En même temps, ils sont très émus de pouvoir visiter la terre libanaise, une terre de tolérance et de coexistence. Si nous réussissons ce voyage, la porte sera ouverte à bien d'autres échanges avec le Liban.»
Lors de son premier voyage en 2001, Miguel avait rencontré celle qui allait devenir son épouse, Alicia Harb, originaire de la région de Tannourine. Puis il était revenu demander sa main l'année suivante, avant d'inviter toute la famille en 2003 au Mexique pour leur mariage. Une preuve de plus que l'espoir est toujours là, et que les fils d'émigrés libanais, qui se comptent par millions dans le monde, ne lâcheront jamais leur terre d'origine.

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