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À La Une - Yémen

Un cessez-le feu effectif attendu mardi à Hodeida

Un responsable assure que la coalition ferait "tout son possible pour respecter la trêve à moins que les houthis la violent" et s'est montré sceptique sur la capacité de ces derniers à la respecter.

Des combattants pro-gouvernementaux yéménites (au 2è p.) à Hodeida, au Yémen, le 15 décembre 2018/ Photo AFP

Un cessez-le-feu dans la province yéménite de Hodeida sera appliqué à compter de mardi minuit (lundi 21h00 GMT), selon les Nations unies qui ont évoqué des "raisons opérationnelles" alors que cette trêve devait initialement entrer en vigueur la semaine passée.

Jeudi dernier, des délégations du gouvernement et des rebelles houthis ont conclu un accord en Suède prévoyant une cessation immédiate des hostilités. De violents combats et des raids aériens se sont toutefois poursuivis ce week-end dans la région de Hodeida (ouest), principal front du conflit yéménite ces derniers mois. Selon des habitants de Hodeida joints par téléphone, des combats sporadiques ont encore lieu lundi à l'est et au sud de la ville portuaire par où transitent l'essentiel de l'aide et des importations alimentaires du pays. La fin des combats interviendra d'ici quelques heures, a toutefois assuré à l'AFP un responsable de l'ONU.



"Raisons opérationnelles"
"Oui c'est vrai", a-t-il dit, sous le couvert de l'anonymat, à propos d'informations selon lesquelles la trêve devait finalement être appliquée à compter de mardi 00h00 locales. Ce même responsable a justifié ce timing par des "raisons opérationnelles", sans autre précision.

Un responsable de la coalition menée par l'Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen en soutien au gouvernement a confirmé que la trêve serait appliquée à partir de mardi. "Le mécanisme pour appliquer l'accord n'est pas encore clair et nous sommes dans l'attente d'une annonce de l'ONU à ce propos", a-t-il toutefois déclaré à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Selon les termes de l'accord annoncé jeudi dernier par l'ONU, le cessez-le-feu devait initialement entrer "immédiatement" en vigueur à Hodeida. Un retrait des rebelles des ports de Hodeida, Al-Salif et Ras Issa est aussi programmé pour le 31 décembre et celui des forces progouvernementales et des rebelles de la ville de Hodeida est prévu pour le 7 janvier, a indiqué le responsable de la coalition. Il a assuré que la coalition ferait "tout son possible pour respecter la trêve à moins que les houthis la violent" et s'est montré sceptique sur la capacité de ces derniers à la respecter, estimant qu'ils n'avaient "historiquement jamais respecté les éthiques de guerre".

Face à la poursuite d'affrontements, dans lequel au moins 29 combattants sont morts selon des sources progouvernementales, l'émissaire de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, a exhorté les belligérants à respecter l'accord de trêve.

Dans un tweet, l'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) s'est inquiétée de "la poursuite des combats à Hodeida", ajoutant que ses équipes soignaient de nombreux civils blessés.



Résolutions hostiles
Une grande prudence reste de mise quant à la viabilité du cessez-le-feu : depuis le début du conflit en 2014 -date à laquelle les rebelles houthis venus du nord ont notamment pris la capitale Sanaa-, sept trêves négociées par l'ONU n'ont pas tenu. La dernière en date, quasi inespérée, a été négociée au milieu de pressions internationales sur les parties pour qu'elles mettent fin à un conflit qui a provoqué, selon l'ONU, la pire crise humanitaire au monde.

La guerre au Yémen a fait au moins 10.000 morts et des millions de personnes sont menacées de famine. L'Arabie saoudite conduit depuis 2015 une coalition armée qui intervient au côté des forces gouvernementales yéménites. Les rebelles sont eux soutenus par l'Iran, qui réfute toutefois toute implication militaire.

Riyad est particulièrement sous pression internationale depuis l'affaire du journaliste saoudien Jamal Khashoggi -tué début octobre dans le consulat de son pays à Istanbul-, qui a considérablement nui à son image. Dans la nuit de dimanche à lundi, l'Arabie saoudite a réagi avec colère au vote de résolutions hostiles au Sénat américain, l'une sur le conflit au Yémen, l'autre sur l'assassinat de Khashoggi. Ces positions se fondent "sur des affirmations et allégations sans preuve", et contient "des ingérences flagrantes dans les affaires internes du royaume", a clamé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. La première résolution appelle le président Donald Trump, qui continue à soutenir son allié saoudien, à "retirer les forces armées américaines des hostilités au Yémen ou affectant le Yémen, sauf les forces américaines engagées dans des opérations visant el-Qaëda ou des forces associées". Dans la seconde, le Sénat "estime que le prince héritier Mohammed Ben Salmane est responsable du meurtre" du journaliste à Istanbul. Les autorités saoudiennes affirment pour leur part que le meurtre a été commis sans l'accord de hauts responsables.



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