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Politique - Liban

Désarmement du Hezbollah : Geagea fustige « l'attentisme » des autorités

Le chef des FL affirme avoir soutenu l'amnistie générale en raison notamment des « injustices » subies selon lui par les détenus islamistes, dont le cheikh Ahmad el-Assir.

Désarmement du Hezbollah : Geagea fustige « l'attentisme » des autorités

Le chef des FL, Samir Geagea. Photo X / @DRSamirGeagea

Le chef des Forces libanaises Samir Geagea a regretté vendredi « l'attentisme » des autorités libanaises concernant le désarmement du Hezbollah, les appelant à « s'inspirer » de l'Irak où le Premier ministre irakien actuel n'a selon lui « pas peur de la confrontation ».

Dans un entretien à l'agence al-Markaziya, M. Geagea a estimé que le « cœur du problème » des négociations entre le Liban est Israël « n'est pas nouveau et remonte au cessez-le-feu de novembre 2024, lorsque le gouvernement dirigé alors par le Hezbollah avait accepté le démantèlement des armes du parti en échange du retrait israélien. Mais cela ne s'est pas produit. » L'armée libanaise, rappelle-t-on, avait affirmé avoir démantelé la majorité des infrastructures militaires du parti chiite au sud du Litani, mais ce dernier a rapidement pu se rétablir dans la zone, d'où il a lancé des attaques contre Israël, après la reprise du conflit, le 2 mars 2026.

L'exemple du Premier ministre irakien Zaïdi

« Ce n'est pas l'armée qui porte la responsabilité de cette situation, mais plutôt l'autorité politique attentiste qui tente de gagner du temps pour trouver une solution », a critiqué le chef des FL. Il a dans ce cadre appelé les responsables à « s'inspirer du Premier ministre irakien Ali Zaïdi, qui a fixé un délai pour le monopole d’État sur les armes et ne craint pas la confrontation. » M. Zaïdi avait lancé le 29 juin aux milices irakiennes pro-iraniennes un ultimatum, les appelant à rendre les armes avant fin septembre.

Après l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024, et au début du mandat du président Joseph Aoun, Samir Geagea avait plusieurs fois reproché au nouveau chef de l’État sa volonté de négocier avec le Hezbollah et son refus d'une confrontation. Une position qu'il avait toutefois adoucie dans les mois qui avaient suivi, mais qu'il semble adopter de nouveau en usant d'un ton plus ferme envers les autorités, sur fond de négociations qui piétinent entre Beyrouth et Tel-Aviv.

Geagea défend Assir et accuse le Hezbollah

Concernant la loi d'amnistie générale, adoptée mercredi par le Parlement après des mois de débats à tournure politique et confessionnelle, M. Geagea a ironisé sur « l'alignement du Courant patriotique libre sur le Hezbollah », dont les députés se sont tous retirés de l'hémicycle pour protester contre l'amnistie de détenus islamistes qui s'en sont pris à l'armée libanaise. Cet alignement a conduit le chef des FL à rappeler l'adage : « on n'aime que son premier amour », en allusion à l'alliance de ces deux partis entre 2006 et 2024.

Abordant la question de l'amnistie, Samir Geagea a affirmé que les FL ont soutenu le texte en raison des « injustices subies par les islamistes », notamment en raison de l'influence du Hezbollah sur la scène politique. « Beaucoup ont été emprisonnés injustement au moyen de dossiers montés de toutes pièces, parfois seulement parce qu'ils soutenaient la révolution syrienne. Ensuite, l'injustice subie en particulier par Ahmad el-Assir (un cheikh salafiste polémiste, accusé d'avoir participé aux combats contre l'armée à Abra en 2013, ndlr), qui dérangeait le Hezbollah », a-t-il précisé. Le chef chrétien a aussi accusé le parti pro-iranien d'avoir « envoyé à plusieurs reprises les Brigades de la Résistance (groupuscule sunnite affilié au Hezbollah, ndlr) pour provoquer des accrochages avec les hommes de Assir » et que, sans que cela ne mène à des résultats « il a inventé une histoire pour envoyer l'armée à Abra. »

L'absence de Raggi à Washington

Samir Geagea est par ailleurs revenu sur le bras de fer entre le ministre de la Défense Michel Menassa et le Premier ministre Nawaf Salam, ce dernier ayant refusé au nom de la cohésion gouvernementale que M. Menassa prononce un discours pour défendre l'armée et critiquer la libération des islamistes, ainsi que la position de l'armée sur l'amnistie. « L'État traite l'armée comme une voiture neuve garée sur le bord de la route, empêchée de rouler, mais dont on prélève une pièce détachée chaque fois qu'on en a besoin », a-t-il soutenu. « Pour éviter une discorde sunnito-chiite dans l'affaire de l'amnistie, ils ont mis les martyrs de l'armée en première ligne en les utilisant comme façade pour des intérêts politiques, ce qui constitue la plus grande trahison à leur égard ». Et d'ajouter: « S'il y a quelqu'un qui doit rendre des comptes, c'est celui qui a provoqué leur martyre en les envoyant attaquer Abra, à l'époque », dans une nouvelle allusion au Hezbollah.

Interrogé enfin sur la mise à l'écart du ministre des Affaires étrangères Joe Raggi (proche des FL) au cours notamment la visite présidentielle à Washington, M. Geagea a affirmé avoir été « étonné de cette absence, à l'heure où l'on nous dit que nous sommes dans un État d'institutions ». « Toutefois, parce que nous menons une confrontation politique majeure — nous-mêmes, ainsi que le président de la République et le chef du gouvernement —, il nous faut parfois fermer les yeux sur quelques petites erreurs, au regard d'un enjeu plus vaste ; et le ministre Raggi lui-même en est conscient », a-t-il conclu.

Le chef des Forces libanaises Samir Geagea a regretté vendredi « l'attentisme » des autorités libanaises concernant le désarmement du Hezbollah, les appelant à « s'inspirer » de l'Irak où le Premier ministre irakien actuel n'a selon lui « pas peur de la confrontation ». Dans un entretien à l'agence al-Markaziya, M. Geagea a estimé que le « cœur du problème » des négociations entre le Liban est Israël « n'est pas nouveau et remonte au cessez-le-feu de novembre 2024, lorsque le gouvernement dirigé alors par le Hezbollah avait accepté le démantèlement des armes du parti en échange du retrait israélien. Mais cela ne s'est pas produit. » L'armée libanaise, rappelle-t-on, avait affirmé avoir démantelé la majorité des infrastructures militaires du parti chiite au sud du Litani,...
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