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La résilience inattendue des houthis au Yémen

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Contre toute attente, les rebelles yéménites tiennent tête depuis près de quatre ans à une puissante coalition militaire menée par l'Arabie saoudite en s'appuyant sur des alliances tribales, un arsenal militaire pris à l'armée et leur propre expérience guerrière.

OLJ/AFP
02/12/2018

Contre toute attente, les rebelles houthis au Yémen tiennent tête depuis près de quatre ans à une puissante coalition militaire menée par l'Arabie saoudite en s'appuyant sur des alliances tribales, un arsenal militaire pris à l'armée et leur propre expérience guerrière. Ces rebelles sont soutenus par l'Iran, le grand rival chiite de l'Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient.

En juillet 2014, ils lancent à partir de leur fief dans le Nord une offensive qui leur permet de s'emparer de vastes territoires et de prendre en janvier 2015 le contrôle total de la capitale Sanaa. La coalition militaire intervient en mars 2015 pour aider le pouvoir à stopper leur progression.


Qui sont les houthis ?

Les rebelles sont appelés houthis en référence à leur chef historique Badr Eddine al-Houthi et son fils Hussein, tué par les forces yéménites en 2004. Ils recrutent parmi les adeptes du zaïdisme, une version du chiisme proche du sunnisme. Ces rebelles forment un mouvement appelé "Ansarullah", qui a succédé au Mouvement des jeunes de la foi (Harakat Chabab al-Moumen) né en 1992 pour protester contre la discrimination exercée, selon lui, contre les zaïdites qui représentent 30% de la population yéménite.

Les houthis ont noué de solides relations avec des tribus sunnites hostiles à la confédération tribale des Hached, puissante dans le Nord et qui a fourni au pays ses principaux dirigeants politiques jusqu'aux années 2010. Ils ont pu améliorer leur image en participant activement à la contestation contre l'ex-président Ali Abdallah Saleh, dans le sillage du Printemps arabe en 2011.

"La plupart des houthis viennent du Nord où ils ont une bonne connaissance du terrain mais ce qui les aide (aussi) est leur collaboration avec les tribus locales", souligne Aleksandar Mitreski, un analyste en sécurité et défense. "C'est une société fragmentée sur le plan tribal, et les rebelles en tirent parti. Le soutien tribal joue un rôle important dans ce conflit", ajoute-t-il.


D'où viennent leurs armes ?

Les tribus yéménites sont traditionnellement bien armées. Les rebelles ont pu compter en plus sur l'énorme arsenal pris à l'armée, y compris des chars et des missiles balistiques dont des dizaines ont été tirés sur l'Arabie saoudite.

"90% de l'armement des houthis provient des stocks de l'armée qu'ils ont pris après leur entrée à Sanaa en septembre 2014", a affirmé le général Abdou Majli, un porte-parole des forces proches du gouvernement reconnu par la communauté internationale. Le pillage de ces stocks a eu lieu avec "la complicité de chefs militaires fidèles à Saleh, qui ont remis des camps entiers aux houthis", a-t-il dit à l'AFP. L'aviation de la coalition a détruit depuis 2015 de nombreux dépôts d'armes mais les rebelles ont pu en "retirer d'importantes quantités d'armes et les cacher dans des caves et des caches à Saada (leur fief du nord) et à Omrane", au nord de Sanaa, a-t-il ajouté. Les rebelles fabriquent en outre, selon lui, des missiles et des drones. Ils ont en outre planté d'énormes quantités de mines autour des zones sous leur contrôle depuis le début de leur offensive. Parmi elles, le périmètre de la ville portuaire de Hodeida (ouest), essentielle pour l'acheminement de l'aide alimentaire.


(Lire aussi : Le Yémen en guerre au bord d'une "catastrophe majeure", prévient l'ONU)


Qui sont leurs soutiens ?

L'Arabie saoudite et son allié américain accusent l'Iran de fournir un soutien militaire aux houthis, dont des composants pour missiles. L'Iran admet soutenir les houthis mais dément leur fournir des armes. L'Iran dénonce régulièrement l'intervention de la coalition à l'initiative du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane.

D'après la coalition, des conseillers militaires du Hezbollah ont été tués au Yémen, ce qui accrédite selon elle la thèse de l'implication du mouvement chiite dans le conflit, ce que ce mouvement a démenti.

Un ex-général de l'aviation de guerre yéménite, Jamal Mamari, a affirmé que des experts et des armes iraniens avaient été acheminés par avion au Yémen début 2015.


D'où vient l'expérience guerrière ?

Les houthis ont combattu l'armée yéménite à six reprises entre 2004 et 2010. Ils sont entrés en conflit avec l'Arabie saoudite en 2009/2010, effectuant une incursion en territoire saoudien. La coalition n'a pas réussi à remporter une victoire claire contre les houthis malgré la maîtrise du ciel et d'une formidable puissance de feu. L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, un autre pilier de la coalition, ont perdu des dizaines de soldats dans la guerre.

La coalition a "sous-estimé la résilience des houthis", selon un récent rapport du centre de réflexion l'International Crisis Group. "Il y a un consensus parmi les responsables de la coalition, les responsables occidentaux et les analystes pour dire que les houthis sont ingénieux, engagés, expérimentés et impitoyables, et que les combattants de base sont susceptibles de se battre jusqu'au dernier homme s'ils sont appelés à le faire", écrit le centre d'analyse.



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La solide volonté de résister est un bien inatteignable par les bombes.

Sarkis Serge Tateossian

Cela dit, la paix d'abord.

Sarkis Serge Tateossian

Dans toutes les guerres. Ceux qui connaissent mieux le terrain, ceux qui combattent avec conviction pour préserver leurs terres et dignité, ils ont un avantage considerable sur leur adversaire venu pour excursion.

Des exemples il y en a beaucoup.

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