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Liban

Les disparus de la guerre au cœur de la célébration du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme

Union européenne

« Snap for Human Rights », un concours et une exposition de photos pour un sujet toujours d’actualité.


Hugo Tortel | OLJ
13/12/2018

À l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Délégation de l’Union européenne au Liban a lancé un concours qui a été couronné, samedi dernier, par une exposition de photos et la remise d’un prix au lauréat, Wissam Khoury.

L’exposition a été organisée à Antwork, dans le quartier de Hamra, en présence de l’ambassadrice de l’UE, Christina Lassen, qui a souligné dans son discours l’importance de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 à Paris. « 70 ans après la signature de ce document, nous devons encore nous rassembler aujourd’hui pour faire en sorte qu’il soit appliqué partout », a-t-elle notamment déclaré.

Face à un parterre d’officiels et d’amateurs de photographie, la première représentante de l’UE a poursuivi en affirmant que « les droits de l’homme continuent à être contestés ». « Certains diraient même que les droits de l’homme sont contestés aujourd’hui plus que quelques années auparavant, tant dans cette région que dans le reste du monde », a-t-elle ajouté.


(Lire aussi : La liberté d’expression à travers les défis du journalisme et de l’expression artistique)


Un jury pour douze finalistes
Pour cette première édition du concours, intitulé « Snap for Human Rights » (un cliché pour les droits de l’homme) et lancé sur les réseaux sociaux, les organisateurs de l’événement avaient choisi quatre thèmes majeurs afin d’illustrer la célébration des droits humains. Les participants au concours photo devaient donc présenter des clichés en lien avec la liberté d’expression, les droits des réfugiés, l’égalité des sexes et la lutte contre la torture.

Le jury était composé de Patrick Baz, responsable de l’AFP photo au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et directeur exécutif du Centre de la photographie de Beyrouth, Haytham Chamas, documentariste et fondateur du Karama Human Rights Film Festival, Zeina Daccache, actrice, directrice et fondatrice du centre Catharsis libanais de thérapie dramatique, Zoya Rouhana, cofondatrice et directrice de Kafa, ainsi que d’un photographe belge, Alexandre Christiaens.

Pour Zoya Rouhana, le choix des lauréats s’est porté avant tout sur les photos « les plus expressives ». Au total, plus de 170 photographes, amateurs ou professionnels, ont participé à la compétition. Douze photographies dont trois par catégorie ont ainsi été choisies par les membres du jury pour faire partie des finalistes. Le prix de la meilleure photo a été remporté par Wissam Khoury, qui par son cliché a rendu hommage à un des disparus de la guerre civile. Il s’agit d’Ahmad Hassan Bachacha, introuvable depuis un « trajet retour du Liban-Sud vers Beyrouth » en 1996, aux environs d’un barrage de miliciens. Sur la photo, sa sœur tient son portrait dans différentes manifestations afin de parvenir à le retrouver. Wissam Khoury a effectué de nombreuses photos sur les disparus de la guerre civile et sur les fosses communes. Il travaille depuis six années sur ce projet et a participé à de nombreuses expositions pour présenter ses clichés.

Rappelons qu’au début du mois de novembre, le Parlement avait voté une loi permettant de déterminer le sort de dizaines de milliers de personnes portées disparues depuis la guerre civile et de réclamer des comptes aux responsables. Pour Wissam Khoury, cette loi constitue « une première étape ». Mais, selon lui, « il faut révéler toute la vérité, car beaucoup de Libanais savent où se trouvent les disparus et les familles ont besoin de connaître ce qu’il s’est passé ». Le photographe espère que son cliché et ses travaux en général serviront à faire avancer les choses dans ce sens.


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