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Grave escalade dans le conflit entre Wahhab et Hariri

Liban

Les forces de l'ordre se déploient dans le fief de l'ancien ministre druze à Jahiliyé et déclenchent la colère de ses partisans.

OLJ
01/12/2018

La tension est montée d'un cran samedi dans le Chouf lorsque des soldats de l'armée libanaise et des membres du service des renseignement des Forces de sécurité intérieure se sont déployés à Jahiliyé, où se trouve le domicile de l'ancien ministre Wi'am Wahhab, qui est à couteaux tirés avec le leader druze Walid Joumblatt et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à l'encontre duquel il a proféré des insultes. 

Les FSI se sont rendues à Jahiliyé, pour interpeller le chef du parti al-Tawhid et recueillir son témoignage suite à une procédure judiciaire engagée contre lui après ses attaques frontales contre M. Hariri, dans le contexte du bras de fer qui oppose ce dernier au Hezbollah autour de la formation du nouveau gouvernement. L'unité des FSI n'a toutefois pas trouvé M. Wahhab à son domicile et leur intervention a provoqué la colère des partisans de l'ancien ministre druze.

Un groupe d’avocats avait demandé jeudi au procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, d’engager des poursuites contre M. Wahhab pour "incitation à la division et atteinte à la paix civile". Le juge Hammoud a donné gain de cause aux avocats et a demandé vendredi au service de renseignements des FSI "d’enquêter et de prendre les mesures nécessaires" dans le cadre de cette affaire. 

M. Wahhab a vite réagi indiquant à la LBCI que "celui qui souhaite informer l'autre d'une plainte à son encontre n'envoie pas des centaines de véhicules (militaires)".

L'Agence nationale d'information a indiqué que "quinze véhicules du service des renseignements des FSI se sont dirigés vers le domicile du chef du parti (M. Wahhab) et de nombreux partisans de l'ancien ministre se sont opposés aux forces de l'ordre". "Des patrouilles de l'armée ont circulé dans la région sans bloquer les routes", a ajouté l'Ani.

 "Je n'ai pas insulté Rafic Hariri, je m'exprimais de manière générale et ce qui s'est passé aujourd'hui signifie une guerre civile, a affirmé l'ancien ministre à la chaîne. Qui tiendra la responsabilité du sang des citoyens?"

"Le Hezbollah a informé M. Hariri ce soir de la position adéquate", a ajouté M. Wahhab, assurant avoir "interdit toute apparition armée dans le village". "Ce qui s'est passé ce soir est terminé et se présenter devant la justice est un honneur pour tout Libanais, a-t-il ajouté. Nous appelons M. Hariri à éviter que du sang soit versé". Une source proche du Premier ministre désigné a toutefois indiqué que les informations rapportées par Wi'am Wahhab selon lesquelles le Hezbollah aurait mis en garde M. Hariri contre une potentielle guerre civile en raison des incidents à Jahiliyé sont "fausses et infondées et sont une tentative d'empêcher la justice de faire son travail".


"Menace à la paix civile"
Selon M. Wahhab, des heurts ont eu lieu entre ses partisans et des membres du service des renseignements des FSI, faisant des blessés. Tard en soirée, il a annoncé que son garde du corps Mohammad Abou Dhiab est décédé des suites de ses blessures. Son enterrement aura lieu dans l'après-midi à Jahiliyé à 14 heures.

Il avait auparavant fait assumer la responsabilité "du sang versé au Premier ministre désigné, au procureur général et au directeur des FSI". Il a affirmé en outre avoir fait l'objet d'une tentative d'assassinat. Et d'ajouter : "L'affaire est entre les mains de sayyed Hassan Nasrallah (le chef du Hezbollah) et c'est uniquement avec lui que je discute".  M. Wahhab a, d'autre part, lancé une virulente attaque contre Walid Joumblatt.

Ces dernières vingt-quatre heures la Montagne druze a échappé à ce qui aurait pu se transformer en affrontements graves entre les partisans de Wi’am Wahhab et ceux de Walid Joumblatt. Les milieux joumblattistes évoquent une "tentative de déstabilisation" visant la communauté druze en pointant du doigt la responsabilité du Hezbollah, dont M. Wahhab est l’allié. À bord d’un convoi de 25 voitures, les partisans de M. Wahhab, munis d’armes, avaient paradé dans la nuit de jeudi sur les routes à travers les villages de Baakline, Békaata et Moukhtara, fief de M. Joumblatt, en klaxonnant pour marquer leur territoire.

Alors que le calme était rétabli en début de soirée à Jahiliyé, le Premier ministre désigné recevait M. Joumblatt à la Maison du Centre. A l'issue de la rencontre, le leader a soutenu les forces de l'ordre libanaises. "Les forces de l'ordre, que ce soit l'armée ou les FSI, font leur devoir, a-t-il dit. Et la dignité des druzes et des citoyens est préservée". "Nous sommes avec l'Etat et avec toute mesure qui préserve la paix civile, a déclaré M. Joumblatt. Il faut que cette personne (Wi'am Wahhab) ou toute autre cesse de menacer la paix civile". Le ministre sortant de l'Intérieur, Nohad Machnouk a pour sa part indiqué qu'il "n'y a pas de "ligne rouge face à l'Etat" et rappelé que "les services de renseignements des FSI représentent tout le Liban".


"Il n'a jamais répondu"

En soirée, les FSI ont publié un communiqué clarifiant et détaillant les incidents de Jahiliyé.  "Le 29 novembre 2018, suite à une note du procureur général près la Cour de cassation demandant d'informer Wi'am Wahhab de se présenter devant les services de renseignements pour être entendu, les FSI ont contacté l'ancien ministre sur tous ses numéros personnels ainsi qu'à son bureau mais il n'a jamais répondu. Il a donc été informé via l'un de ses cadres (de son parti) de la famille Safadi qui s'est engagé à l'informer, indiquent les FSI. Le 30 novembre 2018, suite à une demande du parquet d'informer à nouveau l'ancien ministre, M. Safadi s'est engagé à le faire et lorsque ce dernier a été à nouveau contacté, il a indiqué avoir informé M. Wahhab du contenu de la note du parquet. Sauf qu'il ne s'est pas présenté (auprès des FSI)." 

"Le 1er décembre 2018, le parquet a demandé à ce que M. Wahhab soit entendu. Suite à cela une force des services de renseignements s'est rendue sur le lieu de son domicile à Jahiliyé. Une fois que les FSI sont arrivées dans le périmètre du domicile, il s'est avéré qu'il avait réussi à fuir du domicile, et qu'il avait éteint ses téléphones", affirment les FSI.

Suite à cela, les FSI ont quitté les lieux. "Des échanges de tirs en provenance des bâtiments aux alentours de la maison de Wahhab ont alors eu lieu. Les FSI oeuvrent à connaître l'identité des tireurs, ajoute le communiqué. Le Moukhtar du village se trouvait sur place avant l'arrivée des FSI jusqu'à leur départ et a indiqué que les FSI n'ont tiré aucune fois. Il a également indiqué que M. Wahhab l'a informé qu'une force des service de renseignements allait se presenter à son domicile et lui a demandé de les prévenir qu'il se rendra à l'interrogatoire lundi, avec son avocat". 

Selon les FSI, "lorsque la patrouille a quitté les lieux, les partisans de Wahhab ont tiré de manière aléatoire et blessé un des leurs, Mohammad Abou Diab".  

M. Wahhab est interdit de voyager, sous ordre du parquet. 


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La Parole

Bravo l'Etat. C'est une bonne occasion de se montrer fort face à ceux qui veulent jouer avec la paix civile.

J'espère que la grande milice ne va manquer l'occasion de laisse-tomber le coupable et de soutenir la légitimité de l'Etat.

ON DIT QUOI ?

J'ai le vague souvenir d un certain Ahmed assir qui insultait sans relâche la résistance et son chef.

La résistance libanaise du hezb n'avait jaimais mis la faute sur la famille Hariri malgré des apparences évidentes.

Cette résistance a réglé son problème toute seule. Le wazwaz croupi en taule.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ABRUTISSEMENT N,AYANT PAS REUSSI SON COUP DE PERCER UNE PLACE AU GOUVERNEMENT C,EST L,HEBETUDE AU SERVICE DES DIVINS QUI PREND LA RELEVE QUITTE A METTRE EN DANGER LA PAIX CIVILE DANS LE PAYS...

Irene Said

Cela n'a pas fonctionné avec les 6 valets vendus sunnites pro-syriens, alors on met en piste un irresponsable druze, lui aussi ouvertement pro-syrien, tout cela pour empêcher la formation du gouvernement...libanais!

Le plus beau est que tous ces fervents patriotes pro-syriens se réclament tous du "parti de DIEU résistant"...

Alors...va-t-on encore nous ressortir la fameuse théorie du complot de l'Occident-allié-des wahabites-et-d'Israël ?
Irène Saïd

Saliba Nouhad

Un cireur de chaussures de Bachar Assad et laquais de service chez HN dont personne n’avait entendu parler auparavant sauf pour ses prises de position antérieures que personne ne prenait au sérieux...
Le voilà maintenant, comme par hasard au devant de la scène, insultant le premier ministre, menaçant Joumblatt dans son fief, et parlant de guerre civile...
Et on veut nous faire croire que ce n’est pas orchestré par le Hezbollah et le régime syrien dans le but évident de déstabiliser et intimider Hariri pour le faire plier à leurs désirs....
Mais oui, individu très dangereux au service de ses maîtres et qu’il faut à tout prix neutraliser dans une réaction nationale de ras-le-bol et rejet de ces jeux dangereux et mesquins!

L’azuréen

Il a fanfaronné et tambouriné dans le vide. Maintenant Il s’en remet à Hassan Nasrallah et demande protection ...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ABERRATION SE DECHAINE...

ON DIT QUOI ?

Avec tout ce qui est écrit je ne vois pas où est la responsabilité du hezb libanais de la résistance.

Wlek Sanferlou

Al jahilia... seriously??

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