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Assaut meurtrier du régime contre les rebelles dans le nord de la province de Hama

Conflit

L'attaque, qui a eu lieu dans une zone appelée à être "démilitarisée" dans le cadre d'un accord russo-turc, a fait 23 morts et des dizaines de blessés dans les rangs du groupe Jaïch al-Izza.

OLJ/AFP
09/11/2018

Les forces du régime de Bachar el-Assad ont tué vendredi 23 rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, l'assaut le plus meurtrier dans une zone appelée à être "démilitarisée" dans le cadre d'un accord russo-turc.

Des combats ont éclaté lorsque les forces gouvernementales se sont emparées d'une position contrôlée par la faction rebelle Jaïch al-Izza dans le nord de la province de Hama, voisine de celle d'Idleb, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon l'ONG, qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, l'attaque a fait 23 morts et au moins 35 blessés dans les rangs des rebelles, selon un nouveau bilan. L'OSDH n'était pas en mesure de dire si les forces progouvernementales avaient également subi des pertes. Celles-ci se sont retirées de la zone tampon après avoir attaqué la position rebelle, d'après la même source, qui a précisé que les combats avaient duré une bonne partie de la nuit.

Il s'agit de l'assaut le plus meurtrier dans cette région du Nord-Ouest depuis l'annonce le 17 septembre d'un accord entre la Russie et la Turquie prévoyant une "zone démilitarisée" couvrant des secteurs de la province d'Idleb et d'autres régions voisines, d'après l'OSDH. La province d'Idleb est l'ultime grand bastion insurgé et jihadiste du pays, et à ce titre dans le viseur de Bachar el-Assad, déterminé à reconquérir l'ensemble du territoire.


(Lire aussi : Ziad Majed : « Contrairement à son père, Bachar el-Assad n’a aucune limite »)


L'accord conclu entre Moscou, allié du régime, et Ankara, soutien des rebelles, a permis de repousser une offensive de l'armée sur Idleb, qui risquerait selon l'ONU de provoquer une "catastrophe humanitaire". Large de 15 à 20 km, la "zone démilitarisée" prévue par l'accord doit servir de zone tampon entre les territoires insurgés d'Idleb et ceux tenus par le régime tout autour.

Les groupes rebelles ont annoncé avoir retiré leur artillerie lourde des secteurs qui doivent former la future zone tampon mais l'échéance du retrait des jihadistes de ces mêmes secteurs avant le 15 octobre n'a pas été respectée. Ankara et Moscou ont, depuis, accordé un délai supplémentaire aux jihadistes.

Principalement actif dans la région de Latamné, dans la province de Hama, Jaïch al-Izza est un groupe rebelle autrefois soutenu par les Etats-Unis et ne fait pas partie du Front national de libération, l'alliance rebelle la plus importante dans la province d'Idleb. Après avoir rejeté l'accord russo-turc, il s'y est finalement plié et a retiré ses armes lourdes de la zone tampon envisagée.

Jusqu'à l'attaque de vendredi, seuls quelques accrochages sporadiques ont eu lieu entre forces du régime et insurgés dans cette zone. Dix-huit civils et trois combattants ont été tués en deux mois.

Des ONG ont fait état à multiples reprises de leur grande inquiétude en cas de lancement par le régime d'une offensive contre Idleb, craignant la pire catastrophe humanitaire du conflit syrien, débuté en 2011. Aujourd'hui, quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés, vivent dans la province d'Idleb et les poches insurgées des régions voisines de Hama, Alep ou encore Lattaquié, selon l'ONU.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie, la guerre en Syrie, qui a fait plus de 360.000 morts, est devenue au fil des ans très complexe avec l'implication de groupes jihadistes, de forces régionales et de puissances internationales, sur un territoire très morcelé. Le conflit a également poussé sur les routes de l'exil des millions de civils.




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