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Midterms : qui sont les six élus d'origine libanaise

Etats-Unis

Parmi les nouveaux venus à la Chambre des représentants à l'issue des élections de mi-mandat du 6 novembre, six d'entre eux, issus des rangs démocrates et républicains, ont des origines libanaises. Leur élection a été saluée mardi par le ministère des Affaires étrangères et des Émigrés.


OLJ
08/11/2018

Ralph Abraham (républicain, Louisiane)

Photo Congrès US

Né le 16 septembre 1954 à Monroe, en Louisiane, cet élu républicain à la Chambre des représentants depuis 2015 a remporté l’élection dans le 5ème district de Louisiane avec plus de 66 % des votes, notamment face au démocrate Jessee Fleenor.

Après des études de médecine et de vétérinaire, ce pilote vétéran de l'armée de l'air et propriétaire de terres agricoles a axé son action humanitaire et politique dans ces domaines. Selon son site, il a effectué des missions médicales en Haïti, après le tremblement de terre de 2010, et s'est également rendu, en mission humanitaire, en Afghanistan, au Pérou et aux Bahamas. Ce membre de la NRA, le principal lobby pro-armes aux États-Unis, siège dans les commissions parlementaires des Forces armées, de l'Agriculture ainsi que celle des Sciences, espace et technologie.

Dans le Washington Post, en date du 1er février 2017, portant sur la position des élus américains d'origine arabe au sujet de la décision de Donald Trump de suspendre l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays arabo-musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), Ralph Abraham avait déclaré : "Je suis derrière Trump à 100 %. (...) Mon père est libanais - ses parents sont venus du Liban aux États-Unis.  Il est, bien sûr, né aux États-Unis. Ma mère est américaine, ou non-libanaise. Donc nous avons des immigrants dans la famille et j'en suis très fier. Mais j'aborde la question de l'immigration en tant qu'Américain".


Charlie Crist (démocrate, Floride)

Photo Congrès US

Né le 24 juillet 1956 en Pennsylvanie, cet ex-républicain a été réélu au siège de la 13ème district de Floride à la Chambre des représentants avec plus de 57 % des voix face au candidat républicain Georges Buck.

Le père de Charlie Crist, Charles Joseph Christodoulou, était un médecin ayant des origines chypriotes-grecques et libanaises. Il a ensuite changé son nom de famille en Crist. Élu républicain au congrès de Floride en 1992, Charlie Crist brigue, en 1998, le poste de sénateur de Floride mais il est largement battu par le candidat démocrate sortant Bob Graham. Procureur général de Floride à partir de 2003, il est élu gouverneur de l'Etat en 2007.

En 2010, il brigue l'investiture républicaine pour le poste de sénateur de Floride, mais les sondages donnent un net avantage au républicain Marco Rubio, soutenu par le Tea Party. M. Crist se retire de la course à l'investiture et décide de se représenter en candidat indépendant. Il est sèchement battu. Il rejoint alors le parti démocrate en 2012. Après avoir échoué à être élu gouverneur en 2014, il tente à nouveau sa chance en 2016 pour la Chambre des représentants. Une élection qu'il remporte.


Garret Graves (républicain, Louisiane)

Photo Congrès US

Né le 31 janvier 1972 à Bâton Rouge, en Louisiane, de mère libanaise (Cynthia Sleiman), cet élu républicain de cet État depuis 2014, a très largement emporté le siège du 6ème district avec près de 70 % des votes, notamment face à deux candidats démocrates.

Après avoir longtemps servi aux côtés de Billy Tauzin, sénateur de Louisiane de 1980 à 2005 qui a été tour à tour démocrate puis républicain, notamment au sein de la commission de l’Énergie et du Commerce au Congrès américain, puis du sénateur républicain David Vitter au sein de la commission du Commerce, des Sciences et des Transports au Sénat, Garret Graves a également travaillé auprès de l'ancien sénateur démocrate John Breaux. M. Graves a été le chef de cabinet pour le sous-comité du Sénat sur le changement climatique et son impact et a travaillé au sein de la commission de l'Environnement et des Travaux publics au Sénat. Élu à la Chambre des Représentants sous l'étiquette républicaine en 2014, il a présidé la sous-commission des ressources hydrauliques et de l'Environnement.

Au sujet de la décision de Donald Trump de suspendre l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays arabo-musulmans, M. Graves avait déclaré au Washington Post : "Je suis fier de mon héritage et j'apprécie les contributions de nos ancêtres, mais la grandeur à venir des États-Unis dépend de la sécurité des Américains aujourd'hui".


Darin McKay LaHood (républicain, Illinois)

Photo Congrès US

Né le 5 juillet 1968 à Peoria, dans l’Illinois, le représentant républicain de cet État à la Chambre des représentants depuis 2015, qui a pris la suite de son père Ray LaHood qui avait servi pendant sept mandats, a été réélu au siège du 18ème district de l'Illinois avec plus de 67 % des voix face au démocrate Junius Rodriguez, qu'il avait déjà battu en 2016.

Darin LaHood est considéré comme étant plus conservateur que son père. Après des études en droit, M. LaHood est devenu avocat puis procureur de deux comtés, puis procureur des Etats-Unis au Nevada. Nommé au Sénat de l'Illinois en 2011 pour remplacer le républicain Dale Risinger, démissionnaire, puis élu pour un mandat complet en absence d'opposition, il profite de la démission en 2015 de l'élu républicain à la Chambre des Représentants Aaron Schock pour remporter son siège.

Au sujet de la décision de Donald Trump de suspendre l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays arabo-musulmans, M. LaHood a déclaré que cette décision "devrait être considérée comme un moyen de protéger notre patrie et ses citoyens. (...) Les États-Unis continueront d'être une lueur d'espoir et une source d'opportunité pour ceux qui cherchent une meilleure vie via l'immigration, mais avant toute chose, la sécurité des Américains et de notre nation doit être la priorité numéro 1".


Donna Shalala (démocrate, Floride)

Photo Wikipédia

Issue de la troisième génération d’émigrés, cette Américaine d'origine libanaise âgée de 77 ans, qui est née et a grandi à Cleveland dans l'Ohio, a remporté les élections dans le 27ème district de Floride face à Maria Elvira Salazar (républicaine), et Mayra Joli (indépendante) avec 51,8 % des voix.

Ses parents, Edna Haddad et James Shalala, sont nés aux États-Unis après que leurs parents aient décidé de quitter le Liban. Les parents d’Edna, Marie et Youssef Haddad, sont originaires de Saghbine. Le père de James Shalala, Charles, est originaire de Zahlé et sa mère, Adèle Chidiac, est originaire de Baalbeck.

Donna Shalala affiche une longue carrière académique. Diplômée en histoire du Western College for Women, elle a un doctorat de l'Université de Syracuse. De 1980 à 2018, elle préside trois universités, dont l’Université de Miami de 2001 à 2015. Parallèlement, la nouvelle élue rejoint la fonction publique. A la demande du président Jimmy Carter, Mme Shalala devient adjointe au secrétaire à l’Habitat (de 1977 à 1980). L’une de ses principales réalisations a été de placer, en 1979, les tous premiers panneaux solaires sur le toit de la Maison-Blanche, peut-on lire sur le site de la candidate. 

Ensuite, c’est le président Bill Clinton qui la nomme au poste de secrétaire à la Santé. Elle devient la première Américaine d’origine libanaise à détenir un portefeuille ministériel. Elle occupera ce poste durant huit ans, le plus long mandat de l’histoire des Etats-Unis à la tête de ce ministère. Alors qu'elle arrive à la fin de son mandat, le Washington Post la décrit comme "l'une des plus brillantes dirigeantes de gouvernement des temps modernes".  En 2008, le président George W. Bush décerne à Mme Shalala la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute décoration civile des Etats-Unis.

Elle préside de juin 2015 à mars 2017, la Fondation Clinton. Et lorsqu'elle décide de se présenter aux élections de mi-mandat, elle obtient l’appui de Hillary Clinton qui affirmera que Mme Shalala a "la vision et la détermination pour faire une véritable différence dans la vie des gens". 

Parmi les priorités de Mme Shalala : le changement climatique, l'économie, la santé, le contrôle des armes, l'éducation, les droits des femmes et l'immigration, étant elle-même, comme elle le souligne, petite-fille d'émigrés. 

Mme Shalala a eu l’occasion de venir au Liban à plusieurs reprises. D’abord lorsqu’elle faisait partie du Peace Corps avec qui elle s’est aussi rendue en Iran en 1962 et 1964. En décembre 1998, alors qu’elle est secrétaire à la Santé, Donna Shalala se rend à Beyrouth en tant qu’émissaire personnelle du président Bill Clinton. Elle est alors la première représentante de l'administration Clinton à effectuer une visite au Liban après l’investiture du président Emile Lahoud. De passage à Zghorta, lors de cette visite, elle affirme : "En général, lorsque le président Clinton a un problème important, il demande à une femme de le résoudre. Mais lorsqu’il a un problème très important, il s’adresse à une Libanaise".

En 2012, sa visite au Liban ne se passe pas comme prévu. Alors qu'elle doit recevoir un doctorat honoris causa de l'Université américaine de Beyrouth, Mme Shalala se fait huer pas des étudiants brandissant une banderole sur laquelle est écrit "Boycottez la sioniste Shalala !". Les médias avaient, à l'époque, rapporté que Mme Shalala, qui s'est( rendu en Israël à plusieurs reprises, détient trois diplômes honoraires d'Israël, s'oppose au boycott d’Israël et a signé des accords entre l'Université de Miami et l'Université Ben Gourion en Israël.


Chris Sununu (républicain, New Hampshire)

Photo Wikipédia

Né le 5 novembre 1974 dans le New Hampshire, le gouverneur sortant du New Hampshire, d'origine libano-palestinienne, a été réélu avec plus de 52 % des votes face à la candidate démocrate, Molly Kelly. Élu une première fois en 2016, il était, à 42 ans, le plus jeune gouverneur du pays.

Son grand frère, John E. Sununu, a été représentant du 1er district du New Hampshire à la Chambre des Représentants de 1997 à 2003, puis sénateur de cet État de 2003 à 2009, battu cette année-là par Jeanne Shaheen, l'épouse d'un avocat et politicien américano-libanais Bill Shaheen.

Son père, John H. Sununu, a, lui aussi, été gouverneur du New Hampshire et chef de cabinet à la Maison Blanche sous George Bush père. Dans un article du New York Times datant de 1988, le fils de Victoria (née Dada) et John Saleh Sununu racontait ses origines. Les Sununu sont arrivés aux États-Unis au début du XXe siècle. Certains membres de sa famille étaient originaires de Beyrouth, d'autres issus de la communauté grecque-orthodoxe de Jérusalem.


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Sarkis Serge Tateossian

Petite contribution :

Pendant les siècles où l'empire ottoman régnait sur un nombre important de pays, vous croyez que :
Le grec, cessait d'être grec ?
L'arménien cessait d'être arménien ?
Le serbe cessait d'être serbe ? ... etc

Le Liban actuel et depuis des siècles a toujours été une entité particulière de par son indépendance et sa spécificité chrétienne. C'est ainsi que les arméniens ou autres chrétiens persécutés par les ignares colonisateurs ottomans venaient trouver refuge dans les montagnes du Mont-liban.

La maudite "ottomania" a disparu à jamais mais les peuples sont restés intacts.

L'empire ottoman a une spécificité, c’est qu'il est le seul colonisateur de l'histoire à ,'avoir rien apporté aux colonisé en contre partie il leur a tout pris...
Langue (arabe), l'art culinaire particulièrement aux grecs et arméniens, l'alphabet etc etc

Vive les peuples dans la fraternité et loin de ces barbarie du passé

Stes David

Ce qui manque dans l'article c'est la signification ou l'origine du nom "Lahood" pour "Darin McKay Lahood". Je suppose que c'est un Lahood de la famille Libanaise ou Syrienne des "Lahoud" comme ce ancien président ou ministre "Emile Lahoud". En fait Darin McKay Lahood serait famille lointaine de syriens ou de libanais mais on n'explique pas comment dans l'article, sur Wikipedia on dit que son grand-père était libanais et avait un restaurant libanais. Aussi on peut remarquer dans cet article que la notion de l'identité "libanaise" est assez flou car des gens dans le moyen-orient, Turquie, Syrie, Jérusalem, Chypre etc. sont plus au moins "libanais", identité qui n'existe qu'un siècle et beaucoup d'émigrants qui sont allés aux USA ou Europe c'était des citoyens de l'empire "ottoman" ...

Sarkis Serge Tateossian

4/6 élus républicains (Trumpistes)

Quel est leurs liens avec leurs origines ... pays, communautés, associatifs ou autres ?

L'engagement (équilibré sans extrême) dans une vie compte.

Bravo aux six, même si j'aurai préféré que tous soient du coté des démocrates.

LIBRE DE PARLER

Il est clair que les Libanais a l'etranger reussissent en general tres bien
et deviennent des personnes qui mettent le pays ou ils vivent au premier plan sans toutefois nier leurs origines

AH SI NOS POLITICIENS AU LIBAN POUVAIENT FAIRE DE MEME CAD METTRE LE LIBAN AVANT TOUT AUTRE PAYS ET SURTOUT AVANT LEURS POCHES

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN HOMMAGE A NOTRE PAYS PAR NOTRE DIASPORA !

Stes David

Voilà c'est bien de se souvenir qu'il y a des liens depuis longtemps entre orient et occident, et que beaucoup d'occidentaux sont en fait des orientaux et vice-versa.

ACE-AN-NAS

C'est super réjouissant de savoir ça , mais quel est leur impact positif sur leur pays d'origine ?

C'est pour ça que je dis que tout ça n'est que pour amuser la galerie , les latinos , les blacks etc... élus , non plus n'ont aucun impact positif sur leur pays d'origine , la politique des usa se fait ailleurs , d'ailleurs le seul pays au monde qui profite de ses élus chez lui c'est .... devinez qui ??? fastoche ! .

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