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Ad-Diyar publie un torrent d'insultes contre MBS, Jreissati veut des poursuites

Liban

"Il s'agit d'une tentative condamnable de porter un coup aux relations du Liban avec l'Arabie saoudite et d'une violation caractérisée des lois régissant la liberté de la presse à laquelle nous sommes touts attachés", a déclaré Saad Hariri.

OLJ
30/10/2018

Le ministre libanais sortant de la Justice, Salim Jreissati, a demandé mardi au procureur général près la Cour de Cassation, le juge Samir Hammoud, d'engager des poursuites contre le quotidien libanais ad-Diyar, en raison d'un article publié dans son numéro de ce matin qui insulte, dans des termes particulièrement virulents, le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane.

M. Jreissati a ainsi demandé à ce que l'auteur de l'article intitulé "Invitation de la part d'ad-Diyar à Al-Boukhari pour visiter nos locaux" soit poursuivi pénalement, ainsi que le rédacteur en-chef du journal, Charles Ayoub, sans le nommer. L'article en question n'est pas signé. Le ministre sortant de la Justice estime que cet article "contient des expressions insultantes et inédites dans le travail journalistique et portent atteinte au prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, tout en minant les relations entre le Liban et l'Arabie saoudite, ce qui constitue un crime en vertu des articles 288 et 292" du code pénal.

Sous le chapitre "des infractions contre le droit des gens", l'article 288 dispose que "sera puni de la détention à temps", "quiconque, par des actes, des écrits ou des discours non approuvés par le gouvernement, fera courir au Liban le danger de subir des actes d'hostilité, troublera ses relations avec un État étranger ou exposera les Libanais à des représailles dans leurs personnes ou leurs biens". Quand à l'article 292, il dispose que "seront sur plainte de la partie lésée punis de la même peine : l'outrage public à un État étranger, à son armée, à son drapeau ou à son emblème national; l'outrage à un chef d’État étranger, à ses ministres, ou à son représentant diplomatique au Liban; la diffamation ou l'injure publique envers un chef d’État étranger, ses ministres, ou son représentant diplomatique au Liban".

S'adressant à Walid al-Boukhari, le chargé d'Affaires saoudien au Liban, ad-Diyar ironise en qualifiant le responsable saoudien de "courageux, tout comme le prince héritier saoudien assassin du journaliste libre Jamal Khashoggi". Ad-Diyar se livre à un torrent d'insultes contre MBS et M. Boukhari, les traitant de divers noms d'animaux et accusant le prince héritier de tuer des civils et des enfants au Yémen, où l'Arabie saoudite dirige depuis 2015 une coalition militaire arabe contre les rebelles houthis.


Condamnations en série
L'Ordre des journalistes a condamné les propos contenus dans l'article d'ad-Diyar, les qualifiants de "contraires à l'éthique journalistique" et "inédits". Il a rappelé à Charles Ayoub que la loi sur les Imprimés "interdit de s'en prendre aux Etats frères". L'Ordre des journalistes a enfin fait savoir qu'il serait incapable de défendre en justice M. Ayoub.

Dans la sphère politique, le Premier ministre désigné Saad Hariri a salué la mise en branle de la justice après la publication de l'article d'ad-Diyar "qui contient des propos adressés au prince hériter et du chargé d'affaires saoudiens portant atteinte à la morale des Libanais". "Il s'agit d'une tentative condamnable de porter un coup aux relations du Liban avec l'Arabie saoudite et d'une violation caractérisée des lois régissant la liberté de la presse à laquelle nous sommes touts attachés", a-t-il ajouté.

De son côté, le ministre sortant de l'Information, Melhem Riachi, a appelé à M. Ayoub à s'excuser.

Pour sa part, le leader druze Walid Joumblatt a condamné cet article. "Les propos stupides qui ont été rédigés contre Mohammad ben Salmane et le chargé d'affaires saoudien à Beyrouth, Walid Boukhari, qui contreviennent à toutes les règles de l’éthique et de la morale, ne s’inscrivent pas dans le cadre de la liberté de la presse et d'expression. Il s’agit d'insultes proférées contre un pays arabe ami du Liban", a déclaré M. Joumblatt dans un communiqué. "Même si la liberté d'expression est garantie par la Constitution, cela ne donne pas aux quotidiens le droit de porter préjudice aux amis du Liban pour arriver à leurs fins", a-t-il ajouté, appelant les journalistes libanais à accomplir leur devoir avec responsabilité.


(Pour mémoire : Le journaliste Charles Ayoub incarcéré quelques heures puis libéré)


Après avoir nié la mort du journaliste saoudien dissident Jamal Khashoggi, puis soutenu que celle-ci était accidentelle, le gouvernement saoudien a fini par reconnaître qu'il avait été tué le 2 octobre à l'intérieur du consulat d'Arabie à Istanbul, tout en avançant que le meurtre avait été commis lors d'une opération "non autorisée" et dont le pouvoir n'avait pas été informé.

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, qui s'est récemment rendu à Riyad, a exprimé son soutien au prince héritier saoudien. Le chef sortant de la diplomatie libanaise, Gebran Bassil, avait lui choisi la voie de la prudence, appelant à attendre les résultats de l'enquête avant de se prononcer.

Charles Ayoub avait comparu fin mai devant l'avocat général près la Cour de cassation, Imad Kabalan, dans le cadre d'une plainte déposée contre lui pour diffamation par les ministres sortants de la Justice, Salim Jreissati, des Affaires étrangères, Gebran Bassil et de l'Environnement, Tarek el-Khatib, suite à publication d'un article publié dans ad-Diyar intitulé "Nous ne permettrons pas que Gebran Bassil prenne le contrôle de la Justice ni de l'Etat".

En avril dernier, Charles Ayoub avait été brièvement placé en détention provisoire pendant quelques heures dans la caserne de gendarmerie de Baabda, sur ordre de la procureure d'appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, suite à une plainte déposée par le candidat malheureux aux législatives Sarkis Sarkis.


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Wlek Sanferlou

Le dicton arabe (je pense) qui dit "tu lui crache dans la face il te dit qu'il pleut" semble s'appliquer à toutes les parties dans nos pays du moyen orient...oui certains sont plus corriaces que d'autre mais en fin de compte c'est un dialogue de crachats!!! Et maintenant que le politiciens de tout bords prennent le peuple pour des ignares et des beurrés, le peuple commence à user du même dialecte précédemment chasse gardée de nos dieu sur terre...
Alors article dégueulasse oui c' est sûr. Suivant nos normes modernes, aussi bien sûr que oui...
On a tous perdu la tête

Fredy Hakim

même Donald Trump commence à cracher sur MBS!

HABIBI FRANCAIS

Ce journaliste devrait plutot s en prendre a l axe de la resistance iran et syrie qui ont assasssine ou fait disparaitre des milliers de libanais y compris un president et premier ministre ce qui ne saurait etre reproche a l arabie saoudite.

Antoine Sabbagha

La liberté d'expression est-elle de plus en plus en danger ?

Talaat Dominique

et oui le Liban est une province saudi,
il faut pas critiquer MBS et le gouverneur de la province libanaise : al-Boukhari,
ils auraient dû critiquer l'Iran, ils auraient été tressés de lauriers, et reçu pleins de médailles

La Parole

S'en prendre à une ou à deux personnes physiques, surtout très haut-placés, en les accusant sans preuves, est problématique.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,HEBETUDE EST UN VICE INNE !

Gebran Eid

DONC CE MALHEUREUX JOURNALISTE LIBRE A OUBLIÉ OÙ IL SE TROUVE.

Irene Said

Notre ministre sortant-mais-toujours-dedans de la justice...nous fait penser à ce coucou de certaines horloges anciennes...qui...effectivement ...sort et rentre selon...les heures en faisant coucou !
Irène Saïd


Bustros Mitri

L' article 288 s' applique-t-il aussi aux operations militaires non autorisées..?

ON DIT QUOI ?

Dans les réactions au charcurage de Khashoggi dans l' enceinte du consulat BENSAOUD on peut s'attendre soit à des accusations diplomatiques soit à des accusations plus terre à terre.

Quelque soit l'attitude qu'on adopte le crime en soi reste d'une abomination sans nom.

Et la nature humaine devant tant d'abjections reste incontrôlable et révoltée.

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