X

À La Une

Attentat d'Ahvaz : accusations iraniennes et revendications multiples

repère

Le mouvement séparatiste "Résistance nationale d'Ahvaz" et l'Etat islamique ont tous deux revendiqué l'attaque de dimanche contre une parade militaire. 

OLJ/AFP
24/09/2018

Téhéran a désigné un grand nombre de coupables après l'attentat de samedi ayant fait 24 morts à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran. Cette attaque, qui a visé un défilé militaire, a en outre été l'objet de deux revendications - dont une du groupe jihadiste État islamique (EI) -, très difficiles à authentifier.

Voici ce que l'on sait de ces accusations et revendications.


Mouvance séparatiste
Très rapidement après l'attentat, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont accusé "le mouvement al-Ahwaziya", désignant la mouvance séparatiste arabe de la province du Khouzestan, qui comprend divers groupes. Mais plus de 48h après les faits et à mesure que l'enquête avance, cette certitude initiale commence à être remise en cause.

Dans un message sur Twitter, le directeur général du quotidien ultraconservateur Javan, Abdullah Ganji, indique que deux des quatre assaillants d'Ahvaz étaient "frères" et qu'ils avaient un autre frère qui "a été tué dans un attentat suicide en Syrie". "Cela renforce la possibilité d'un attentat motivé par des raisons idéologiques plutôt qu'ethniques", ajoute M. Ganji. 

Sans nommer un groupe précis, le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamanei a déclaré lundi que l'attentat d'Ahvaz était "l'oeuvre de ces mêmes individus qui, chaque fois qu'ils sont en difficulté en Syrie et en Irak, sont secourus par les Américains, et qui sont financés par les Saoudiens et les Émirats arabes" unis. Or les groupes séparatistes arabes du Khouzestan n'ont pas de présence connue en Syrie, contrairement à l'organisation État islamique (EI).

Samedi, un homme se présentant comme un porte-parole d'un mouvement nommé "Résistance nationale d'Ahvaz" a revendiqué l'attentat au nom de ce groupe sur une télévision satellitaire émettant en persan de Londres.
Parallèlement, deux mouvements séparatistes, le "Front populaire et démocratique des Arabes d'Ahvaz (FPDAA) et le "Mouvement arabe de lutte pour la libération d'Ahvaz", ont publié des communiqués niant toute implication.


(Lire aussi : La ville d'Ahvaz rend hommage aux victimes de l'attentat : "Nous resterons debout jusqu'au bout")


"Parrains régionaux" et "maîtres américains"
Ahvaz est la capitale du Khouzestan, province du sud-ouest de l'Iran peuplée majoritairement d'Arabes. Mettant en cause les séparatistes arabes, le président Hassan Rohani a par ailleurs accusé dimanche "des petits pays mercenaires" de la région, "encouragés par les Américains" d'être derrière l'attentat.
Le même jour, le chargé d'affaires émirati à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères. Abou Dhabi a nié tout lien avec l'attaque et accusé l'Iran de lancer une "campagne" contre les Émirats. Également convoqués, samedi, au ministère des Affaires étrangères iranien, les diplomates représentant le Danemark, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne se sont vu reprocher "d'héberger certains membres du groupe terroriste" responsable de l'attentat, selon Téhéran.




Dans un communiqué publié dimanche, les Gardiens de la révolution ont, eux, mis en cause "le triangle satanique Occidentaux-Hébreux-Arabes".

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif a aussi accusé "des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger" et mis en cause "les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains". Plus explicite, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Ramezan Sharif, a accusé les membres du commando d'Ahvaz d'être "nourris par l'Arabie saoudite".
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, a, lui, vu dans l'attaque, "une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis".

Les États-Unis et Israël ("Grand Satan" et "Petit Satan" dans la rhétorique révolutionnaire iranienne) font figure d'ennemis officiels de la République islamique.
Téhéran entretient également des relations conflictuelles avec plusieurs monarchies arabes du Golfe alliées des États-Unis, en particulier avec l'Arabie saoudite, son grand rival régional avec qui les relations diplomatiques sont rompues depuis janvier 2016, mais aussi avec les Émirats et Bahreïn.


(Lire aussi : Les tenants et les aboutissants de l’attentat d’Ahvaz)


Le groupe État islamique
L'attentat d'Ahvaz a rapidement été revendiqué par le groupe jihadiste État islamique (EI), dont l'agence de propagande a par la suite publié une vidéo de trois jeunes hommes, deux parlant en arabe, un en persan, affirmant qu'il s'agit des membres du commando d'Ahvaz. L'EI n'apporte toutefois aucun élément probant permettant d'accréditer sa revendication.

L'organisation sunnite ultra-radicale a revendiqué sa première attaque en Iran le 7 juin 2017. Des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué à Téhéran le Parlement et le mausolée du fondateur de la République islamique, l'imam Khomeiny, faisant 17 morts et des dizaines de blessés.
Dans une vidéo publiée en mars 2017, l'organisation avait menacé d'agir en Iran en représailles au soutien militaire et logistique apporté par Téhéran aux autorités syriennes et irakiennes, deux pays où le groupe jihadiste a perdu l'écrasante majorité de ses territoires.


Pour mémoire
L'EI promet de commettre de nouvelles attaques en Iran

L’exception iranienne n’existe plus : Téhéran frappé au cœur par l’EI

L’attentat déjoué contre une réunion d’opposants iraniens en France assombrit la tournée de Rohani

Les auteurs des attentats de Téhéran avaient sévi en Syrie et en Irak

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BIZARRE ! ILS OUBLIENT LES ORGANISATIONS TERRORISTES EN IRAQ, EN SYRIE, AU LIBAN, AU YEMEN ET AILLEURS FINANCEES ET NOURRIES ET ARMEES PAR EUX POUR DESTABILISER TOUS LES PAYS ARABES !
VRAI LE PROVERBE QUI DIT QUE LE CHAMEAU NE VOIT PAS SES DEUX BOSSES MAIS LA BOSSE UNIQUE DU DROMADAIRE !

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

La lutte d’influence américano-russo-iranienne bat son plein

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué