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Aoun à Strasbourg : La crise des déplacés syriens, un fardeau insupportable pour le Liban

Liban

"La communauté internationale a failli à ses responsabilités", accuse le président libanais. 


OLJ
11/09/2018

Le président libanais Michel Aoun a prononcé mardi un discours, lors de la séance plénière du Parlement Européen, à Strasbourg, dans lequel il a rappelé que la crise des réfugiés syriens constituait un "fardeau insupportable" pour le Liban et que le pays du Cèdre "rejetait tout retard" dans le retour "digne et sûr des déplacés".

"La crise occasionnée par les déplacés syriens représente pour le Liban un fardeau insupportable, a déclaré M.AounSes conséquences sont dévastatrices sur les secteurs économique, sécuritaire et social. Le Liban a accueilli au nom de la solidarité humaine plus d'un million et demi de réfugiés qui ont fui la Syrie. Cependant, dans un petit pays comme le nôtre, à forte densité de population, aux ressources limitées et qui souffre déjà de la faiblesse des infrastructures et de la hausse du chômage… le poids de ce fardeau est dévastateur. En parallèle, la communauté internationale a failli à ses responsabilités en ignorant le principe de partage des charges entre Etats pour atténuer l'impact de ce déplacement sur le Liban".

Le chef de l'Etat libanais a dans ce cadre appelé à "la mise en application des décisions de soutien financier, notamment celles adoptées lors de la conférence de Bruxelles" tout en rappelant les réserves émises concernant certains points du communiqué final, "notamment ceux qui ont trait au retour volontaire des déplacés, le lien de ce retour avec la solution politique et l’intégration des déplacés sur le marché du travail dans les pays d’accueil". "Il convient de rappeler à cet égard que le Liban est un pays d’émigration et non pas un pays d’implantation, encore moins un marché de travail, a-t-il souligné. Les Libanais dispersés à travers le monde et sur le continent européen en particulier, en sont la preuve".

"Aujourd’hui, Le Liban vise à assurer le retour digne et sûr des déplacés syriens et rejette tout retard à cet égard, a lancé M. Aoun. Mon pays appuie toute démarche visant à solutionner le déplacement massif des Syriens sur son territoire, à l’instar de l'initiative russe, et refuse de lier le retour des déplacés à une solution politique qui pourrait tarder à venir".



Par ailleurs, le président libanais a affirmé que "la politique internationale appliquée au Proche-Orient ne fait qu’exacerber la radicalisation et ouvrir la voie à la violence et au terrorisme". "Cette même politique a poussé Israël à judaïser Jérusalem et à en faire sa capitale, ignorant toute les résolutions internationales et les votes du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale", a dénoncé M. Aoun. Concernant la récente décision américaine d’arrêter le financement de l'UNRWA il a affirmé que cette décision signifiait "le début d’une implantation de fait des Palestiniens dans les pays d’accueil, dont le Liban". "Une implantation que l’on refuse au nom de la justice et de l’égalité entre les hommes, a-t-il ajouté. De plus, notre Constitution prohibe toute implantation, morcellement et partition du pays".


(Lire aussi : Nouvel appui de Baabda à l’initiative russe pour le retour des réfugiés syriens)


"Conjoncture économique difficile"

M. Aoun a rappelé que "le Liban a souffert du poids des crises qui sévissent dans les régions environnantes et cela tant aux niveaux économique, social que sécuritaire". "Des organisations terroristes ont infiltré nos frontières à l’est et au nord pour en faire un point de départ de leurs opérations sanglantes sur le territoire libanais, a-t-il rappelé. Cependant, notre armée a lancé une offensive militaire réussie qui s’est soldée par la défaite des terroristes et la libération de nos territoires".

Le président a également indiqué que le Liban faisait "face actuellement à de nombreux défis, en tête desquels figure la conjoncture économique difficile". "Nous avons lancé les grandes lignes d’un plan économique qui dessine une feuille de route pour relancer les secteurs productifs et moderniser les infrastructures, a-t-il poursuivi. Ce plan vient conforter les décisions de la conférence (de soutien au Liban) CEDRE"

"Ma priorité aujourd’hui concerne la lutte contre la corruption et la promotion de la transparence où nous avons déjà réalisé quelques succès, a également dit M. Aoun. Cependant, notre grand chantier va démarrer avec le nouveau gouvernement, qui sera chargé d'appliquer le plan de relance économique et les décisions de la CEDRE, pour asseoir la stabilité et la prospérité dans le pays".

"Ce qui se passe dans notre région aujourd'hui nous attache encore davantage au Liban, Etat fondé sur un principe démocratique qui, malgré certaines défaillances, rassemble toutes les composantes du peuple libanais, a déclaré M. Aoun. A cause des conflits qui nous entourent, le Liban a récemment connu des divisions au niveau politique mais non pas au niveau national. Le discours était certes enflammé, mais il n’a pas mis le feu aux poudres. Lorsque certains ont déraillé pour choisir la voie de l'extrémisme et de la pensée intégriste, ils ont été aussitôt rejetés par leur communauté et leur environnement. En effet, la société libanaise, de par sa nature, ne constitue pas un foyer propice à l'extrémisme et au refus de l'autre. Le respect de la liberté de croyance, d'expression, d'opinion et du droit à la différence sont une partie intégrante de la culture des Libanais". Selon lui, "cette caractéristique propre au Liban l’aide à surmonter ses problèmes et à consolider sa paix et sa stabilité. Elle peut servir d’exemple à d'autres pays pour bâtir un avenir plus en phase avec la modernité et les droits de l'Homme".

Le président Aoun s'est ensuite entretenu avec la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini. Cette dernière a annoncé au président libanais qu'une "réunion européenne, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, aura lieu et sera consacrée à la question du retour" des réfugiés syriens. Mme. Mogherini a souhaité que le Liban participe à cette réunion à laquelle elle assistera également.

En soirée, le président Aoun a rencontré la diaspora libanaise à Strasbourg. "Certains médias ne rapportent que des nouvelles négatives, en passant outre les nouvelles positives et toutes les réalisations", a estimé le chef de l'Etat, dans un discours prononcé à cette occasion. "Nous ne sommes pas arrivés au pouvoir pour obtenir des titres, mais pour travailler", a-t-il ajouté.


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FAKHOURI

Il est utile d'aller à Strasbourg pour parler du Liban vu par M.Aoun ???
On a tellement de problèmes qui font tant de vacarme qu'on ne s'entend plus parler ni les résoudre.
Les réfugiés font partie de ces problèmes
M.Aoun apporte quelle solution ?
Aucune
Gesticulations et paroles

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ILS ONT OFFERT 11,5 MILLIARDS A CEDRE ET ON BOYCOTTE LA FORMATION DU GOUVERNEMENT POUR LES PERDRE !
SANS COMMENTAIRE !

Jean Michael

"Ma priorité aujourd’hui concerne la lutte contre la corruption et la promotion de la transparence....
Qu'il commence par balayer devant sa propre porte.
J'aurais aime voir le sourire en coin des deputes europeens!!MASKHARA!!!!!!!

Le Faucon Pèlerin

Heureusement que le chef de l'Etat n'a pas omis d'ajouter, sur le retour, "digne et sûr des réfugiés" syriens chez eux.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL A BIEN MIS LES POINTS SUR LES I... MAIS HELAS ET MALHEUREUSEMENT IL N,Y AURA PAS DE RETOUR NON SECURISE ET GARANTI PAR L,ONU ET LES GRANDES PUISSANCES... ET LES PROPOSITIONS RUSSES SONT SANS LENDEMAIN !

Irene Said

Oouuauuuuuh !!!
On s'y attendait un peu...mais là il a dépassé toutes les limites de l'incohérance !

Et il doit être persuadé que ceux qui l'écoutaient étaient convaincus par tous ses arguments.

Pauvre, malheureux Liban...d'être représenté de cette façon devant la Communauté internationale et européenne !
Irène Saïd




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