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La Libanaise arrêtée au Caire après avoir dénoncé le harcèlement sexuel en Égypte devrait être bientôt libérée

Egypte

Une cour du Caire a accepté l'appel présenté par Mona al-Mazbouh et "a réduit sa peine à un an d'emprisonnement avec sursis".

OLJ/AFP
09/09/2018

Une touriste libanaise condamnée à huit ans de prison pour "atteinte" au peuple égyptien après avoir dénoncé le harcèlement sexuel sera libérée prochainement, une cour du Caire ayant réduit sa peine, ont indiqué dimanche une source judiciaire et son avocat.
Mona al-Mazbouh, 24 ans, avait été arrêtée fin mai à l'aéroport du Caire alors qu'elle s'apprêtait à quitter le pays après des vacances. Elle avait été condamnée en juillet à huit ans d'emprisonnement pour "atteinte" au peuple égyptien, après la diffusion d'une vidéo sur Facebook dans laquelle elle se plaignait vigoureusement d'avoir été victime de harcèlement sexuel.

Une cour du Caire a "accepté l'appel présenté par Mona al-Mazbouh contre (cette) peine", a indiqué à l'AFP une source judiciaire. Elle "a réduit sa peine à un an d'emprisonnement avec sursis", a-t-elle précisé. Mme al-Mazbouh doit être libérée "dans quelques jours", a déclaré à l'AFP son avocat Emad Kamal. Elle pourra quitter le territoire égyptien après s'être acquittée d'une amende de 30.000 livres (environ 1.450 euros ou 1677 dollars), selon Me Kamal.

Mme al-Mazbouh avait diffusé une deuxième vidéo affirmant que son intention n'était pas d'insulter les Égyptiens et que, dans son précédent enregistrement, elle ne mettait pas en cause "tout le peuple égyptien". Le parquet l'avait accusée de "propagation de fausses rumeurs et d'atteinte aux religions".


"Si Mona était née dans n’importe quel autre pays, elle aurait déjà été libre", avait lancé son père Ali, après l'arrestation de sa fille. Il avait également souligné que la vidéo postée par sa fille était une réaction à un harcèlement de rue au Caire, et que celle-ci souffre de graves perturbations psychologiques suite à une opération dans la tête, qui la rendent inconsciente de la portée de ses actes. Il a également présenté "les excuses de toute sa famille au peuple égyptien".


En mai, une Egyptienne, Amal Fathi, a été arrêtée après avoir elle aussi publié sur les réseaux sociaux une vidéo contre le harcèlement sexuel. La jeune femme, mariée à un défenseur des droits de l'Homme, est toujours en détention. Mme Fathi fait par ailleurs l'objet d'une procédure devant le Parquet de la Sécurité d'Etat suprême pour avoir tenté "de faire échouer les dernières élections présidentielles et de provoquer un soulèvement populaire".


Selon une étude de l'ONU publiée en 2017, quelque 60% des femmes ont été victimes de harcèlement en Egypte, où elles sont quotidiennement confrontées aux remarques obscènes voire aux attouchements. Les trois-quarts des hommes attribuent ces actes à la tenue vestimentaire de la femme, selon cette étude.

La question du harcèlement a fait irruption dans le débat public dans la foulée de la révolte en janvier 2011 ayant conduit à la chute de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak. Des groupes de volontaires s'étaient alors organisés pour protéger les femmes des agressions collectives lors des manifestations, notamment place Tahrir, épicentre de la révolte. Des graffitis anti-harcèlement avaient fleuri sur les murs du centre-ville et en février 2013, et des femmes ont même manifesté dans la rue pour dénoncer ce fléau.

En juin 2014, une loi criminalisant le harcèlement sexuel a été adoptée. Le 28 août dernier, Al-Azhar, prestigieuse institution de l'islam sunnite basée en Egypte, avait exprimé sa condamnation de toutes les formes de harcèlement sexuel, un fléau dans ce pays qu'elle qualifie de "péché", en exhortant les autorités à agir.


Pour mémoire

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