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Conflit syrien : Astana, un processus parrainé par Moscou, Téhéran et Ankara

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Le processus d'Astana a illustré le rôle incontournable de Moscou dont l'intervention militaire en septembre 2015 a permis au régime de Bachar al-Assad, alors en mauvaise posture, de renverser la donne et d'accumuler les victoires.

OLJ/AFP
07/09/2018

Le sommet qui se tient aujourd'hui à Téhéran, réunissant les chefs d'Etat iranien Hassan Rohani, russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan, pour évoquer le sort de la province d'Idleb, s'inscrit dans le cadre du processus de paix d'Astana, initié en janvier 2017 par Moscou et Téhéran, alliés du régime syrien, ainsi qu'Ankara, soutien des rebelles. Ce processus est rapidement devenu incontournable dans la guerre en Syrie.

A Astana, les négociations avaient permis notamment la mise en place de "zones de désescalade" mais la cessations des hostilités dans ces régions n'avaient été que temporaires. Le processus d'Astana a illustré le rôle incontournable de Moscou dont l'intervention militaire en septembre 2015 a permis au régime de Bachar el-Assad, alors en mauvaise posture, de renverser la donne et d'accumuler les victoires. Il a éclipsé les négociations parrainées par l'ONU, incapable de trouver une solution à la guerre qui a fait plus de 350.000 morts depuis mars 2011.

Retour sur ce processus :


(Lire aussi : Le sort d'Idleb en jeu lors d'un sommet tripartite à Téhéran)


Lancement du processus

Les 23 et 24 janvier 2017, la Russie, l'Iran et la Turquie lancent le processus d'Astana, auquel les Etats-Unis ne sont pas associés, invitant dans la capitale du Kazakhstan des représentants du régime et des rebelles. Les trois "parrains" vont trouver un accord pour consolider une "trêve" instaurée un mois plus tôt entre rebelles et régime. Dans les faits, les combats n'avaient pas totalement cessé mais avaient diminué d'intensité.

Les délégations du régime et des rebelles ont refusé de négocier directement et n'ont pas signé la déclaration finale. Une nouvelle série de discussions se tient le 16 février entre émissaires du régime et rebelles mais elle se termine sans percée majeure.





(Lire aussi : Idleb : pourquoi l’issue de la bataille se joue avant tout en coulisses)


"Zones de désescalade"

Le 4 mai 2017, la Russie, l'Iran et la Turquie adoptent à Astana un plan russe visant à créer des "zones de désescalade", pour instaurer des trêves dans plusieurs régions.

Quatre zones seront établies: la Ghouta orientale, près de Damas; un secteur de la province de Homs (centre); le sud, avec Deraa et Qouneitra et enfin le nord-ouest, qui regroupe la province d'Idleb avec des poches des régions voisines de Lattaquié, Alep et Hama. Des postes de contrôle et centres de surveillance tenus conjointement par "les forces des pays garants" y sont établis, selon le plan.

Mais malgré ce plan, les forces gouvernementales ont lancé en 2018 des offensives s'emparant de trois "zones de désescalade": la Ghouta orientale en avril après une offensive dévastatrice de deux mois, puis Deraa et Qouneitra.

C'est à Idleb qu'ont été envoyés les milliers d'insurgés et de jihadistes évacués de leurs ex-fiefs. Désormais, le pouvoir a amassé des renforts aux abords de la province d'Idleb, frontalière de la Turquie, en vue d'une probable offensive.





(Lire aussi : La province d'Idleb, objectif du régime syrien depuis plusieurs mois)


Sommets

Avant la rencontre de Téhéran vendredi, deux sommets ont réuni les parrains d'Astana. Le 22 novembre 2017, M. Poutine accueille ses deux homologues dans la station balnéaire de Sotchi (sud-ouest), avant de convoquer le 30 janvier 2018 un "Congrès du dialogue national syrien". Le succès sera mitigé. Le congrès a appelé à former un comité constitutionnel et l'ONU s'est mise à l’œuvre pour concrétiser ce projet. Le 4 avril 2018, MM. Poutine, Rohani et Erdogan se retrouvent à Ankara, où ils s'engagent à coopérer pour parvenir à un "cessez-le-feu durable" en Syrie.    






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