Dans les coulisses de la diplomatie...

L’Europe s’étonne de la confusion autour de la formation du cabinet Hariri

Les milieux diplomatiques européens sont de plus en plus inquiets de l’acharnement au blocage qui marque le processus de formation du nouveau gouvernement et de l’intensité de la polémique opposant les partis et forces politiques en présence. Un acharnement qui se manifeste par des exigences bien précises sur le nombre de portefeuilles ministériels que l’on exige pour soi, le veto que l’on oppose à la désignation d’un opposant, l’insistance d’un groupe hétérogène, mais dont les membres appartiennent à une même communauté, à être représentés au gouvernement.
Les observateurs relèvent en particulier que ce n’est pas en vertu d’une ligne politique particulière que ces députés élus réclament d’être représentés, mais en fonction de leur appartenance confessionnelle. Ainsi, ce sont des critères hétérogènes qui sont retenus pour la distribution des portefeuilles, ce qui fausse complètement le jeu démocratique, et confine au bras de fer politique.
Les rapports établis par les diplomates en poste à Beyrouth rapportent en détail la nature des conflits opposant les forces en présence, ainsi que les échanges acerbes qui, loin des droits de l’homme et des principes démocratiques, marquent le processus. Dans les milieux diplomatiques, on compare ce processus aux courses automobiles à l’abîme dont les scènes pimentent certaines productions cinématographiques, où c’est le conducteur qui a les nerfs les plus solides et qui freinera en dernier qui remporte la course.
Les milieux diplomatiques relèvent en outre que le processus en cours depuis 70 jours a fini par poser la délicate question des rôles respectifs que jouent le Premier ministre désigné et le chef de l’État dans la formation d’un nouveau gouvernement. Il y a un mot et un seul pour qualifier cette situation, estime-t-on dans ces milieux : la confusion. Confusion au sujet de la durée « acceptable » du processus de formation, confusion au sujet des causes externes qui l’empêchent d’aboutir, confusion au sujet de l’interprétation de certaines déclarations contradictoires du président de la République, qui a déclaré qu’il « ne permettra pas » qu’un État s’ingère dans le processus.
Ce que les milieux diplomatiques cités trouvent le plus étrange, c’est que ce sont les forces et partis qui bloquent le processus de formation qui prétendent qu’ils font tout pour le faciliter ; d’autant plus que le critère purement numérique portant sur le nombre de voix obtenues par chaque camp, que l’on avance comme « critère unifié » pour former le nouveau gouvernement, est une nouveauté absolue dans la vie législative au Liban.
Enfin, les milieux diplomatiques constatent que le retard mis dans la formation du nouveau gouvernement a des conséquences économiques de taille, puisqu’il retarde d’autant la mise en œuvre des réformes prévues par la conférence de Paris (CEDRE), comme aussi le plan de rapatriement de 890 000 Syriens que la Russie a affirmé vouloir mettre en œuvre.


Les milieux diplomatiques européens sont de plus en plus inquiets de l’acharnement au blocage qui marque le processus de formation du nouveau gouvernement et de l’intensité de la polémique opposant les partis et forces politiques en présence. Un acharnement qui se manifeste par des exigences bien précises sur le nombre de portefeuilles ministériels que l’on exige pour soi, le veto...

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