X

À La Une

Les Kurdes de Syrie, longtemps marginalisés, autonomes de facto dans le Nord

Repère

Qui sont les Kurdes de Syrie, qui ont entamé vendredi des négociations avec le régime de Bachar el-Assad concernant l'avenir des vastes régions syriennes sous contrôle kurde

OLJ/AFP
27/07/2018

Les Kurdes de Syrie, dont des représentants ont entamé vendredi des discussions avec le régime de Bachar el-Assad, ont instauré une autonomie de facto sur les territoires qu'ils contrôlent dans le nord du pays en guerre.
Ces régions, qui comptent notamment d'importants champs pétroliers, représentent près de 30% de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Discrimination 
Installés surtout dans le nord de la Syrie, les Kurdes, essentiellement sunnites avec des minorités non musulmanes et des formations politiques souvent laïques, représentent 15% de la population syrienne, selon les estimations.
Ils ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression et n'ont cessé de réclamer la reconnaissance de leurs droits culturels et politiques.

Neutralité 
Dès le début du conflit déclenché en 2011 par la répression sanglante d'une révolte pacifique par l'armée, le régime fait un geste envers les Kurdes.
Le président Assad naturalise 300.000 Kurdes "apatrides" après un demi-siècle d'attente et de protestations. Ces Kurdes de Syrie s'étaient vus retirer leur nationalité à la suite d'un recensement controversé en 1962.
Les Kurdes vont ensuite tenter de rester à l'écart du conflit. Ils adoptent une position "neutre" envers le pouvoir et la rébellion, essayant d'empêcher les rebelles de pénétrer dans leurs régions pour éviter des représailles du régime.
A la mi-2012, les forces gouvernementales quittent des positions dans le nord et l'est du pays, prises par les Kurdes. Ce retrait est perçu comme destiné essentiellement à encourager les Kurdes à ne pas s'allier aux rebelles.


(Lire aussi : Premières discussions à Damas entre le régime et les FDS soutenues par les Etats-Unis)



"Région fédérale" 
En 2013, le Parti de l'Union démocratique kurde (PYD, principal parti kurde syrien) proclame une semi-autonomie.
En 2016 est annoncée la création d'une "région fédérale", composée de trois cantons: Afrine (Nord-Ouest) - dans la province d'Alep -, Euphrate (nord) - sur une partie des provinces d'Alep et de Raqqa - et Jaziré (Nord-Est) - qui correspond à la province de Hassaké. Cette initiative s'apparente à une autonomie de facto. Les Kurdes vont alors s'attirer l'inimitié des forces de l'opposition, en plus de l'hostilité de la Turquie voisine.
Ils se dotent d'un "contrat social", une sorte de Constitution. En 2017, les habitants des régions kurdes élisent leurs conseils municipaux.

Antijihadistes
L'aile armée du PYD, les Unités de protection du peuple (YPG), a été dès 2014 l'une des principales forces combattant le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avec l'appui aérien de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis.
Début 2015, les forces kurdes soutenues par les frappes de la coalition chassent l'EI de Kobané, à la frontière turque, après plus de quatre mois de violents combats.
En octobre 2015, les Forces démocratiques syriennes (FDS), composées de 25.000 Kurdes et 5.000 Arabes, tous Syriens, sont créées. Dominée par les YPG, les FDS vont recevoir une aide conséquente des Etats-Unis, en armement mais aussi en soutien aérien.
Deux ans plus tard, en octobre 2017, les FDS chassent l'EI de son fief de Raqqa.
Aujourd'hui, elles combattent toujours l'EI dans la province de Deir ez-Zor.


(Lire aussi : Face à la versatilité américaine, le Rojava en appelle à Damas)



Réaction turque
Le 14 janvier 2018, la coalition antijihadistes annonce œuvrer à la création d'une "force" frontalière de 30.000 hommes dans le nord de la Syrie, notamment constituée de membres des FDS.
Mais la Turquie considère les YPG, principale composante des FDS, comme l'extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation kurde qui mène une guérilla contre Ankara depuis 1984 et qu'elle qualifie de "terroriste".
En août 2016, la Turquie avait d'ailleurs déjà mené une offensive dans le nord de la Syrie, officiellement pour repousser à la fois les milices kurdes et l'EI.
Le 20 janvier 2018, l'armée turque -aidée par des supplétifs rebelles syriens- lance une offensive terrestre et aérienne meurtrière contre les YPG dans la région d'Afrine, dont elle prend le contrôle deux mois plus tard.
La Turquie menace ensuite de prendre d'assaut Minbej mais les YPG finissent de s'en retirer en juillet.    


Lire aussi
Le cimetière de Kobané, symbole des victoires kurdes contre l'EI

En Syrie, les habitants de Kobané comptent sur eux-mêmes pour reconstruire


Pour mémoire
L'alliance kurdo-arabe prête à des discussions sans condition avec le régime syrien

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Sarkis Serge Tateossian

D'une manière ou d'autres le Kurdistan se formera dans les temps futures mais proches, émergeant ainsi un pays, expression d'une nation digne, laïque (dans un sens de la toletance) et méritant.

Ce ne sera certainement pas le petit sultan du Bosphore qui les en empêchera avec ses petites manigances, chantages et autres enlèvements organisés dans divers pays ...

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué