La coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Pernille Dahler Kardel. Photo tirée du site officiel de l'ONU
La coordinatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Pernille Dahler Kardel, a appelé au désarmement du Hezbollah dans le cadre d'une nouvelle stratégie de défense pour le pays, dans un entretien publié mercredi par le quotidien panarabe Acharq al-Awsat.
Mme Kardel a exhorté les chefs politiques libanais à former un "gouvernement d'union nationale regroupant toutes les composantes", qui œuvrerait au "désarmement de tous les groupes armés", dont le Hezbollah. "Il est temps de revenir à la table du dialogue national" pour accomplir cela à travers un accord sur une stratégie nationale de défense, a-t-elle déclaré, rappelant que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a estimé que le désarmement des groupes armés hors du giron de l'Etat était important pour la stabilité du Liban et que le président, Michel Aoun, a annoncé à plusieurs reprises que la question de la stratégie de défense devait être abordée dans le cadre du dialogue national.
Dans le cadre de son rapport trimestriel (1er mars 2018 jusqu'au 20 juin 2018) sur la situation au Liban et l’application de la résolution 1701, présenté cette semaine, Mme Kardel a souligné qu'"il n'y a eu aucun progrès concernant le désarmement des groupes armés". "La possession d’armes par le Hezbollah et d’autres groupes en dehors du contrôle de l’Etat empêche le gouvernement libanais d’exercer pleinement sa souveraineté et son autorité sur son territoire", ajoute le rapport.
Les armes du Hezbollah, qui intervient militairement en Syrie aux côtés du régime de Bachar el-Assad, constituent l'une des principales lignes de fracture au sein de la classe politique libanaise.
(Lire aussi : Le Conseil de sécurité espère la formation rapide d'un gouvernement au Liban)
Par ailleurs, la représentante de l'ONU au Liban a déclaré que le retard pris dans la formation du gouvernement, qui a plusieurs explications, suscite l'inquiétude. "Le Liban a besoin rapidement d'un gouvernement d'union nationale qui permette au Liban de poursuivre ses contacts avec la communauté internationale", a-t-elle déclaré. Après des élections législatives le 6 mai et la reconduction de Saad Hariri au poste de Premier ministre, le Liban, pays aux équilibres fragiles et à l'économie vacillante, est toujours dans l'attente d'un nouveau gouvernement. La formation des exécutifs fait souvent l'objet au Liban d'âpres discussions et peut durer plusieurs mois.
Sur un autre sujet, Mme Kardel a exprimé l'espoir du "grand retour" des réfugiés syriens "de manière sûre, digne et volontaire". "Leur présence au Liban est temporaire et appelle à l'élaboration d'une solution durable pour leur retour lorsque les conditions seront réunies. Nous attendons que la situation en Syrie soit propice à un grand retour des réfugiés syriens de manière sûre, digne et volontaire", a-t-elle affirmé.
Lundi, environ 600 réfugiés syriens, installés dans le village frontalier de Ersal, dans la Békaa, et originaires du Qalamoun, ont quitté le territoire libanais vers la Syrie dans le cadre d'une opération de retour volontaire organisée par la Sûreté générale en coordination avec le régime syrien qui approuve au préalable les noms des réfugiés. Il s'agissait de la quatrième vague de rapatriements depuis la fin du mois de juin. Le Hezbollah avait annoncé fin juin la mise en place d'une structure visant à aider les réfugiés à rentrer dans leur pays, en coordination avec les autorités libanaises et Damas.
Vendredi, le ministère russe de la Défense a indiqué avoir proposé aux Etats-Unis de coopérer pour assurer le retour des réfugiés syriens vers leur lieu de résidence d'avant le conflit. Le plan concernerait notamment ceux qui ont fui en Jordanie et au Liban. Le Liban accueille environ 1,5 million de réfugiés syriens - dont un million inscrits auprès de l'ONU - pour une population locale de 4,5 millions.
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"La possession d’armes par le Hezbollah et d’autres groupes en dehors du contrôle de l’Etat empêche le gouvernement libanais d’exercer pleinement sa souveraineté et son autorité sur son territoire". Vérité de La Palisse, mais qui ira ôter ses armes ♪ la milice iranienne? Cf la fable du "Conseil tenu par les rats"!
08 h 28, le 26 juillet 2018