Des missiles iraniens de type Zolfaghar sont exposés sur la place Azadi, à Téhéran, le 2 août 2026. Photo Atta Kenare / AFP
L'Iran a redoublé ses menaces la semaine dernière contre les installations énergétiques du Golfe et transmis une liste de cibles aux médiateurs, ensuite intervenus auprès de Donald Trump, ont indiqué à l'AFP deux responsables régionaux au fait du dossier.
Le président américain avait annoncé samedi renoncer à des frappes massives contre l'Iran à la demande de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Qatar. Depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, la République islamique a attaqué à plusieurs reprises des centrales électriques. Et en juillet, le chef de la diplomatie iranienne avait menacé de riposter « oeil pour oeil » après une mise en garde de Donald Trump contre les infrastructures iraniennes.
Mais selon un haut responsable du Golfe, Téhéran a cette fois directement « averti les médiateurs » d'une riposte d'ampleur « contre les centrales électriques et les installations de dessalement de l'eau », vitales dans cette région largement désertique.
« L'Iran a menacé de plonger le Golfe dans le noir, pays après pays, si Trump attaquait ses centrales », a-t-il déclaré à l'AFP, une autre source au Moyen-Orient confirmant ce message. Ces deux responsables se sont exprimés sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité des discussions. « Leurs menaces étaient très sérieuses et ils ont établi une longue liste de cibles qu'ils comptaient attaquer », a ajouté celui du Golfe.
L'agence de presse iranienne Fars a au cours du week-end énuméré des cibles potentielles dans le Golfe et en Israël, comprenant des champs et des raffineries de pétrole ainsi que des installations gazières. Le président américain avait affirmé la semaine dernière que les Etats-Unis étaient « prêts à frapper la République islamique d'Iran, à des niveaux (...) de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Riyad avait alors fait savoir que Donald Trump s'était entretenu par téléphone avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, un allié clé dans la région, lors d'un appel visant à réduire les tensions. Le Golfe a subi l'essentiel des attaques iraniennes durant la guerre, avec des frappes visant des bases américaines en représailles aux attaques de Washington, mais aussi des infrastructures civiles telles que des sites énergétiques, des ports et des aéroports. Des attaques sporadiques ont continué après la signature d'un cessez‑le‑feu en avril puis d'un protocole d'accord en juin. Et elles se sont intensifiées en juillet alors que la trêve volait en éclats, visant principalement le Koweït et Bahreïn.

