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Liban

Moutahidoun s’assure du gel des travaux à Costa Brava

Déchets

Les militants affirment que la décision judiciaire porte sur l’arrêt de l’agrandissement de la décharge et non sur son fonctionnement. Pas de déchets dans les rues, donc.

19/07/2018

La décision de gel des travaux d’agrandissement de la décharge de Costa Brava (sud de Beyrouth), prise par la juge des référés de Aley Roula Chamoun mardi, a été placardée hier à la porte de la décharge par les avocats du groupe Moutahidoun, qui est à l’origine de la plainte contre les travaux. Ceux-ci ont passé leur journée hier à s’assurer que les différentes parties ont bien été notifiées de cette décision, se rendant à la décharge pour y vérifier l’application de la décision, qui devait être effective à partir de 15 heures. La juge, elle, avait confié au greffier Tarek Jabr, et au notaire Adel Radwan la mission de notifier la compagnie « al-Jihad Group for Commerce and Contracting » de la décision d’arrêt des travaux sur le site même de Costa Brava, ainsi que le Conseil du développement et de la reconstruction, les ministères de l’Environnement et de la Santé, et le parquet spécialisé en environnement au Mont-Liban.
L’un des avocats plaignants, Rami Alleik, indique à L’Orient-Le Jour que le groupe « a demandé aux chauffeurs de camions de remblais de rebrousser chemin dès 15 heures, et se sont vus répondre, de manière très prévisible, que la compagnie n’a pas encore donné ses directives pour un arrêt du travail ». « Demain (aujourd’hui) à 8 heures, toutes les parties auront été notifiées, même le siège de la compagnie de Jihad el-Arab à Beyrouth, et plus personne ne pourra continuer le travail sous peine de poursuites judiciaires, poursuit-il. Nous avons déjà posté des gens sur place pour vérifier tout cela. »


(Pour mémoire : A Costa Brava et Bourj Hammoud, les plages sont devenues de vraies décharges)


La décharge de Costa Brava (Choueifate, sud de Beyrouth) est l’un des deux sites « contrôlés » mis en place par le gouvernement sur la côte, mais gérés par des compagnies privées. Les deux décharges de Costa Brava et de Bourj Hammoud-Jdeidé (nord de Beyrouth), qui devaient desservir quatre ans la région du Mont-Liban et de Beyrouth, ont été saturées précocement en raison de l’insuffisance des structures de tri et de recyclage : la décision d’agrandir Costa Brava a été prise en janvier de cette année, et les travaux sont en cours. Les deux décharges, dont les cellules sont construites en pleine mer, sont controversées depuis leur création.
Le gel des travaux d’agrandissement, suivant la décision de la juge Chamoun, est effectif jusqu’à ce que des experts remettent à la justice un rapport sur les éventuels dégâts environnementaux, une expertise dont les plaignants devront assumer les frais.
Hier, près de la décharge, l’avocat Hani Ahmadié s’est prononcé au nom des militants présents. Il a tenu à préciser « à l’opinion publique et notamment aux habitants de la banlieue-sud de Beyrouth et de toutes les régions desservies par cette décharge que la décision judiciaire porte sur l’arrêt des travaux de l’agrandissement du site, et non de son fonctionnement, et toute autre affirmation est contraire à la vérité ».
« Il n’y a aucune crainte de voir les déchets s’amonceler sur les routes, comme l’affirment certains, a-t-il poursuivi. La plainte déposée et la décision qui a suivi sont très claires et portent sur l’interdiction de poursuivre les travaux d’agrandissement en mer, d’autant plus que le brise-lames n’a pas été réalisé, et que les ordures se retrouveraient, en pareil cas, rejetées en mer. » « L’objectif de notre coalition est d’arrêter les décharges de la mort sur tout le territoire libanais par tous les moyens légaux », a-t-il conclu.


(Pour mémoire : Les futurs incinérateurs, une patate chaude en période électorale)


Pour sa part, Rami Alleik se félicite d’avoir perçu une solidarité accrue non seulement entre les militants de la société civile, mais aussi de la part de la municipalité de Choueifate, où tombe la décharge côtière. « Dès demain (aujourd’hui), les camions chargés de déchets pourront poursuivre leur chemin vers l’ancienne décharge, mais les camions de remblais seront arrêtés à la porte », affirme-t-il. À une question sur l’état des travaux d’agrandissement, il souligne que, « depuis la pétition qui a abouti à la plainte déposée en justice le 27 avril dernier par Moutahidoun, les observateurs ont noté une accélération notoire des travaux, ce que nous avons pu constater nous-mêmes sur le terrain hier, mais les nouvelles cellules n’ont pas été achevées pour autant ».


Pour mémoire

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Irene Said

Avec les vents très violents qui soufflent depuis plusieurs jours...on imagine déjà où vont finir les déchets de Costa Brava...qui ne sera plus du tout brava...mais encore plus immonde !
Bravo, Mesdames et Messieurs les responsables de notre environnement, votre projet est brillant et rentrera dans l'histoire de notre pays.
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FAUT LES DEGAGER TOUS... ILS LE SONT DEJA... VOYONS CE QUE LES NOUVEAUX... ET JE RIS EN DISANT LES NOUVEAUX... VONT FAIRE !

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