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Économie

Merkel souhaite renforcer le rôle de Berlin dans le processus CEDRE

Coopération

La délégation économique allemande a exprimé un fort intérêt pour les projets d’infrastructure relatifs à l’énergie et la gestion des déchets solides.

23/06/2018

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont annoncé hier lors d’une conférence de presse au Grand Sérail que l’Allemagne siégera au comité de suivi du processus CEDRE (la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises, tenue le 6 avril à Paris). Après une escale à Amman, Angela Merkel a conclu hier sa visite officielle de deux jours à Beyrouth, durant laquelle il a principalement été question du suivi de CEDRE et de la situation des réfugiés syriens au Liban.

La communauté internationale s’est engagée lors de la conférence de Paris à mobiliser en faveur du Liban 10,2 milliards de dollars de prêts, dont 9,9 milliards à des taux bonifiés, et 860 millions de dollars de dons, destinés principalement à subventionner les intérêts de ces mêmes prêts. L’Allemagne avait annoncé l’équivalent de 74 millions de dollars de dons. Ces fonds doivent exclusivement servir à financer la première phase (6 ans) du programme d’investissement (Capital Investment Program, CIP) visant à moderniser les infrastructures du pays. En contrepartie, le Liban s’est engagé à mettre en œuvre un agenda de réformes sectorielles et budgétaires. L’octroi de ces fonds ainsi que la mise en œuvre de ces réformes structurelles seront régulièrement examinés par le biais d’un mécanisme strict de suivi, où siégeront notamment le Liban, la Banque mondiale, le FMI, la France, les États-Unis et d’autres partenaires.

« L’Allemagne aidera à faire avancer les réformes structurelles nécessaires au Liban et s’assurera que les promesses faites au Liban seront honorées », a déclaré Angela Merkel avant de souligner que l’objectif de sa visite est de renforcer la coopération économique entre les deux pays. La chancelière allemande était en effet accompagnée d’une délégation économique composée notamment des représentants du géant industriel Siemens ; du cabinet de conseil en ingénierie Dorsch Holding ; de l’industriel Terramar ; de la société de gestion et recyclage de déchets ALBA Group ; du constructeur de centres énergétiquement autonomes Solarkiosk ; et du fournisseur de solutions logistiques SSI Schafer. « La CEDRE présente une bonne base pour le développement de cette coopération. Grâce à l’existence de plans concrets du gouvernement libanais en matière d’investissements, l’Allemagne contribuera grandement aux projets portant sur l’énergie, l’eau et la gestion des déchets solides », a précisé Mme Merkel. 


(Lire aussi : Retour sur image, L'éditorial de Issa GORAIEB) 



Table ronde économique
Peu avant la conférence de presse, Saad Hariri et Angela Merkel avaient participé à une table ronde économique en présence de la délégation allemande et des principaux représentants du secteur privé libanais. Le Premier ministre libanais y a insisté sur « les avantages offerts par la nouvelle loi sur les partenariats public-privé (PPP), promulguée en août 2017, qui ont permis de lancer le mois dernier trois grands projets PPP dans les secteurs des transports et des télécommunications ». Il s’agit du projet d’extension de l’aéroport international de Beyrouth, du projet de l’autoroute périphérique de Beyrouth reliant Khaldé à Nahr Ibrahim et du projet de création d’un centre national de données. 

« Le Liban doit mettre en œuvre des réformes pour être plus attractif pour ces investissements », a insisté Mme Merkel. Elle a principalement évoqué les défis relatifs au secteur de l’électricité au Liban. « Fournir de l’énergie 24h/24 sera une étape importante si elle est réalisée, de sorte que vous puissiez réduire le déficit et la dette du Liban », a-t-elle déclaré en s’adressant à M. Hariri. La chancelière allemande a alors préconisé l’utilisation des potentielles réserves de gaz naturel pour réussir la réforme du secteur de l’électricité. Le consortium formé du français Total, de l’italien ENI et du russe Novatek a signé en février deux contrats d’exploration et de production avec l’État libanais. « Nous aimerions nous concentrer sur les oléoducs, qui sont importants et essentiels pour la durabilité de l’environnement », a indiqué Mme Merkel.

Cette table ronde a également été l’occasion pour l’ancienne ministre Raya el-Hassan de présenter la Zone économique spéciale (ZES) de Tripoli à la délégation allemande. « Son emplacement stratégique, les incitations qui y sont proposées, son cadre réglementaire et ses infrastructures (...) en font une plateforme idéale pour la reconstruction de la Syrie et de l’Irak lorsque les conditions politiques le permettront », a affirmé M. Hariri. Ce à quoi Mme Merkel a répondu : « Si les conditions étaient transparentes et simples, cela attirerait les PME allemandes à y investir. » 

Enfin, « un accord sur les grandes lignes » a été noué entre la Fédération des Chambres libanaises de commerce (FCCIAL) et les Chambres de commerce et d’industrie allemandes, afin que celles-ci ouvrent un bureau de représentation à Beyrouth. Le président du FCCIAL a d’ailleurs proposé de fournir gracieusement les locaux nécessaires à cela. « C’est très important pour les PME allemandes, surtout pour les projets en zones économiques spéciales et pour l’allégement des démarches bureaucratiques », s’est félicitée Mme Merkel.



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Eleni Caridopoulou

Un bon projet surtout pour les déchets

Stes David

C'est une contradiction que l'Allemagne encourage Chypre, qui se trouve presque devant le littoral libanais, et la Grèce de faire des programmes d'austerité et ici il semble qu'avec CEDRE c'est l'opposé ...

LA TABLE RONDE

Bittischön FRAU Merkel, on a pas besoin de vos sous empoisonnés, on veut juste que vous récupérez quelque 1 million de réfugiés chez vous , vous l'avez déjà fait une fois et d'après vous ce fut un réussite, remettez ça avec ceux du Liban SVP.

Nicht problemeuuuuu. ...

Irene Said

"...si les conditions étaient transparentes et simples, cela attirerait les PME allemandes à y investir..."
Allez, Libanais, les Allemands sont habitués à bosser dur...serez-vous capables de vous adapter à eux ?
Cela en vaudrait la peine !
Irène Saïd

Marionet

Reconstruction de la Syrie: pour l'Allemagne, le chemin de Damas passe par Beyrouth...et Tripoli.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PROFITONS DES OFFRES ALLEMANDES TOUT EN MAINTENANT NOS POSITIONS ET EXPLICATIONS AU MONDE SUR NOTRE PROBLEME DES REFUGIES SYRIENS !

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