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Saad Hariri chargé de former le nouveau gouvernement

Liban

Le Premier ministre désigné a été nommé à ce poste par 111 députés.

OLJ
24/05/2018

A l'issue d'une journée marathon de consultations parlementaires contraignantes au palais de Baabda, le président de la République libanaise, Michel Aoun, a chargé jeudi le Premier ministre sortant, Saad Hariri, de former le nouveau gouvernement, un poste réservé à la communauté sunnite.

Le Premier ministre désigné a été nommé à ce poste par 111 des 128 députés : 107 l'ont nommément désigné, alors que quatre députés prosyriens (trois députés du bloc du PSNS et Abderrahim Mrad) n'ont pas révélé le nom de leur candidat. 17 députés n'ont nommé personne (les députés affiliés au Hezbollah et les parlementaires Jihad Samad, Jamil el-Sayyed, Oussama Saad et Paula Yaacoubian).
Une majorité confortable donc pour Saad Hariri qui pourrait lui donner un élan pour une formation rapide du prochain gouvernement.

"Un gouvernement élargi d'entente nationale"
"Le chef de l'Etat m'a fait l'honneur de me nommer pour former le prochain gouvernement", a déclaré M. Hariri à l'issue de son entretien avec le président Aoun qui l'a convoqué au palais de Baabda à l'issue des consultations. "A partir de maintenant, je vais commencer à accomplir ma mission, la formation d'un gouvernement élargi d'entente nationale", a-t-il ajouté, annonçant que les consultations parlementaires allaient commencer lundi prochain. "Toutes les parties sont conscientes des défis auxquels nous faisons face et ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise", a ajouté M. Hariri.

Le Premier ministre désigné a souligné que le futur gouvernement s'efforcera notamment de "poursuivre la mise en œuvre des réformes promises, de trouver une solution à la crise des réfugiés et de créer de nouvelles opportunités d'emploi pour les Libanais et les jeunes". Il a indiqué que l'Exécutif "respectera la politique de distanciation" des conflits de la région afin d'entretenir de bonnes relations avec les pays arabes". 


Le président du Parlement, Nabih Berry, qui s'est lui aussi entretenu avec M. Aoun, a affirmé que les trois pôles du pouvoir avaient convenu "qu'il ne fallait pas tarder pour former le gouvernement, compte tenu de la situation économique actuelle".

Mercredi, le président Aoun, qui s'exprimait à l'occasion d'un iftar réunissant les nouveaux députés au palais de Baabda, avait appelé à la formation d'"un gouvernement d'union nationale dans les plus brefs délais". Devant ses invités, le chef de l’Etat avait déclaré qu'après l'élection d'un nouveau Parlement, la prochaine étape sera celle la formation d'"un gouvernement d'union nationale capable de relever les défis" qui se présentent. Le chef de l'Etat avait appelé à la formation d'un "gouvernement capable de gérer la situation régionale et internationale tout en maintenant la stabilité interne, un gouvernement qui engage des réformes, se lance dans la lutte contre la corruption, la modernisation des services de l’Etat et adopte un plan économique pour accompagner la croissance et le développement du pays".


(Lire aussi : Les doléances des différentes parties ne devraient pas retarder la formation du gouvernement)


"Préserver un soutien économique"
Nabih Berry
, avait lui aussi été reconduit mercredi pour un sixième mandat à la tête de la Chambre, un poste réservé à la communauté chiite et qu'il occupe depuis 1992, à l'issue de la séance inaugurale de l'Assemblée issue des dernières élections législatives. Le député grec-orthodoxe Elie Ferzli a, lui, été élu à la vice-présidence du Parlement.

Saad Hariri a donc été reconduit dans son poste malgré la perte par sa formation, le Courant du Futur, du tiers de ses sièges au Parlement lors des législatives du 6 mai, passant de 33 à 21 députés. Le mouvement Amal, dirigé par Nabih Berry, forme de son côté avec son allié le Hezbollah un "tandem chiite" ayant raflé 26 des 27 sièges dévolus à cette communauté au sein de l'Assemblée qui compte 128 élus. Le Courant patriotique libre, fondé par Michel Aoun et dirigé par son gendre Gebran Bassil, a, avec ses alliés, remporté 29 sièges, ce qui en fait désormais le bloc (baptisé Le Liban fort) le plus important du nouvel hémicycle.

M. Hariri "jouit de la confiance des pays arabes, mais aussi des Européens et des Etats-Unis",  relevait il y a quelques jours Imad Salamey, professeur de sciences politiques à l'Université libanaise américaine (LAU), à Beyrouth. Sa reconduite "garantit au Liban de préserver un soutien économique" international.

La désignation de Saad Hariri intervient six mois après le feuilleton de sa démission surprise depuis l'Arabie saoudite sunnite, mécontente des compromis du Premier ministre vis-à-vis du Hezbollah pro-Iran, son rival chiite dans la région. Cette démission avait suscité une vaste mobilisation populaire et diplomatique et M. Hariri est rentré quelques jours plus tard sous les vivats et est finalement resté en fonctions. Au fil des ans, M. Hariri a en effet adopté une ligne plus conciliante vis-à-vis du Hezbollah, même s'il lui arrive toujours de critiquer l'implication militaire du mouvement à l'étranger, notamment en Syrie aux côtés du régime de Bachar el-Assad. Au lendemain des législatives, il avait jugé que "la question des armes (du Hezbollah) était un sujet régional", reconnaissant implicitement que la solution n'était pas entre les mains des politiciens du pays.

Concernant le partage des portefeuilles ministériels, "le Hezbollah et ses alliés vont réclamer une représentation plus grande, pronostique M. Salamey. L'essentiel va être de sécuriser des postes au gouvernement qui protègent ses mouvements politiques et militaires." "Sur un plan régional, évidemment, et pas seulement au niveau du Liban", précise l'expert.



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ON DIT QUOI ?

Bosser avec sérénité, voilà le profil du nouveau gouvernement d'un Liban nouveau qui orientera sa politique hors des contraintes du passé de lâche dans lequel il était empêtré .

Notre pays sera respecté , faut juste rappeler qu'il est à présent libre et indépendant.

Vive la résistance.

Wlek Sanferlou

"Sa reconduite "garantit au Liban de préserver un soutien économique" international."...
Un ou deux autres CEDRE et l'on sera dans un puit de dettes si profond qu'on enviera plein de pays du tiers monde.
Plus pauvres et endetté que l'on sera plus forte sera l'emprise de nos tourmenteurs sur notre avenir... Mais alors on pourra peut être survivre avec le partage de l'aide qui viendra aux frères réfugiés de tous bords.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BONNE CHANCE ! ESPERONS QU'IL SAIT CHOISIR ET CE QU'IL FAIT.

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