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Liban

Proposition de loi de Keyrouz pour réglementer les étapes de l’implantation cochléaire

Société

Une proposition de loi a été présentée récemment par le député Élie Keyrouz pour réglementer les implantations cochléaires.

Nada MERHI | OLJ
05/05/2018

Le député sortant Élie Keyrouz (Forces libanaises) a présenté il y a quelques jours la dernière proposition de loi de son mandat visant à définir la réglementation des différentes étapes de l’implantation cochléaire (IC), une procédure visant à placer – par voie de chirurgie – un appareil auditif évolué au niveau de la cochlée. Cet appareil est conçu pour les personnes qui présentent une surdité sévère et profonde. Les interventions chirurgicales pour placer l’implant cochléaire sont effectuées dans la plupart des cas sans préparation psychologique de l’enfant et de sa famille, et sans collaboration avec l’équipe multidisciplinaire (psychologue, orthophoniste, orthopédagogue) supposée préparer et suivre l’enfant après l’opération. 

Cette proposition de loi, élaborée en coopération avec le Bureau libanais pour la recherche en surdité (BLRS), est d’autant plus importante qu’actuellement les interventions chirurgicales en question sont effectuées de manière « chaotique », sans respect des recommandations internationales de l’IC (BIAP) qui montrent la nécessité d’un travail multidisciplinaire, tant au niveau de la décision de l’implantation qu’au niveau de la préparation de l’enfant et de son suivi. 

Viviane Matar Touma, psychologue clinicienne, professeure à l’USJ et présidente du BLRS, explique que « la décision de l’implantation cochléaire est prise suite à trois bilans auxquels l’enfant est soumis : médical, orthophonique, psychologique. Si le bilan médical est favorable à l’implantation cochléaire, les deux autres bilans seront effectués ». 

Mme Touma souligne dans ce cadre que « si l’enfant présente certains troubles du comportement, comme une hyperactivité, ou s’il a une prédisposition à des maladies mentales prépsychotiques, le bilan psychologique permettra d’évaluer sa situation et de préciser la nature et la durée de la prise en charge ». « Dans ce cas, l’opération sera retardée ou annulée, indique Mme Touma. Si cette mesure n’est pas prise en compte et si l’enfant subit l’opération sans préparation et suivi, il faudra s’attendre à des répercussions négatives sur le plan comportemental ou sur le plan mental. »

En effet, l’implant cochléaire est composé de deux parties : extérieure (contour d’oreille) et intérieure, dans la cochlée. Le coût de l’implant varie entre 17 000 et 20 000 dollars. « On prépare l’enfant pour qu’il comprenne la responsabilité qu’il doit assumer vis-à-vis du dispositif, ainsi que la durée de vie de celui-ci (11 à 15 ans) et ses limites, souligne Mme Touma. L’enfant doit être conscient du fait qu’il sera toujours un sourd implanté, puisque, durant ses journées, il passera par des périodes où il sera plongé de nouveau dans le silence, comme lorsqu’il doit prendre son bain ou lors d’une baignade à la plage ou dans la piscine, ou encore si l’appareil est en panne. Une collaboration avec l’établissement scolaire ou l’institution spécialisée qui prend en charge l’enfant est nécessaire. » 

Le suivi orthophonique est tout aussi important parce qu’il permet à l’enfant d’améliorer la parole. Souvent, la préparation à l’IC nécessite deux à trois mois de travail. Il est primordial de faire un suivi orthophonique dans une étape postopératoire et sur plusieurs années. 

Actuellement, un grand nombre d’enfants sont implantés sans toute cette démarche. Compte tenu de l’importance de la préparation de l’enfant ainsi que de la collaboration multidisciplinaire, M. Keyrouz a jugé important de présenter cette proposition de loi qui réglemente les différentes étapes par lesquelles doit passer l’implantation cochléaire qui doit être effectuée dans des centres spécialisés, autorisés par le ministère de la Santé, tenus de suivre toutes les étapes pré et postopératoires de cette procédure, « dans le but de protéger l’enfant et sa famille », précise le parlementaire sortant dans le document. Conformément à cette proposition de loi, une commission nationale chargée du contrôle des différentes étapes de l’implantation cochléaire sera formée.

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