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Nasrallah menace de recourir à la rue en cas de nouvelles taxes

Liban

"La menace la plus dangereuse pour la résistance, c'est le conflit interne", a mis en garde le secrétaire général du Hezbollah, lors d'un discours télévisé retransmis en direct à l'occasion d'une cérémonie partisane dimanche à Nabatiyé.

M.K. | OLJ
09/04/2018

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé dimanche que le Liban n'était pas en faillite pour le moment, mais qu'il pourrait l'être à l'avenir, brandissant la menace d'un recours à la rue en cas de nouvelles taxes sur les classes pauvres du pays.

"Nous sommes entrés dans une phase critique, et je joins ma voix aux responsables qui ont affirmé que le pays n'est pas en faillite", a affirmé le leader chiite, lors d'un discours télévisé retransmis en direct à l'occasion d'une cérémonie partisane dimanche à Nabatiyé, au Liban-Sud, dans un contexte électoral, alors que les législatives, les premières depuis 2009, doivent se tenir le 6 mai.

"Si le pays était en faillite, il y aurait eu des signes de cela, l’État se serait effondré. Mais si nous continuons de la sorte, comme nous l'avons fait par le passé au niveau des institutions publiques, nous irons sûrement à la faillite et vers une situation difficile", a prévenu le chef du Hezbollah.

"La dette (publique) actuelle s'élève à 80 milliards de dollars et j'entends dire qu'elle augmente chaque année. Ce qui est sûr, c'est que le service de la dette augmente. Après la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE) (qui s'est tenue à Paris), sachant que les prêts qui seront accordés au Liban s'évaluent à plus de 11 milliards de dollars, et en prenant compte le service de la dette, la dette publique s'élèvera à 100 milliards de dollars", a déploré Hassan Nasrallah.

La communauté internationale s'est engagée vendredi à mobiliser en faveur du Liban 10,2 milliards de dollars de prêts, dont 9,9 milliards à des taux bonifiés, et 860 millions de dollars de dons, destinés principalement à bonifier ces prêts, lors de la conférence de Paris. Celle-ci avait pour objectif d’œuvrer à la modernisation de l'économie du pays et au renforcement de sa stabilité, menacée par les crises régionales.

"Certains disent : +approuvons ce projet en faveur de telle personne, approuvons un autre projet parce qu'un certain pôle est en faillite et a besoin de liquidités+. Dorénavant, je vous dis que ceux qui tiennent de tels propos sont des traîtres au peuple libanais", a martelé le leader chiite.

"Je n'ai pas d'informations précises sur ce qui s'est passé à Paris, mais on parle de taxes et d'impôts. Toute nouvelle taxe contre les classes pauvres au Liban sont non discutables et doivent être catégoriquement rejetées. (...) Tant qu'il existe d'autres sources de recettes, la question des taxes ne doit pas être posée. Nous avons besoin de députés qui s'opposent catégoriquement à la mise en place de nouvelles taxes qui toucheraient les classes pauvres et celles à revenu limité. Nous allons faire face à toute nouvelle taxe contre ces classes-là. Nous n'allons pas nous contenter d'exprimer notre opposition au sein du Parlement. S'il le faut, nous aurons recours à la rue", a prévenu Hassan Nasrallah.

Il a toutefois fait savoir que sa formation ne comptait pas boycotter le gouvernement sous quelque condition que ce soit, affirmant que "les arrières de la résistances étaient exposés au niveau sécuritaire, financier et économique". "Nous ne voulons ni boycotter ni démissionner du gouvernement, et en cas de besoin, nous manifesterons dans la rue, car cela est un droit, même si nous faisons partie du gouvernement", a expliqué Hassan Nasrallah.

Le 29 mars, le Parlement avait adopté le budget pour l'année 2018. Onze députés du Hezbollah avaient boycotté le vote. Le déficit public s’élèvera à 4,8 milliards de dollars selon les prévisions du budget de 2018, en hausse de 28 % par rapport à un déficit de 3,75 milliards de dollars effectivement enregistré en 2017. Néanmoins, il est inférieur de 3,4 % par rapport aux estimations de la loi de finances de 2017 votée en octobre avec dix mois de retard par rapport aux délais constitutionnels. Aucune nouvelle taxe ne figure toutefois dans le budget de 2018.

Le 21 mars, lors d'un discours dans lequel il détaillait le programme électoral de son parti, Hassan Nasrallah avait appelé ses alliés et amis à "faire des concessions" en vue des prochaines élections législatives.

Le programme du Hezbollah est divisé en trois parties : les réformes politiques et administratives, les politiques économiques et les politiques sociales.


(Pour mémoire : Législatives : Nasrallah appelle ses alliés et amis à faire des concessions)


"Espoir et fidélité"
La circonscription du Sud III, qui comprend les trois cazas de Bint Jbeil, Nabatiyé et Marjeyoun-Hasbaya, reste le fief inébranlable du Hezbollah. Le parti chiite s'est allié au mouvement Amal et au Parti syrien national social (PSNS) en formant la liste "Espoir et fidélité". Les candidats sur cette liste sont : Ali Bazzi (chiite, Amal) ; Ali Fayad (chiite, Hezbollah) ; Ali Hassan Khalil (chiite, Amal) ; Anouar el-Khalil (druze, Amal) ; Assaad Hardane (grec-orthodoxe, Parti syrien national social) ; Ayoub Hmayed (chiite, Amal) ; Hani Kobeissi (chiite, Amal); Hassan Fadlallah (chiite, Hezbollah) ; Kassem Hachem (sunnite, Amal) ; Mohammad Raad (chiite, Hezbollah) et Yassine Jaber (chiite, Amal).

"Nous voulons tous, en votant, avoir de l'espoir et être fidèles. C'est ce que représente cette liste de candidats", a insisté Hassan Nasrallah, avant de s'arrêter sur l'importance du Parlement en tant qu'institution, tout en passant en revue les prérogatives de la Chambre.

"Nous devons aller voter, car si nous nous abstenons de le faire, nous manquons à notre devoir et à nos responsabilités, en laissant dans l'inconnu l'avenir des Libanais", a prévenu le dignitaire chiite. Il s'est ensuite arrêté sur la menace israélienne contre le Liban-Sud, en évoquant notamment le différend qui oppose le Liban à Israël en matière d'exploitation des hydrocarbures offshores.


(Pour mémoire : Nasrallah reprend ses attaques contre l’Arabie saoudite)


Conflit interne
Dans ce contexte, Hassan Nasrallah a affirmé que "la menace la plus dangereuse pour la résistance (le Hezbollah, ndlr), c'est le conflit interne". "Il y a une volonté de pousser l'armée libanaise à affronter la résistance. Ce n'est pas une illusion. (...) Aujourd'hui, il est question de cela. C'est pourquoi, nous devons renforcer politiquement la résistance, et cela se traduit par la nécessité d'une présence massive au Parlement des soutiens de la résistance. Ces soutiens doivent également être présents au sein du gouvernement et au niveau des présidences", a-t-il souligné. 

Sur le plan régional, le chef du Hezbollah a apporté son soutien aux Palestiniens de Gaza, au moment où ces derniers manifestent contre Israël qui riposte à balles réelles contre les manifestants à la frontière entre les deux territoires.

"Ce mouvement est une gifle à ce que certains qualifient de +deal du siècle+", a estimé le leader chiite, vraisemblablement en allusion à la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et de transférer le siège de son ambassade de Tel-Aviv vers la Ville sainte.

Au total, en incluant deux Palestiniens morts au cours de heurts distincts, le bilan des Palestiniens tués depuis le 30 mars est de 30, selon le ministère de la Santé à Gaza. Il n'y a eu aucune victime côté israélien.


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Bery tus

ya sayyed vous penser encore que les libanais sont des moutons !?! si ce que vous affirmiez avant passer .. maintenant c'est une autre paires de manche .. les libanais vont vous faire comprendre qu'il n'y aura plus de plebiscite a la résistance

Wlek Sanferlou

"Je n'ai pas d'informations précises sur ce qui s'est passé à Paris" et "et j'entends dire qu'elle augmente chaque année." ...
Hassan semble bien isolé ne recevant les infos que par bribes et miettes... Quel dommage. Quelqu'un devrait lui envoyé des vidéos, des photos et des rapports pour lui montrer ce que le pays est entrain de vivre. Même s'il blâme le.monde entier il comprendra que la façon avec laquelle il a contribué, avec tout nos illustres politiciens, a miné les structures de l'état au détriment de l'économie de l'éducation de l'avenir de ces jeunes qui n'ont plus d'options que de joindre sa milice pour aller se faire descendre en Syrie au lieu de se suicider par eux-mêmes.
Allah yisseiido et yisseiidna

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,ETERNEL BOYCOTTEUR MENACE AVEC LA RUE ! IL Y A DU PROGRES... IL NE MENACE PAS AVEC LES ARMES !

Irene Said

Et voilà notre grand Hassan Nasrallah qui refait ce qu'il sait le mieux faire, menacer:
"...s'il le faut, nous aurons recours à la rue...!"
Que faisaient ses ministres jusqu'à présent au gouvernement ?
Se sont-ils préoccupés du petit peuple et de son quotidien= 70% de chômage !
qui est le résultat de la situation économique catastrophique qui s'étend chaque jour à tous les domaines ?
Brusquement Hassan Nasrallah s'inquiète des "classes pauvres du pays" ?
Qu'il commence par diminuer sa milice armée pour et par une puissance étrangère.
Il pourra ainsi utiliser une partie de cet argent économisé pour justement relancer une partie de l'économie.
Alors...peut'être croirons-nous à ses bonnes intentions envers "ses frères libanais de la classe pauvre".
Il peut même, sans problèmes, commencer avant le 6 mai 2018 !
Irène Saïd

carlos achkar

Au lieu que Hassouna se soucie des pauvres, il devrait se soucier en 1er lieu de tous ces jeunes qu'il envoie mourir en Syrie.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AVEC LES CREDITS ET LES DONS CONSENTIS LES REFORMES DONT LES TAXES ET L,APPLICATION DE LA 1701 ET DE SES SUPPLETIFS SONT INEVITABLES ET FONT PARTIE INTEGRALE DE TOUT ACCORD... FAUT PAS REVER DU CONTRAIRE !

BOSS QUI BOSSE

Un autre que le chef de la resistance libanaise du hezb l'aurait dit, on aurait sauté de joie.

Dommage que se soit lui qui le dise , du coup plus personne ne bougera . Lol.

Yves Prevost

Le Hezbollah se soucie de l'Etat libanais, de la corruption, du bien-être des citoyens... On voit bien que nous sommes en période électorale !

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