Liban

Les voies du CPL et du Hezbollah divergent progressivement

Éclairage
27/03/2018

Des observateurs politiques ont désigné l’article paru aujourd’hui dans un média proche du Hezbollah, dont l’auteur a commenté le discours prononcé par le chef du CPL Gebran Bassil samedi lors de l’annonce des noms des candidats de son parti et de leurs alliés dans les différentes circonscriptions électorales, comme un « très long acte d’accusation », qu’il faut lier aux propos tenus par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, mercredi dernier, lorsqu’il avait annoncé le programme sur lequel son parti fonde sa bataille électorale.
Parallèlement, de sources proches du pouvoir de décision dans le pays, on présente le discours de Gebran Bassil au Forum de Beyrouth comme une feuille de route politique pour l’étape qui suivra les législatives.

Les deux visions d’avenir présentées par le CPL et le Hezbollah, à la faveur des législatives du 6 mai, ont ceci en commun qu’elles confirment l’éloignement entre les deux formations et laissent penser que la cohabitation au sein d’une même équipe gouvernementale après les élections pourrait ne pas être de tout repos, si les deux n’arrivent pas à trouver le moyen de repartir sur de nouvelles bases.

Dans son discours télévisé, Hassan Nasrallah avait adressé plusieurs messages implicites à Gebran Bassil et à son courant, lorsqu’il avait notamment « affirmé l’engagement du parti à ne pas s’impliquer dans des affaires de corruption et de gaspillage et à ne pas accepter des adjudications accordées de gré-à-gré ». Selon des observateurs, le soin pris par le leader du Hezbollah d’annoncer sa volonté de veiller personnellement à la lutte contre la corruption est considéré comme un signal adressé aussi bien au CPL qu’au courant du Futur, en réaction à leur alliance politique qui s’est exprimée sur le terrain électoral dans certaines circonscriptions.

(Lire aussi : Le Hezbollah et la priorité à la lutte contre la corruption...)


Partant de cette lecture du tableau politique, on estime de mêmes sources que la prochaine étape pourrait être marquée par une épreuve de force entre le parti fondé par le président Michel Aoun et la formation chiite. Le discours de Hassan Nasrallah révèle une donne nouvelle chez le Hezb qui ne semble plus en mesure de tolérer des critiques, même indirectes, de Saad Hariri, de Gebran Bassil ou d’autres, ou encore des campagnes contre son allié chiite, le président de la Chambre, Nabih Berry.


Le Hezbollah sera plus ferme avec ses alliés, notamment pour ce qui a trait à la question des armes, après l’engagement pris par le président Michel Aoun et le Premier ministre Saad Hariri de reprendre le débat autour de la stratégie nationale de défense, une fois les législatives terminées. Il considère que son rôle et son influence sont en jeu et ne tolérera pas une atteinte à la Résistance, quels que soient les prétextes, assure-t-on dans les milieux proches de la banlieue sud.


(Lire aussi : Quand le CPL et son chef voient grand...)



Le CPL en revanche considère que les législatives marqueront le début d’une nouvelle ère, ce qui a été clairement exprimé par M. Bassil lorsqu’il avait affirmé que « le premier gouvernement du mandat sera formé après les élections », puis à travers les messages qu’il avait également adressés au Hezbollah, au courant du Futur et aux Forces libanaises. Pour les aounistes, la formation du gouvernement sera le premier indicateur du changement et de la réforme qu’ils prônent. Celui-ci sera composé en fonction du principe selon lequel un député ne peut pas être en même temps ministre. Pour le parti de Gebran Bassil, l’application de non-cumul des deux fonctions n’a pas de besoin de loi. Le CPL envisage également de revenir à l’alternance au niveau de la distribution des portefeuilles, partant du principe que la répartition des ministères dits souverainistes entre les principales communautés est une hérésie introduite après la signature de l’accord de Taëf, mais dont l’origine reste pourtant inconnue pour tous ceux qui avaient participé aux négociations autour de cet accord.


(Lire aussi : Le CPL annonce ses listes électorales pour "un Liban fort")



Pour la formation aouniste, il est inconcevable que des portefeuilles soient réservés à des communautés déterminées. Leur répartition, avant Taëf, répondait, rappellent ses cadres, à des critères en rapport avec la spécialisation, les régions et la représentation politique. Il y a eu Kamal Joumblatt, Bahige Takieddine à l’Intérieur, Pierre Eddé, Hussein Oueini, Camille Chamoun et autres aux Finances, Saëb Salam, Rachid Karamé, Khatchig Babikian, Philippe Takla, Charles Malek aux Affaires étrangères, rappelle-t-on encore de mêmes sources, sans exclure la nomination de technocrates à des ministères dits de services pour éviter leur exploitation à des fins politiques.

La « feuille de route aouniste » prend pour point de départ la formation du gouvernement, mais devrait s’étendre à plusieurs autres dossiers politiques, économiques et administratifs, selon les mêmes sources. Dans les milieux proches de la banlieue sud, on assure que le tandem chiite n’a pas l’intention de renoncer à certains portefeuilles, comme les Finances, et n’écarte pas la possibilité de former une opposition au sein du pouvoir.


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Irene Said

Donc, si on comprend bien, brusquement Monsieur Hassan Nasrallah s'est découvert une fibre anti-corruption...à l'occasion des prochaines législatives !

Quelle chance nous avons:
1)plus de fonctionnaires à qui il faut donner des pourboires pour n'importe quelle formalité
2)les factures d'électricité seront payées par tous les membres de son parti, spécialement dans les régions qu'il "contrôle" et cela engendrera des rentrées spectaculaires pour l'EDL
etc. etc. la liste serait longue, nous la connaissons tous parfaitement !

Mais, dites-donc...comment cette fibre anti-corruption commence à vibrer seulement maintenant, alors que les ministres et députés du Hezbollah sont depuis quelques années en fonction ???
Irène Saïd

BOSS QUI BOSSE

Le hezb de la résistance libanaise est le seul parti INCORRUPTIBLE ET INCORROMPU DU PAYS .

JE RAPPELLE QUE J'AVAIS DEMANDÉ UN SEUL NOM D'UN CANDIDAT DE CE PARTI , JE DIS BIEN DU PARTI DU HEZBOLLAH , ET NON DES ALLIES OU SYMPATHISANTS, QUI POURRAIT COMPROMETTRE CE PARTI .

JE NE REÇOIS PAS DE NOMS PARCE QUE TOUT SIMPLEMENT IL N'EN EXISTE PAS . AUCUN MEMBRE DE CE PARTI NE POSSÈDE D'APPARTEMENT DE LUXE , NI DE VOITURES DE LUXE NI DE COMPTE EN BANQUE, NI D'ENFANTS ÉTUDIANT À L'ÉTRANGER.

TOUS LES AUTRES SANS AUCUNE EXCEPTION EN SONT TRUFFÉS.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PAR LA FORCE DES CHOSES ET DES NOUVELLES DONNES INTERNATIONALES ET REGIONALES, EN PLUS DES LOCALES, LE PARAVENT VA S,ECLIPSER PETIT A PETIT ET BIEN VITE EXPOSANT CEUX QUI SE CACHAIENT A SON OMBRE !

gaby sioufi

Ils sont tous les 2 asses malins et surtout assez objectifs pour finir par agreer a des compromis/compromissions .
faut pas trop esperer , au contraire faut craindre une main-mise encore plus ouverte et assuree, de part et d'autre

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