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Moyen Orient et Monde

Le sort d’Idleb et de ses jihadistes sera dicté par la stratégie d’Ankara

Syrie

La Turquie, qui cherche à éviter un nouvel afflux de réfugiés sur son territoire, devra s’impliquer davantage militairement dans le conflit pour contrecarrer les convoitises de Bachar el-Assad sur la province rebelle.

OLJ
30/03/2018

Le sort d’Idleb, dernière province en Syrie dominée par les jihadistes, sera en grande partie déterminé par l’attitude de la Turquie, engagée dans une consolidation de sa sphère d’influence dans le Nord-Ouest syrien. Pour conforter cette stratégie, Ankara va devoir défaire ces jihadistes, mais aussi contrecarrer les convoitises du régime de Bachar el-Assad et de son allié russe, et ainsi s’impliquer encore davantage militairement dans le conflit, expliquent des experts.
À ce jour, le groupe jihadiste Hay’at tahrir el-Cham, où prédomine l’ex-branche syrienne d’el-Qaëda (le Front al-Nosra), contrôle près de 60 % de la superficie de la province d’Idleb, frontalière de la Turquie, où vivent plus de 2,5 millions de personnes – dont une moitié de déplacés. Une mosaïque de groupes rebelles, engagés dans des luttes intestines, y maintient aussi une présence qui a été dernièrement renforcée par l’arrivée de milliers de combattants ayant évacué la Ghouta orientale, ex-bastion insurgé aux portes de Damas. Bien qu’Idleb fasse partie depuis septembre 2017 des zones dites de « désescalade », le régime de M. Assad, qui a promis de reconquérir « chaque centimètre carré » de territoire, a repris en décembre aux jihadistes quelque 400 villages et localités dans le sud-est de la province. Il a été appuyé dans cet objectif par des frappes aériennes de l’indéfectible allié russe.

Zone tampon
« Les pires ennemis d’Assad sont rassemblés dans cette province, et la Russie pourrait être tentée de donner son feu vert à une offensive du régime contre Idleb », souligne Nicolas Heras, du Center for New American Security. Mais le risque serait alors grand de susciter le courroux d’Ankara, soutien de la rébellion, qui accueille déjà plus de 3,5 millions de réfugiés syriens et qui veut empêcher un nouvel afflux sur son territoire en cas d’assaut du régime contre la région, estiment des analystes. « La Turquie a besoin d’Idleb comme d’une zone tampon. Si Assad tente de reprendre Idleb, ce sont des centaines de milliers de personnes, au minimum, qui seront déplacées. La Turquie souhaite au contraire renverser l’exode en cours et réinstaller les Syriens en Syrie », poursuit Nicolas Heras. Cela serait donc une « motivation » suffisante pour « pousser la Turquie à administrer Idleb, et, si nécessaire, utiliser des forces turques pour faire rempart à Assad », dit-il.
La Turquie est déjà engagée sur le sol syrien : elle a lancé en janvier une offensive contre Afrine afin d’en déloger les combattants des Unités de protection du peuple (YPG), milice kurde considérée par Ankara comme un groupe « terroriste », mais alliée cruciale de Washington dans la lutte contre le groupe État islamique.
À Idleb, Ankara se contente pour le moment d’encourager les groupes rebelles qu’il soutient à s’unir face à Hay’at tahrir el-Cham. Il a notamment parrainé la fusion, en février, de deux groupes insurgés, les salafistes d’Ahrar el-Cham et les islamistes de Noureddine el-Zinki, les deux principales formations rebelles non jihadistes à Idleb, en un Front syrien de libération. Cette alliance est dirigée contre Hay’at tahrir al-Cham, qui a perdu face à elle, il y a quelques semaines, les localités de Ariha et Maarret al-Noomane. Les défaites infligées à Hay’at tahrir al-Cham « ont brisé son aura militaire » et l’image d’une « force invincible qui terrorise les autres factions », estime Haid Haid, chercheur au Centre international d’étude de la radicalisation (ICSR) du King’s College de Londres.

Structure politico-sociale
Mais ces revers sont loin de représenter un tournant, car le groupe jihadiste ne tire pas son pouvoir de ses seules capacités guerrières, mais aussi de sa structure politico-sociale. Hay’at tahrir al-Cham a ainsi implanté un gouvernement du salut, qui tente d’assujettir les comités locaux déjà en place ainsi que les infrastructures civiles de la zone. Ce gouvernement contrôle déjà largement les principales sources de revenus du secteur en collectant des droits de douane à la frontière avec la Turquie et en imposant des impôts aux commerçants.
 « L’organisation contrôle les zones les plus vitales, dont la bande frontalière avec la Turquie, ainsi que la ville d’Idleb, le chef-lieu », détaille Sam Heller, analyste à l’International Crisis Group (ICG). Dans un rapport publié en février, l’ICG soulignait l’impact de cette puissance économique : « Hay’at tahrir al-Cham est le joueur le plus influent à Idleb, mais aussi le principal pourvoyeur d’emplois et de revenus » pour les habitants.
Vaincre définitivement le groupe jihadiste ne sera donc pas forcément à la portée des groupes rebelles. « Seule la Turquie pourra trancher net cette question sur le plan militaire » en déployant ses propres troupes, selon Nicolas Heras. Au risque pour Ankara de se voir entraîné encore plus profondément dans le conflit syrien.
Layal ABOU RAHAL/AFP

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AIGLEPERçANT

Wow wow wow ...... WAIT à minute. .. C'est la Turquie qui doit empêcher les forces du gouvernement et de l'autorité syrienne de convoiter un territoire syrien ?????????????????????????????

Ça va pas la tête ou quoi ???????????

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