Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

La podologie, pour démarrer… du bon pied

27/03/2018

La podologie est une science médicale qui concerne l’étude, la prévention, le diagnostic et la prise en charge appropriée des pathologies du membre inférieur, pied et cheville inclus. Soins de premier recours, la podologie prend en compte les problèmes et les douleurs liés à cette partie du corps. 

« Le pédicure-podologue intervient pour traiter les petites affections dont peuvent souffrir les personnes qui viennent le consulter (durillon, verrue, cor ou encore ongle incarné). Au début de chaque consultation, il procède à un examen clinique, puis décide d’entreprendre le traitement thérapeutique le plus adapté aux besoins du patient : extraction, prélèvement, massage… Pour traiter les zones les plus fragiles, il est parfois amené à utiliser un bistouri. Le pédicure, lui, s’occupe uniquement des soins des pieds », explique Toni Chamaa, pédicure-podologue.

« À un autre niveau, le pédicure-podologue réalise ou prescrit des semelles orthopédiques destinées à corriger certains problèmes d’équilibre ou troubles statiques afin de soulager certaines douleurs articulaires, ainsi que des malformations telles que les pieds plats, pieds bots... Chaque semelle est adaptée à la morphologie du pied du patient. Le professionnel peut combiner son métier de pédicure-podologue avec celui de posturologue, indique le spécialiste. Enfin, le pédicure-podologue joue un rôle de prévention essentiel en conseillant et en éduquant ses patients. Il peut notamment donner des exercices à faire pour poursuivre à la maison le travail qu’il réalise en cabinet. »

« Dans le contexte de certaines maladies, telles que le diabète ou l’artérite, la podologie permet de prévenir la complication de cors ou de plaies, relève Toni Chamaa. Chez le sportif, certaines activités multiplient les risques de pathologies de l’appareil locomoteur et devraient inciter à une consultation systématique des podologues. »

« Par ailleurs, ces derniers sont également sollicités pour intervenir auprès des patients qui sont en phase de rééducation fonctionnelle, après une opération. Ils s’occupent plus spécifiquement de la rééducation du pied et de l’équilibre. L’exercice de la podologie exige à la fois des connaissances approfondies en anatomie et biomécanique humaine ainsi qu’en nouvelles technologies », ajoute M. Chamaa.

Comment devenir pédicure-podologue ?

À ce jour, les facultés libanaises manquent de diplômes d’études supérieures dans ce domaine. En France, pour postuler, il faut être titulaire du baccalauréat (S de préférence) ou d’une équivalence, ou alors justifier de cinq ans d’activité professionnelle. La formation pour devenir podologue dure 3 ans. Elle est validée par le diplôme d’État de pédicure-podologue. L’admission se fait sur base d’un concours très sélectif, comptant 15 % d’admis en moyenne.

Ce diplôme, obligatoire pour pouvoir exercer, se prépare au sein de l’un des dix instituts spécialisés agréés par le ministère français de la Santé, dont trois sont publics (à Bordeaux, Marseille et Toulouse).

La formation allie enseignements théoriques et pratiques. Les aspects pratiques représentent plus de la moitié du programme. L’enseignement porte sur l’anatomie et la physiologie des membres inférieurs, la pathologie statique du pied, les soins en pédicurie, l’appareillage... À l’issue de ces trois années de formation, les candidats se présentent aux épreuves du diplôme d’État français de pédicure-podologue délivré par la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS).

Compétences et qualités requises

Outre des connaissances approfondies en anatomie et biomécanique humaine, le pédicure-podologue doit avoir des gestes sûrs et précis, faire preuve de minutie, de délicatesse et d’empathie face à un patient qui souffre.

En tant que professionnel de santé, il doit être doté d’un bon relationnel pour mettre en confiance ses patients, se montrer persévérant et être à leur écoute. Pour s’occuper des pieds, il doit être soigneux et méticuleux, posséder une bonne habileté manuelle et être observateur, notamment lorsqu’il étudie la posture de ses patients.

Dans la mesure où le pédicure-podologue est également orthoprothésiste et orthésiste, il doit disposer de bonnes compétences manuelles et techniques pour confectionner des semelles orthopédiques à la fois discrètes, pratiques et efficaces. Enfin, il doit posséder une résistance physique suffisante et savoir s’organiser pour recevoir des patients tout au long de la journée tout en restant concentré et précis.

En dernier lieu, le pédicure-podologue doit être un bon gestionnaire capable de diriger correctement son cabinet.

Les débouchés

La plupart des pédicures-podologues travaillent en libéral, dans des cabinets en ville, souvent en association avec un confrère ou d’autres professionnels de la santé. Les débouchés principaux se situent dans les grandes agglomérations.

Les pédicures-podologues peuvent également pratiquer des interventions à domicile, notamment chez les personnes âgées, ou en maison de retraite. Ils gagneront souvent à travailler dans un cabinet pluridisciplinaire ou dans un centre de soins avec d’autres professionnels de santé, tels que les kinésithérapeutes et les infirmiers.

Après plusieurs années d’expérience, un podologue peut se spécialiser dans un type de pathologie : traumatologie, rhumatologie, par exemple. Il peut aussi devenir posturologue. S’il est en plus orthopédiste, il pourra non seulement prescrire, mais également confectionner lui-même les prothèses et semelles orthopédiques nécessaires aux patients.

Après avoir acquis une certaine expérience en tant que pédicure-podologue, soit en cabinet libéral soit dans un établissement hospitalier (dans des services de gériatrie, de rhumatologie, de rééducation ou de diabétologie, au sein d’équipes pluridisciplinaires), il pourra préparer le diplôme de cadre de santé qui lui permettra d’accéder à un poste d’encadrement dans un service hospitalier et de devenir également enseignant-formateur en pédicurie-podologie.

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