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Syrie

L’armée turque demande aux Kurdes de Afrine de déposer les armes

Près de 80 morts dans la Ghouta orientale, les civils fuient en nombre.

Des civils syriens évacués des quartiers rebelles de la Ghouta, hier, désormais sous le contrôle du régime. Louai Beshara/AFP

L’armée turque a largué des tracts hier au-dessus de Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, pour demander aux combattants kurdes de se rendre après une nuit d’intenses bombardements qui ont accéléré la fuite des habitants de la principale ville de l’enclave kurde.
Ces bombardements ont fait au moins 27 morts et poussé 2 500 habitants à fuir Afrine en direction de Noubl et al-Zahra, deux villages chiites restés fidèles au président syrien Bachar el-Assad, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Selon une porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) en Syrie, Linda Tom, les combats dans la région de Afrine ont déplacé 48 000 personnes au cours des derniers jours.

L’autorité civile kurde qui gère la municipalité de Afrine a accusé hier la Turquie d’avoir intensifié délibérément ses raids aériens et ses tirs d’artillerie pour contraindre les habitants à fuir. « Des dizaines de milliers de civils ont été forcés à fuir pour échapper à la mort qui les attendait eux et leurs enfants, a-t-elle dit dans un communiqué. L’ampleur de la tragédie humanitaire dépasse les moyens de notre administration. » Selon l’autorité kurde, la principale alimentation en eau de Afrine a été coupée par les bombardements.
Une porte-parole du Conseil des droits de l’homme de l’ONU a fait état d’ « informations très alarmantes » sur des civils tués ou blessés par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie, mais aussi empêchés de quitter Afrine par les combattants kurdes.
Près de deux mois après le début de son opération « Rameau d’olivier » en Syrie, l’armée turque, appuyée par des rebelles syriens, a parachevé en début de semaine l’encerclement de la ville et ses abords immédiats.
 « Le problème a été largement réglé, a déclaré hier le président turc Recep Tayyip Erdogan. Nous sommes proches de la fin à Afrine. »
Pour éviter d’avoir à s’engager dans un difficile combat de rue, l’armée d’Ankara espère désormais obtenir la reddition de ses défenseurs kurdes.


(Pour mémoire : Les civils quittent en masse Afrine assiégée par les forces turques)

Ghouta
Parallèlement, près de 80 civils ont péri hier dans des frappes aériennes sur les zones rebelles assiégées de la Ghouta orientale, où les habitants continuent de fuir par centaines l’offensive dévastatrice du régime syrien, qui veut reconquérir totalement cette région.
À la faveur d’un assaut lancé le 18 février, le pouvoir de Bachar el-Assad a repris 70 % de cet ultime bastion insurgé aux portes de Damas, s’est félicitée hier l’armée syrienne, exhortant les habitants des zones rebelles à fuir via des « couloirs sécurisés ».
Au moins 1 346 civils, dont 270 enfants, ont été tués et des milliers blessés en près d’un mois de bombardements, selon un dernier bilan de l’OSDH.
En dépit des condamnations et des appels à un cessez-le-feu, principalement des Occidentaux, le régime, aidé militairement par Moscou, poursuit son opération, dans un pays ravagé depuis sept ans par une guerre qui a fait plus de 350 000 morts.
Hier, 76 habitants de la Ghouta orientale ont été tués, principalement dans des raids sur Saqba et Kfar Batna, selon l’OSDH, qui a attribué les frappes à l’aviation russe.
Le ministère russe de la Défense a toutefois catégoriquement démenti hier, assurant que son aviation n’avait « aucune mission militaire » dans la Ghouta orientale.

Critiques
Devant la progression des troupes gouvernementales, près de 2 000 civils ont fui les localités du sud de l’enclave, n’ayant d’autres choix que de rejoindre les secteurs sous contrôle du régime, malgré la crainte de représailles, selon l’Observatoire. La veille, quelque 20 000 habitants étaient sortis de la Ghouta, selon l’OSDH. L’ambassadeur syrien à l’ONU, Bachar el-Jaafari, a, lui, évoqué le chiffre de 40 000.
Pour reprendre totalement le bastion rebelle d’où des obus sont tirés sur la capitale Damas, le régime a morcelé la région pour isoler les territoires et affaiblir les rebelles.
Les forces du régime ont repris hier le contrôle total de la localité de Hammouriyé, au lendemain d’une contre-offensive de rebelles et de jihadistes, selon l’OSDH.
Après les critiques des États-Unis contre le rôle de Moscou, accusé d’être « moralement complice et responsable des atrocités d’Assad », le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé en retour les Occidentaux de chercher à « préserver le potentiel militaire des terroristes » en Syrie. Pour Moscou et Damas, tous les opposants armés anti-régime syrien sont des « terroristes ».


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