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Déluge de feu sur la Ghouta orientale : plus de 220 morts en quatre jours

Syrie

Sur un autre front de la guerre, la coalition internationale menée par Washington a affirmé avoir tué au moins 100 combattants prorégime dans l'est syrien en riposte à une attaque contre ses alliés. Le régime a qualifié ces frappes de "crime de guerre".

OLJ/AFP
08/02/2018

Les avions du régime en Syrie ont déversé jeudi leurs bombes sur le fief rebelle de la Ghouta orientale, où plus de 220 civils ont péri en quatre jours de frappes incessantes, l'un des bilans les plus meurtriers dans cette région en sept ans de guerre.

D'une rare intensité, ces bombardements ont touché depuis lundi diverses localités de la vaste région de la Ghouta orientale où sont assiégées quelque 400.000 personnes depuis 2013, alors que la communauté internationale reste impuissante face à ce conflit dévastateur.

Sur un autre front de la guerre, la coalition internationale menée par Washington a affirmé avoir tué au moins 100 combattants prorégime dans l'est syrien en riposte à une attaque contre ses alliés dans le combat antijihadistes. Le régime syrien a qualifié ces frappes de "crime de guerre".

Dans ce contexte de regain de violence meurtrière, le Conseil de sécurité de l'ONU tenait une réunion à huis clos, jeudi, pour discuter d'une trêve humanitaire d'un mois réclamée par les représentants d'agences de l'ONU selon lesquelles plus de 13 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire pour survivre en Syrie.

Hostiles au régime de Bachar el-Assad, soutenu militairement par la Russie, les Etats-Unis ont dit "soutenir" l'appel de l'ONU à cette trêve en affirmant que les attaques contre les civils "doivent cesser immédiatement". En revanche, la Russie, qui soutient militairement le régime syrien, a jugé par la bouche de son ambassadeur à l'ONU Vassily Nebenzia qu'une telle trêve n'était "pas réaliste".

Entretemps, les civils continuent de payer un lourd tribut dans cette guerre déclenchée le 15 mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques avant de se complexifier avec l'implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes.

Depuis lundi, 226 civils dont 58 enfants ont péri dans le déluge de feu déversé par le régime sur la Ghouta orientale, proche de Damas, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des centaines d'autres ont été blessés alors que secouristes et médecins sont débordés. Jeudi, 73 civils ont péri sous les bombes de l'armée de l'air qui ont par ailleurs provoqué d'énormes destructions, a précisé l'ONG.


(Lire aussi : Damas veut en finir à tout prix avec les derniers bastions rebelles)


"Quatre pires journées"
Selon des témoins, la situation est catastrophique dans la Ghouta orientale, alors que le conflit a fait depuis son déclenchement plus de 340.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

"Il s'agit des quatre pires journées qu'ait connues la Ghouta orientale" depuis le début de la guerre en 2011, a déclaré à l'AFP Hamza, un médecin qui traitait des blessés dans une clinique d'Arbine. "La Ghouta n'a jamais été la cible de bombardements aussi intensifs". 
Il a décrit des enfants en état de choc transportés à la clinique et qui, malgré leurs blessures, ne pleuraient même pas.  "Comme médecin, la chose la plus difficile est de devoir secourir vos proches, vos collègues et vos voisins", a-t-il lâché.

A Jisrine, des bombes sont tombées près d'une école, sur un marché et près d'une mosquée, selon un correspondant de l'AFP sur place. Des secouristes ont ensuite accouru pour sortir trois enfants et une femme des décombres.
"Les enfants sont affamés, bombardés et piégés. Le siège signifie qu'ils n'ont nul part pour fuir", a dit Sonia Khush, responsable de Save the Children pour la Syrie. "Il faut arrêter immédiatement les combats et lever le siège".
"La Ghouta orientale connaît un siège digne du Moyen Age, c'est totalement inacceptable", a dit l'ambassadeur français à l'ONU François Delattre. "Nous sommes maintenant de retour aux heures les plus sombres du conflit (...)".

Selon l'agence officielle Sana, deux civils ont péri à Damas, bastion du régime, dans des tirs d'obus, dans une apparente riposte des rebelles.


(Lire aussi : Attaques chimiques en Syrie : le piège des lignes rouges)



100 combattants prorégime tués 
Les violences on également fait rage dans l'est de la Syrie, où la coalition internationale a mené dans la province de Deir ez-Zor des frappes contre des combattants alliés au régime pour repousser une attaque contre le QG des Forces démocratiques syriennes (FDS), ses alliés, selon un responsable du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient.

Des conseillers de la coalition se trouvaient sur les lieux au moment de l'attaque dans la région de Khasham, a-t-il précisé. "Nous estimons que plus de 100 membres des prorégime ont été tués" dans les frappes et les combats avec les FDS et les forces de la coalition.
Ces combats, parmi les plus meurtriers entre les deux camps, ont eu lieu sur fond de tensions croissantes entre le régime  syrien et les Etats-Unis qui l'accusent de recourir aux armes chimiques.

Deux offensives distinctes contre les derniers combattants du groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie ont lieu à Deir ez-Zor: l'une menée par les forces du régime et leurs alliés et l'autre par les FDS aidées de la coalition.

Enfin, la Turquie, dont l'armée mène une offensive dans le nord syrien frontalier contre une force kurde qualifiée de "terroriste", a annoncé qu'elle allait accueillir à une date non précisée un sommet avec la Russie et l'Iran, un autre allié du régime syrien.



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