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Économie

Moody’s anticipe près de 3 % de croissance au Liban en 2018

Conjoncture

L'agence de notation américaine énumère toutefois plusieurs facteurs qui peuvent pénaliser l'économie du pays du Cèdre cette année.

P.H.B. | OLJ
17/01/2018

Moody's a affirmé s'attendre à ce que le PIB libanais affiche une croissance de 2,8 % en 2018, dans son dernier rapport publié hier sur les perspectives économiques pour l'année en cours dans les pays du Levant et d'Afrique du Nord. Une prévision en légère baisse par rapport à celle précédemment effectuée par l'agence de notation financière, qui tablait jusqu'ici sur une croissance de 3 %, mais qui reste plus élevée que les 2,2 % annoncés par la Banque mondiale, il y a moins d'une semaine. Cette dernière avait en outre estimé que le PIB libanais avait affiché une croissance de 2 % en 2017.

 

(Pour mémoire : Fitch : La démission de Saad Hariri augmente les risques économiques)

 

 

Hausse des taux d'intérêt
Selon Moody's, qui avait abaissé en août la note souveraine du pays du Cèdre d'un cran de B2 à B3, tout en relevant sa perspective de « négative » à « stable », l'économie libanaise devrait bénéficier de la « dynamique de croissance globale » qui se manifeste au niveau régional. Cette tendance est notamment marquée, selon le rapport, par « des réformes structurelles en cours » ainsi que « la réouverture progressive des routes commerciales » dans des zones en proie à des troubles politico-sécuritaires ces dernières années et qui sont en phase de désescalade progressive. Des conditions qui permettent à Moody's de miser sur une « stabilité » des perspectives accolées aux notes souveraines des pays de la région. L'agence ajoute, en outre, que le prix du pétrole devrait évoluer en 2018 dans une fourchette allant de 40 à 60 dollars.

L'agence de notation souligne toutefois le risque que la croissance libanaise soit affectée par les répercussions des tensions régionales existantes, ainsi que par les handicaps structurels qui pénalisent l'économie du pays. Une situation que le Liban partage notamment avec la Tunisie (dont la croissance devrait atteindre 2,8 % en 2018 selon Moody's) ou encore la Jordanie (+2,5 %).

L'agence signale également que le Liban figure, comme l'Égypte (+5 % de croissance en 2018) ou la Jordanie, parmi les pays qui sont « fortement endettés » et qui doivent composer avec un « des taux élevés de refinancement de leur dette ». Une configuration qui pourrait accentuer la hausse des taux d'intérêt au courant de l'année, note encore l'agence. Moody's ajoute que le Liban fait partie des pays, avec l'Égypte et la Tunisie, qui auront des difficultés à réduire leur déficit public. La dette publique libanaise a atteint, quant à elle, 78,2 milliards de dollars à fin septembre 2017 (+ 4,6 % en un an), pour un ratio dette/PIB proche de 150 %.

Dans son édition de novembre, Le Commerce du Levant avait indiqué que, selon le ministère des Finances, le budget pour 2017 – adopté en octobre – avait tablé sur un déficit record de 4,97 milliards de dollars, contre 4,94 milliards de dollars en 2016. Pour mémoire, le Liban a adopté en octobre, avec dix mois de retard sur le calendrier constitutionnel, son premier budget en douze ans. Le dernier budget voté par le Parlement remontait alors à 2005, tandis que le dernier bilan voté était celui de l'exercice 2003 (voté en 2005), un retard essentiellement lié à des tensions politiques.

Moody's note enfin que le déficit de la balance courante du pays du Cèdre – qui représente le solde des flux monétaires d'un pays liés aux échanges internationaux – devrait « représenter entre 16 et 17 % du PIB sur les deux prochaines années », notamment en raison du poids que fait peser sur l'économie la présence massive de réfugiés sur le territoire. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), un peu moins d'un million de réfugiés syriens étaient toujours installés au Liban fin novembre 2017, un chiffre en nette baisse par rapport au pic de 1,5 million depuis le début du conflit dans ce pays.

Lundi, le Premier ministre Saad Hariri a communiqué sur les grandes lignes d'un programme préparé par le gouvernement et dédié au développement des infrastructures du pays. M. Hariri a estimé que la mise en œuvre de ce programme doté d'une enveloppe de 16 milliards de dollars devrait permettre au Liban d'afficher une croissance de 7 %. Le Premier ministre a également assuré que le gouvernement ira à la conférence du Cèdre, qui devrait se tenir à Paris en avril – pour soutenir le pays – avec un programme d'investissement clair et des objectifs définis.

 

Pour mémoire

La démission de Hariri inquiète Moody's, les banques restent sereines

 

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