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La Dernière

Les douces initiatives de Khaled Kara et Nour Ramlaoui

Papilles
11/01/2018

Khaled Kara a travaillé chez Disney avant d'ouvrir il y a un peu moins de dix ans sa pâtisserie « Gustav » à Hamra. C'est sans doute pour cela que ses gâteaux ressemblent à des pièces sorties directement de films pour enfants. Il mise sur le goût et la texture, certes, mais aussi sur les formes et les couleurs, et crée des gâteaux multicolores ou au chocolat décorés, selon l'humeur du chef et le désir des clients, avec des vermicelles fantastiques.

Pourtant, rien ne prédestinait Khaled Kara à une carrière dans la pâtisserie, même s'il a la « tête et le sourire de l'emploi ». Ayant grandi entre le Liban, la France et les États-Unis, il a suivi des études d'ingénieur agricole à l'Université américaine de Beyrouth avant de repartir pour l'Amérique travailler dans le domaine du marketing. C'est à Disney qu'il fait ses armes, en collaborant dans la production de nombreux films, parmi lesquels Le Bossu de Notre-Dame, Mulan et Toy Story.

Cinq ans plus tard, il quitte la firme américaine, s'installe dans le sud de la France et devient consultant auprès de diverses compagnies italiennes de meubles. Durant ses heures libres, il suit des cours de cuisine et va même jusqu'à effectuer un stage derrière les fourneaux d'un grand hôtel parisien. Officiellement, et le plus sérieusement du monde, il poursuit sa carrière, le reste du temps, il se plaît à développer son goût pour la cuisine. Et après l'Italie, il travaille avec des firmes turques puis prend en charge plusieurs projets à Dubaï. C'est là qu'il rencontre Nour Ramlaoui qui vient d'une famille de pâtissiers de Saïda. Connus depuis des générations dans le monde de la pâtisserie orientale, les Ramlaoui ont inventé, entre autres, la « Fayçalié », une pâtisserie à base de pistaches, en l'honneur du roi Fayçal d'Irak lors d'une de ses visites au Liban.

Ontornet
Nour Ramlaoui, qui a bien évidemment baigné dans les douceurs orientales depuis son plus jeune âge, s'est spécialisé dans l'art de la pâtisserie et du chocolat en Suisse durant quatre ans. « J'avais envie de donner libre court à ma créativité, ce que la pâtisserie orientale ne permet pas », dit-il. Avant de rejoindre une compagnie française à Dubaï, il s'embarque à bord d'un bateau de croisière où il se charge de préparer tous les jours des desserts à 3 000 vacanciers, en privilégiant la variété. Se réinventer au quotidien, « un véritable défi ». « Il fallait aussi prévoir tous les produits nécessaires durant les longues semaines où le bateau est en mer. Sinon il fallait faire preuve de grande créativité si un ingrédient venait à manquer », raconte-t-il.

Lorsque Khaled Kara lui propose d'ouvrir une pâtisserie à Beyrouth, c'est sans hésiter qu'il accepte. Les deux hommes ont cette même envie de rentrer au pays, de contribuer à leur niveau à un changement. La pâtisserie « Gustav », avec son minisalon de thé, voit le jour en 2008.

Khaled Kara est ouvert aux nouveautés et aux idées. Il s'implique souvent dans la vie citoyenne de Beyrouth. Ainsi, à partir de fréquentes réunions à « Gustav », un mouvement de jeunes a vu le jour il y a quelques années, le premier concernant ce sujet, baptisé « Ontornet » (un jeu de mots autour pour attend internet). En participant à des manifestations, les activistes ont réclamé un internet plus rapide au Liban.

Également très sensible à l'environnement, lors de la crise des déchets en 2015, il lance une idée : « Chaque client qui vient avec son propre conteneur, que ce soit un bocal, une boîte en plastique ou un plateau bénéficie de 10 % de réduction sur les gâteaux qu'il achète. Les rues étaient jonchées d'ordures, même, parfois, parmi les poubelles, je voyais des boîtes portant notre label. Je ne voulais pas contribuer à la pollution déjà énorme de la ville. »

Khaled Kara se lance à fond dans tout ce qu'il entreprend. Et c'est avec beaucoup de passion qu'il soutient la liste municipale de Beyrouth Madinati au point de penser mettre la clé sous la porte quand son choix de candidats perd les élections en 2016. C'est simple, Khaled Kara rêve de changement, d'un pays plus humain, plus moderne. Pour le moment, il lance ses initiatives citoyennes dans Hamra et continue à fabriquer des « innovations sucrées ».

 

 

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