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Économie

Tourisme : une saison des fêtes déjà décevante

Liban

Malgré un nombre de visiteurs globalement en hausse sur l'année, les performances du secteur en fin d'année ont été partiellement plombées par les tensions diplomatiques.

Sunniva Rose | OLJ
29/12/2017

À Beyrouth, les embouteillages ont redoublé d'intensité et les centres commerciaux sont pleins à craquer. Comme chaque année, la période des fêtes de fin d'année coïncide avec le retour en masse des Libanais de la diaspora.

Mais les apparences sont trompeuses. Les professionnels du secteur touristique ont beau se féliciter d'un été réussi – le meilleur en 5 ans, selon le secrétaire général du syndicat des hôteliers, Wadih Kanaan – la vraie-fausse démission du Premier ministre le 4 novembre dernier a envoyé une onde de choc dans toute la région et mis fin à cette embellie. L'annulation de cette décision un mois plus tard n'a pas permis aux hôtels et aux restaurants d'engranger les recettes espérées. Les chiffres les plus révélateurs sont ceux du nombre de vols au départ et à l'arrivée de l'aéroport international de Beyrouth. Selon Jean Abboud, président de l'Association des agences de voyages au Liban, leur nombre a stagné, alors qu'il avait augmenté à la même période de l'année dernière. « Hors période des fêtes, il y a 65 vols par jour. En décembre 2016, la fréquence était de 85 vols par jours. Cette année, nous sommes restés à 65 », explique-t-il à L'Orient-Le Jour. « L'année était bonne, et même meilleure que 2016, jusqu'à la démission du Premier ministre, Saad Hariri. Globalement, la performance du secteur touristique en 2017 devrait donc rester à peu près égale à celle de 2016. »

 

(Pour mémoire : Période des fêtes : les professionnels du tourisme optimistes)

 

Baisse des dépenses
Point positif, les arrivées de touristes sont en hausse. Les professionnels du secteur misent sur 1,9 million de touristes au total en 2017, contre 1,7 million l'année dernière. Un chiffre cependant inférieur à celui annoncé par le ministre du Tourisme, Avédis Guidanian, en avril dernier, lorsqu'il avait déclaré que le Liban accueillerait « plus de 2 millions de touristes » en 2017. À fin septembre, le ministère en avait recensé 1,4 million. Un tiers d'entre eux détiennent des passeports européens, et environ 30 % sont des ressortissants de pays arabes. Le plus gros contingent de touristes reste les Irakiens (12,3 % du total). « Ce sont les Irakiens, les Jordaniens et les Égyptiens qui font la différence dans les chiffres », souligne M. Abboud.

Les touristes du Golfe, dont le secteur touristique est friand du fait de leurs dépenses élevées, se sont faits rares. La démission de Saad Hariri depuis Riyad a mis un frein à tout signe de retour, et ce malgré le réchauffement des relations entre le Liban et les pays du Golfe suite à la visite en janvier du président Michel Aoun à Riyad et à Doha. De leur côté, les Libanais dépensent moins. Selon M. Kanaan, ils représentent 70 % des clients des hôtels, et « leur pouvoir d'achat est moins élevé que l'année dernière ».

Certains secteurs ont souffert plus que d'autres de cette réduction des dépenses, notamment les restaurants haut de gamme ainsi que les boîtes de nuit, note Tony Ramy, président du syndicat des propriétaires de restaurants, boîtes de nuit et cafés. Même si les chiffres exacts concernant les périodes des fêtes n'ont pas encore été publiés, M. Ramy affirme que les dépenses totales ont reculé de 30 à 40 % cette année. À fin septembre, les visiteurs saoudiens et émiratis représentaient tout de même la plus grande part des dépenses touristiques au Liban, absorbant à eux deux 27 % du total des dépenses détaxées, selon Global Blue, une société suisse spécialisée dans la restitution de la TVA sur les achats.

D'autres raisons, moins politiques, ont également contribué à détourner les touristes de certaines régions.
D'après M. Kanaan, les embouteillages monstres en direction du Nord à Nahr el-Kalb ont pris une telle ampleur que les hôtels locaux perdent en clientèle. La fin des travaux du port touristique de Jounieh fait partie des solutions proposées « pour réactiver le tourisme », souligne-t-il. Mais la première pierre a seulement été posée en décembre 2016, et aucune date de fin des travaux n'a été annoncée. La saison a également mal commencé pour certains hôtels en montagne. À Noël, peu de neige est tombée, ce qui a retardé le début de la saison de ski, selon plusieurs professionnels du secteur contactés par L'Orient-Le Jour.

 

 

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Tony Ramy : Baisse de 30 à 40 % des dépenses pendant les fêtes

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Antoine Sabbagha

Avec toutes nos crises politiques , heureusement que nos parents viennent ou osent encore nous visiter .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POURQUOI COMPTE-T-ON LES LIBANAIS DE LA DIASPORA RECENTE QUI VIENNENT VOIR EN ETE OU FETER AVEC LA FAMILLE DES TOURISTES ?

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