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Femmes du Mossad au Liban : retour sur les histoires les plus connues

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Plusieurs agents féminines ont opéré sur le territoire libanais. "Colette Vianvi", qui aurait piégé l'artiste libanais Ziad Itani, est la dernière de la liste.

19/12/2017

L'affaire du comédien libanais Ziad Itani, arrêté fin novembre pour "collaboration avec l'ennemi israélien", est la dernière en date impliquant une espionne israélienne, connue sous le nom de "Colette Vianvi".

Selon des chiffres donnés par le quotidien israélien Yediot Aharonot, les femmes représentent jusqu'à 40% des effectifs du Mossad, dont 24% occupent des postes de haut rang. L'une des plus célèbres d'entre elles est Tzipi Livni, qui a servi dans les années 80 au sein de l''Institut", traduction en français du terme 'Mossad', avant d'occuper les postes de ministre de la Justice et des Affaires étrangères.

Un certain nombre d'agents féminines du Mossad ont opéré sur le territoire libanais, ou dans le cadre d'opérations liées au pays du cèdre. Voici l'histoire de certaines d'entre elles.

 

"Colette Vianvi"

Cette femme agent du Mossad, dont la réelle identité reste entourée de mystère, serait entrée en contact avec Ziad Itani en 2014. Elle s'était présentée comme une Suédoise répondant au nom de Colette Vianvi. En 2016, Ziad Itani et Colette Vianvi se seraient même rencontrés en Turquie, selon les médias locaux.

 


Ziad Itani. Photo tirée de Facebook

 

"Colette Vianvi" se serait servie de M. Itani pour obtenir des informations sensibles sur le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, l'ancien ministre Abdel Rahim Mrad, et l'entourage d'autres personnalités politiques.

La dénommée Colette lui aurait également demandé de tisser des liens avec les conseillers des ministres, ainsi qu'avec les journalistes gravitant dans leur orbite. Il était censé lui fournir des informations sur les résidences non connues de ces ministres et les chalets qu'ils occupent, s'ils en ont. M. Itani aurait reçu, à une seule reprise, un transfert de fonds de la part de ladite Colette. Selon certains médias, plus que de l'argent, ce sont des avantages en terme de progression de carrière qu'on lui promettait.

 

(Lire aussi : Ziad Itani revient sur ses aveux)

 

Ce piège dans lequel est tombé le dramaturge libanais porte le nom de "honey trap", piège à miel en français, une technique régulièrement utilisée par le Mossad qui consiste à séduire la cible que les services veulent instrumentaliser.

 

 

Shlomit Kishik-Cohen


Shlomit Kishik-Cohen, à la fin de sa vie (à g) et dans sa jeunesse (à d). Captures d'écran YouTube

 

En poste au Liban de 1947 à 1961 et mariée à Joseph Cohen, un riche commerçant libanais juif, Shlomit Kishik-Cohen, surnommée la "perle du Mossad", tisse des liens avec de hauts responsables politiques et sécuritaires libanais. Dans une interview, elle s'est même vantée d'avoir rencontré à l'époque le président Camille Chamoun, puis Pierre Gemayel, fondateur des Kataëb. 

Parmi ses faits d'armes, à la veille de la proclamation de la création de l’État d'Israël en 1948, l'obtention d'informations sur des préparatifs militaires au Liban et dans certains pays arabes en vue de la guerre contre l’État hébreu, et le transfert de juifs libanais et d'autres pays arabes vers Israël.

Arrêtée en 1961 au Liban, elle est libérée lors d'un échange de prisonniers après la guerre israélo-arabe de juin 1967. Elle a vécu à Jérusalem jusqu'à sa mort, le 22 mai dernier. "Adieu (...) l'espionne israélienne numéro un au Liban", titre ce jour-là le quotidien israélien Yediot Aharonot.

 

Sylvia Rafael

Considérée comme une héroïne en Israël, Sylvia Rafael, qui a reçu le titre de "combattante", rang le plus élevé au sein du Mossad, est connue au Liban pour avoir effectué plusieurs missions contre l'Organisation de libération de la Palestine dès les années 1960.

L'espionne traque le numéro deux de l'OLP, Ali Hassan Salamé, surnommé le "Prince rouge", marié à Miss Univers 1971, la Libanaise Georgina Rizk. Ali Hassan Salamé est accusé d'être l'instigateur principal de la prise d'otages meurtrière ayant coûté la vie à onze membres de l'équipe olympique israélienne lors des Jeux de Munich de 1972.

Le 21 juillet 1972, à Oslo, en Norvège, le commando auquel appartient l'espionne pense avoir abattu M. Salamé, mais c'est un simple serveur norvégien d'origine marocaine, Ahmad Bouchiki, qui est tué.

 


Ahmad Bouchiki. Photo Wikipedia

 

Elle est alors arrêtée puis condamnée. Grâce aux efforts de son avocat qu'elle finira par épouser, elle bénéficie d'une libération anticipée, après plus de cinq ans d'incarcération. Elle décède d'une leucémie en 2005.

 

"Erika Chambers"

Après le fiasco d'Oslo, le Mossad dépêche au Liban l'une de ses agents sous couverture. Erika Chambers entre en territoire libanais avec un passeport britannique et se fait passer pour une travailleuse humanitaire au service d'une ONG aidant les réfugiés palestiniens. Elle se rapproche ainsi de sa cible.

Dans le cadre de l'opération "Colère de Dieu", Ali Hassan Salamé est tué dans l'explosion de sa Chevrolet, le 22 janvier 1979, rue Verdun, à Beyrouth.

 


Ali Hassan Salamé. Photo Wikipedia

 

L'opération a été montée sous la supervision de l'ancien espion israélien Michael (Mike) Harari, créateur au sein du Mossad de l'unité Kidon chargée des éliminations. Ce dernier est décédé en septembre 2014.

 

"Yaël"

En 2015, l'ancienne lieutenant-colonel de l'armée israélienne et agent du Mossad, Efrat Mass, publie un livre intitulé "Yaël, la combattante du Mossad à Beyrouth". Dans cet ouvrage, l'auteure rapporte l'histoire de "Yaël", une jeune femme ayant servi à Beyrouth, dans le cadre de l'opération "Printemps de la Jeunesse", dirigée par Ehud Barak, et visant à éliminer trois cadres de l'OLP responsables du massacre de Munich.

Elle est entrée en territoire libanais en se faisant passer pour une scénariste américaine venue faire des repérages pour un film sur l'aventurière britannique Hester Stanhope qui a longtemps vécu au Liban.

Dans la nuit du 10 avril 1973, le commando dont elle est l'une des trois membres, assassine à Beyrouth Mohammed Youssef al-Najjar, alors numéro deux du Fateh, ainsi que le responsable de l'OLP au Liban, Kamal Adwane, alors responsable des opérations en Israël du mouvement, et Kamal Nasser, porte-parole du Fateh.

 

Des Népalaises

Le renseignement israélien a également fait appel à des femmes ne possédant pas la nationalité israélienne. Une cellule d'espionnage au profit d'Israël, démantelée en janvier par la Sûreté générale libanaise, comprenait ainsi deux ressortissantes népalaises. Les deux détenues ont reconnu avoir enrôlé plusieurs employées de maison népalaises au profit d'Israël. Elles ont fait parvenir le numéro de l'ambassade israélienne au Népal aux employées de maison en vue de fournir des informations aux services de renseignements israéliens sur leurs garants au Liban.

Le Mossad utilise également Internet pour recruter. La semaine dernière, la Sûreté générale avait appelé les Libanais à "ne pas tomber dans les pièges du Mossad israélien sur Internet", expliquant que l'agence "recrute des personnes sur des pages fantômes sur le web et sur les réseaux sociaux".

Depuis avril 2009, plus de 100 personnes ont été arrêtées au Liban pour espionnage au profit d'Israël.

 

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Georges MELKI

Pourquoi donc ce sont toujours les hommes qui tombent dans les pièges tendus par des femmes? Très simple: chez tous les mammifères, le mâle est stupide!

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