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"La perle du Mossad", longtemps espionne au Liban, décède

Israël

Alors qu'elle vivait au pays du Cèdre, Shlomit Kishik-Cohen avait tissé des liens avec de hauts responsables du gouvernement et aurait rencontré les présidents Camille Chamoun et Pierre Gemayel.

OLJ/AFP
22/05/2017

Shoulamit Kishik-Cohen, espionne israélienne surnommée "la perle du Mossad", est décédée dimanche à l'âge de 97 ans, d'après les médias israéliens.

Elle avait longtemps travaillé au Liban, aidant notamment au transfert de juifs libanais et d'autres pays arabes vers Israël. Elle aurait ainsi fait venir un millier de juifs du Liban en Israël. "Adieu (...) l'espionne israélienne numéro un au Liban", écrivait lundi le quotidien Yediot Aharonot.

Cette femme, également connue sous le nom de "Shoula", était née en 1920 en Argentine dans une famille juive qui a émigré à Jérusalem, selon le site officiel des services de renseignement israéliens.

Elle épouse un riche commerçant libanais juif, Joseph Cohen, de 20 ans son aîné, et va vivre avec lui à Beyrouth où elle tisse des liens avec des hauts responsables libanais et commence à travailler bénévolement pour le futur Etat israélien.

D'après le "Centre du patrimoine des renseignements", elle aurait ainsi obtenu, à la veille de la proclamation de la création de l'Etat d'Israël en 1948, des informations sur des préparatifs militaires au Liban et dans des pays arabes pour la guerre contre Israël.

Cette femme qui avait rejoint le Mossad à la création de l'Etat d'Israël a transmis des renseignements militaires venant de Syrie et du Liban de 1947 à 1961.

Il y a quelques années, elle affirmait avoir rencontré les chefs de la police et des services de renseignement libanais, ainsi que des présidents et des responsables de ce pays: "J'ai rencontré à l'époque le président Camille Chamoun, (...) puis Pierre Gemayel (fondateur du parti phalangiste, ndlr)".

Elle disait n'avoir jamais rien révélé à son époux de ses activités et avoir réussi à faire venir deux de ses fils en Israël.

"Shoula" a été arrêtée en 1961 au Liban où elle a été condamnée à mort avant que sa peine ne soit commuée en appel.

Elle faisait partie d'un "réseau d'espionnage très important" à l'époque, "sinon le plus important", expliquait dans un documentaire d'al-Jazeera diffusé en 2016 Sami al-Khatib, un ex-responsable des services de renseignement libanais.

Elle a été libérée lors d'un échange de prisonniers après la guerre israélo-arabe de juin 1967 et vivait depuis à Jérusalem avec sa famille.

Un de ses enfants, Yitzhak Levanon ("Liban" en hébreu), a été ambassadeur d'Israël au Caire. Il avait été évacué en 2011 après une attaque contre l'ambassade menée par des manifestants lors de la révolte qui avait chassé du pouvoir Hosni Moubarak.

 

 

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