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Liban

« La question du Hezbollah est plus grande que celle du Liban », affirme le Premier ministre

Débat
OLJ
14/12/2017

Le Premier ministre Saad Hariri s'est aligné hier sur la position du président de la République, Michel Aoun, affirmant que « la question du Hezbollah est plus grande que celle du Liban » et qu'il s'agit d'une « question régionale » qui n'est « pas seulement le problème du Liban, mais aussi celui de la communauté internationale ».
M. Hariri s'exprimait en ce sens dans le cadre de la seconde conférence annuelle organisée par le Carnegie Middle East Center, à l'hôtel Phoenicia, où il était invité à répondre à des questions de la part de la directrice du centre, Maha Yehia, sur la place du Liban dans la tourmente régionale actuelle.
Interrogé sur la mise en œuvre de la déclaration du gouvernement sur la distanciation, Saad Hariri a indiqué que « tout parti politique qui veut la stabilité et l'intérêt du Liban vis-à-vis du monde arabe, vis-à-vis de nos intérêts économiques avec les États du Golfe et le monde arabe est tenu de suivre la politique de distanciation ».
« Pour la première fois, nous avons une décision du gouvernement sur la distanciation avec tous les partis politiques qui acceptent cette politique. Tout le monde se rend compte du danger que nous courrons, qu'il soit économique, politique ou au niveau de la stabilité. Je crois que tous les partis politiques sont disposés à agir positivement sur ce plan », a poursuivi le Premier ministre.
« Je comprends les difficultés de certains États du Golfe à accepter les contradictions politiques dans lesquelles nous vivons, mais c'est un fait libanais et je crois qu'il est extrêmement important de pousser tous les partis politiques vers la politique de distanciation. Et si les gens ou les partis politiques ne suivent pas cette politique, ils seront les seuls responsables », a-t-il ajouté.
« En fin de compte, le Liban ou le peuple libanais ne devrait pas payer le prix de certaines aventures que certains partis politiques entreprendraient, et je ne parle pas seulement de certains partis politiques comme le Hezbollah, mais aussi d'autres partis comme le courant du Futur qui doivent respecter cette politique de distanciation parce que nous avons des divergences politiques avec le Hezbollah au niveau régional. Nous ne serons pas d'accord sur leur politique vis-à-vis de ce qu'ils veulent dans la région et ils ne seront pas d'accord avec ce que nous voulons dans la région. Donc, la meilleure chose est de mettre de côté ces différences et de veiller à ce que nous servions tous les intérêts du Liban », a noté M. Hariri.
Concernant les gestes concrets qu'il attend du Hezbollah, Saad Hariri a répondu : « Je suivrai avec diligence toute rupture de cette politique de distanciation. Je pense qu'il y a eu des problèmes au sud du Liban. Nous avons fait une déclaration et je me suis montré très clair, et le président a pris des mesures concernant la question de la milice irakienne aux frontières. Nous prenons donc des mesures et nous veillons à ce que cette politique soit suivie jusqu'au bout. »
Évoquant tous les bienfaits de la réunion du Groupe international de soutien au Liban et la série de conférences internationales prévues pour appuyer le Liban, M. Hariri a expliqué que « tout le processus de ces conférences consiste à obtenir le soutien politique pour la stabilité politique ». Il a insisté, dans ce cadre, sur la nécessité de renforcer les forces de sécurité du pays pour pouvoir mettre en œuvre la résolution 1701.
Selon lui, tous les pays appellent à un dialogue national pour commencer à travailler sur la question des armes du Hezbollah entre Libanais, « et je pense que nous devrions le considérer sérieusement ».
« Je crois aussi que la question du Hezbollah est plus grande que celle du Liban. C'est une question régionale et ce n'est pas seulement le problème du Liban mais aussi le problème de la communauté internationale. Donc, si l'on veut être sérieux sur ces questions, ne blâmez pas le Liban pour la question du Hezbollah, mais blâmez la région pour ces conflits. Des discussions devraient avoir lieu dans la région, elles sont le seul moyen de résoudre ces problèmes », a-t-il souligné.
M. Hariri a par ailleurs estimé que la politique de distanciation mise sur la table au Conseil des ministres « est censée libérer cette tension qui existe entre nous et le Golfe ».
Et d'ajouter : « Les gens veulent voir les résultats de cette politique de distanciation, et ils les verront. Je pense que le Golfe doit comprendre aussi que nous sommes amis, nous voulons cette relation. Laisser le Liban suspendu comme ça ne fera que servir les autres, et une véritable relation entre nous et le Golfe renforcera nos institutions au Liban, l'armée, les FSI, l'économie et toutes les institutions. Un véritable investissement au Liban ne fera que renforcer toutes les institutions et affaiblir tous les partis politiques. Si nous avons l'électricité, une armée forte, tous les services que nous devrions avoir pour les citoyens, aucun parti politique ne sera fort. Si nous faisons notre travail comme nous sommes censés le faire en tant que gouvernement, je pense que tous les partis politiques, y compris le courant du Futur, vont s'affaiblir. En 2018, les choses s'amélioreront beaucoup avec les États du Golfe. Je vais y aller aussi et nous aurons des discussions en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et dans tous ces pays très bientôt. »

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EN FAIT LA QUESTION DU HEZBOLLAH NE PEUT ETRE TRAITEE PAR LE CHETIF ETAT LIBANAIS NI PAR LES ETATS ARABES ... C,EST UNE RESPONSABILITE INTERNATIONALE !

Yves Prevost

J'avoue ne pas très bien comprendre comment il est possible, à la fois, de "mettre de côté ces différences" avec le Hezbollah et de "veiller à ce que [tous] servent les intérêts du Liban".
Par ailleurs, concernant le récent incident au Sud, quelles mesures ont-elles été prises? Le premier ministre a parlé d'une enquête, laquelle n'aboutira évidemment jamais, alors qu'en moins de 5 mn, il est possible de déterminer qui sont les responsables qui ont failli à leur mission en ne mettant pas sous les verrous le milicien irakien.
On attendrait, pour le moins, un ordre clair et public adressé à toutes les forces de l'ordre dans la région Sud de faire respecter, à lettre, la 1701, en arrêtant tout civil en armes ou en tenue militaire, fut-il membre du sacro-saint "parti de Dieu".

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