Le Premier ministre libanais Saad Hariri, lors d'une conférence de presse organisée par le think tank Carnegie Middle East Centre à l'hôtel Phonenicia, au centre-ville de Beyrouth, le 13 décembre 2017. Photo Dalati et Nohra
Le Premier ministre libanais Saad Hariri a réaffirmé mercredi l'importance de la politique de distanciation du Liban à l'égard des conflits régionaux, dont le principe a été réaffirmé par son gouvernement, conduisant M. Hariri à retirer son offre de démission, présentée le 4 novembre dernier, à Riyad, en Arabie saoudite.
"Fondamental"
"Les formations politiques voulant préserver la stabilité du Liban et ses intérêts économiques doivent s'engager à appliquer la politique de distanciation", a déclaré M. Hariri à l'occasion d'un forum de dialogue organisé par le think tank Carnegie Middle East Center à l'hôtel Phoenicia, au centre-ville de Beyrouth. "Le principe de la distanciation est fondamental et nous ne laisserons pas ceux qui ne le respectent pas le faire payer au peuple libanais", a-t-il ajouté.
"Le Liban est dans une période très difficile, sur le plan économique et autre, et le meilleur moyen de la surmonter, c'est le soutien politique à la stabilité du pays et la feuille de route établie par les conférences de soutien au Liban qui ont proposé des solutions en faveur de la stabilité politique, sécuritaire et économique", a-t-il ajouté. Le Groupe international de soutien au Liban s'était réuni vendredi dernier à Paris sous l'égide du président français Emmanuel Macron.
Par ailleurs, M. Hariri est revenu sur la tournée au Liban-Sud du chef de la puissante milice irakienne, Assaïb Ahl el-Haq, Kaïs el-Khazaali. "Certaines questions se posent après ce qui s'est passé au Liban-Sud. J'ai pris personnellement des mesures avec le président Michel Aoun sur ce sujet, et nous en prendrons d'autres pour faire respecter la politique de distanciation", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a ensuite évoqué la question du Hezbollah. "La position des États-Unis et des pays européens sur le Hezbollah est claire. Tout le monde réclame un dialogue national que nous envisageons sérieusement", a indiqué M. Hariri. "La question du Hezbollah est plus grande que le Liban. C'est une question internationale", a-t-il ajouté.
(Lire aussi : Un engagement à suivre, l'édito de Michel TOUMA)
Jérusalem : Hariri prône la solution des deux États
Le chef du gouvernement s'est en outre exprimé sur le dossier du plus d'un million de réfugiés syriens installés au Liban. "Nous avons rendu service à la communauté internationale en les accueillant. C'est pour cela que la communauté internationale doit aider le Liban", a-t-il déclaré, soulignant que plusieurs pays ont promis, lors de la réunion du GIS, de débloquer des fonds dans ce cadre.
Par ailleurs, M. Hariri a évoqué les prochaines élections législatives prévues en mai prochain. "Nous bâtirons des alliances avec plusieurs formations politiques. Nous sommes attachés à nos alliés, mais nous avons bâti une alliance avec le président Aoun qui a démontré qu'elle était bonne pour la stabilité du Liban", a-t-il souligné.
M. Hariri devait s'exprimer le 21 novembre dans l'émission politique de la chaîne locale LBCI, Kalam el-Nass, mais la production a annoncé dans la matinée que l'émission sera avancée. "J'ai dit que je parlerai dans l'émission de Marcel Ghanem mais je n'ai pas dit quand", a-t-il déclaré. En promettant de "lâcher le morceau" contre les "traîtres", le Premier ministre s'était engagé lundi à dénoncer, un par un, tous ceux qu'il accuse de l'avoir "poignardé dans le dos" et d'avoir "ébranlé" ses relations avec l'Arabie saoudite.
Sur un autre plan, M. Hariri est revenu sur la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. "Le monde entier s'est mobilisé de la bonne manière après cette décision", a estimé le chef du gouvernement libanais, affirmant que "la solution des deux États est la seule solution pour mettre fin à ce conflit.
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"Fondamental""Les formations politiques voulant préserver la stabilité du Liban et ses intérêts économiques doivent s'engager à appliquer la politique de distanciation", a déclaré M. Hariri à l'occasion d'un forum de dialogue organisé par le think tank Carnegie Middle East Center à l'hôtel Phoenicia, au centre-ville de Beyrouth. "Le principe de la distanciation est fondamental et nous ne laisserons pas ceux qui ne le respectent pas le faire payer au peuple libanais", a-t-il ajouté.
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Lorsqu'on se rend à Paris pour participer à la réunion du Groupe international de soutien au Liban avec parmi ses bagages une valise contenant une bombe à retardement, à quoi faudrait-il s'attendre ? A deux explosions ? La première fut le scandale de l'escamotage de la Résolution 1559 qui appelle au désarmement de toutes les milices dans la version arabe de la Déclaration finale. La deuxième fut 12 heures plus tard au Caire, quand le même agent crache sur sa signature à Paris en dénonçant la distanciation du Liban votée la veille à l'unanimité à Paris. Cher Saad Hariri, je pense à vous. Chassez les derviches-tourneurs de veste de votre gouvernement.
18 h 10, le 13 décembre 2017