Liban

Conférence de soutien au Liban : un acte de solidarité plutôt que des mesures concrètes ?

Diplomatie

La sixième réunion internationale aura lieu vendredi à Paris, peut-être sans l'Arabie saoudite.

Claude ASSAF | OLJ
06/12/2017

Dans le cadre de sa mobilisation pour appuyer la souveraineté et la stabilité politique et sécuritaire du pays, le président français Emmanuel Macron organise le vendredi 8 décembre à Paris une conférence internationale de soutien au Liban. Il avait annoncé l'événement il y a près de vingt jours, lors de la visite en France du Premier ministre Saad Hariri, qui venait de Riyad deux semaines après sa démission présentée depuis la capitale saoudienne. Cette conférence était prévue en mars 2018, mais le président français en a rapproché la date dans le souci d'affirmer la solidarité de la France à l'égard du pays du Cèdre.

Il s'agit de la sixième réunion du Groupe international de soutien au Liban (GISL), la première ayant eu lieu à New York en 2013, sous la présidence du secrétaire général des Nations unies de l'époque, Ban Ki-moon. Une deuxième rencontre avait eu lieu à Paris, cinq mois plus tard, également sous l'égide de l'ONU. Les participants, notamment les représentants des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine) ainsi que l'Allemagne, l'Espagne, la Finlande, l'Italie, la Norvège et l'Arabie saoudite, de même que la Ligue arabe, le Haut-Commissariat pour les réfugiés, la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avaient alors exprimé leur soutien au Liban et mis l'accent sur l'importance de le maintenir à l'écart de la crise syrienne, conformément à la déclaration de Baabda du 12 juin 2012. Ils s'étaient également penchés sur l'aide aux réfugiés syriens, le renforcement de l'armée et l'appui économique apporté notamment par la Banque mondiale. Le groupe s'était ensuite réuni à trois reprises, toujours dans l'esprit de consolider la stabilité du pays face aux défis politiques et sécuritaires.

 

(Lire aussi : Lazzarini à « L’OLJ » : L’avenir des réfugiés syriens sera dans leur pays)

 

Cette sixième conférence semble s'inscrire dans la même optique de préserver le Liban de toute déstabilisation dans le cadre des conflits des axes régionaux. D'aucuns notent en outre qu'elle intervient à point nommé, quatre jours après la déclaration politique adoptée hier par le Conseil des ministres, qui a tourné la page de la crise liée à la démission de M. Hariri.

Le ministère français des Affaires étrangères a d'ailleurs indiqué, hier, dans un communiqué, que « le but est de soutenir le processus politique au cours de cette période délicate, ce qui représentera un message aux parties libanaises et aux États de la région dans le même temps ».
Selon notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane, la réunion devrait avoir lieu sous la présidence du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et voir la participation de plusieurs États occidentaux. On sait déjà que le secrétaire d'État américain Rex Tillerson y représentera son pays, le ministère français des Affaires étrangères ayant annoncé que M. Hariri, qui participera à la conférence, s'entretiendra avec le responsable américain en marge de l'événement.

La haute représentante de l'Union européenne, Federica Mogherini, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, seront également parmi les présents, ainsi qu'un haut représentant de l'Égypte. Quant à l'Arabie saoudite, sa présence ne semble pas confirmée, étant donné l'état des relations entre les deux pays.

 

(Lire aussi : À Baabda, unanimité autour d'une politique de distanciation qui a tout d'une déclaration d'intention)

 

Les résolutions de l'ONU
Selon notre correspondant à Paris, Élie Masboungi, qui cite un proche de l'Élysée, « Paris entend accompagner le Liban jusqu'à ce qu'il retrouve sa place prépondérante sur l'échiquier moyen-oriental, contre vents et marées ». Selon ce responsable français, cette fermeté française « a trouvé sa source lors des entretiens entre les présidents Emmanuel Macron et Michel Aoun en visite d'État à Paris il y a quelques semaines et qui sont convenus d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre leurs pays ».
Des sources informées à Beyrouth indiquent qu'au-delà de la protection du pays qu'ils entendent fournir au Liban dans ce contexte de turbulences régionales, et au-delà de l'impulsion qu'ils veulent donner au compromis conclu après le retour de M. Hariri, les participants à la conférence internationale insisteront sur l'importance d'appliquer de manière sérieuse ce compromis basé sur la distanciation à l'égard des conflits. Les mêmes sources estiment qu'il sera dans ce cadre demandé au Liban d'appliquer les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment au plan de la suppression des armes illégales et de l'extension de l'autorité de l'État sur tout le territoire.

 

(Lire aussi : « Le parapluie international » pour la stabilité du Liban se confirme, le décryptage de Scarlett Haddad)

 

Si, par ailleurs, ces observateurs prévoient que le dossier des réfugiés syriens sera peut-être évoqué, ils doutent, au contraire, que le volet économique figure au menu des discussions de cette conférence d'une journée.

Critique, l'ancien député Farès Souhaid, interrogé par L'OLJ, estime pour sa part que la conférence de vendredi « représentera une manifestation totémique plutôt qu'un soutien concret au Liban ». Saad Hariri « utilisera cette tribune internationale pour consacrer son retour à la tête du gouvernement et le compromis qu'il est parvenu à conclure », souligne-t-il.

 

Pour mémoire

Macron à Aoun : La France restera aux côtés du Liban

Quelle place pour la diplomatie française dans la crise libanaise ?

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Henrik Yowakim

Les mêmes sources estiment qu'il sera dans ce cadre demandé au Liban d'appliquer les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment au plan de la suppression des armes illégales et de l'extension de l'autorité de l'État sur tout le territoire.

SUPPRESSION DES ARMES ILLEGALES ?????

POUR QUE LE LIBAN RETROUVE SA PLACE SUR L'ÉCHIQUIER INTERNATIONAL ?????

ALORS QUE LE DERNIER COMMUNIQUÉ GOUVERNEMENTAL QUI A COUVERT LE RETOUR DE HARAKIRI A LA TÊTE DU GOUVERNEMENT N'OSE MEME PS FAIRE ALLUSION AUX ARMES DU HEZBOLLA ?????

BELLES ET VIDES FORMULES DE SALON POUR REMPLIR LES DISCUSSIONS ET ENDORMIR LA GALERIE.




Khlat Zaki

Aider le Liban,
véritable tonneau des danaïdes, récipient de 2 millions de réfugiés, plate-forme de la spéculation, du détournement et de la corruption, et j'en passe!
Enveloppe attendue: 10 milliards de $!
A coté de nos bienfaiteurs, St Vincent fait piètre figure.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DES PAROLES ET DES INTENTIONS... RIEN DE CONCRET !

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Soutenez notre indépendance!