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Économie - Conjoncture

La mode du Black Friday prend racine au Liban

Importée des États-Unis, la pratique des soldes exceptionnelles le jour du Black Friday est de plus en plus prisée au pays du Cèdre malgré les réserves de certains commerçants.

De nombreuses enseignes étendent le Black Friday sur plusieurs jours au Liban. Photo DR

Impossible de les rater : les publicités pour le Black Friday (vendredi noir en anglais) étaient partout cette année, des panneaux d'affichage aux messageries électroniques, en passant par les téléphones portables. Importé des États-Unis, le Black Friday est une journée d'achat qui a lieu le lendemain de la célébration du Thanksgiving, c'est-à-dire le quatrième vendredi du mois de novembre, journée au cours de laquelle les magasins offrent des démarques colossales. « Les rabais descendaient jusqu'à -70 % », rapporte une habituée du centre commercial Géant de Nahr el-Mott. « J'ai été surprise par l'affluence cette année. Surtout que Black Friday a eu lieu en fin de mois, quelques jours avant le versement des salaires pour de nombreux ménages », poursuit-elle.

La mode, qui s'est aussi étendue en Europe, prend racine depuis quelques années au Liban. « Elle a commencé en 2015 de façon timide et, cette année, tout le monde est monté dans le bus », indique Charles Arbid, président de la Lebanese Franchise Association. Selon lui, « les commerçants et franchises se sont alignés sur un Black week-end plus que sur un Black Friday, dans la mesure où certaines enseignes programment ces périodes de soldes exceptionnelles de jeudi à dimanche ». Une tendance qui s'observe sur les réseaux sociaux, où les enseignes utilisent les hashtags (mots-dièses) #Blackweekend, #Blacksaturday, ou encore #Blacksunday. Que le Black Friday ait lieu en fin de mois a peu de conséquences sur la capacité d'achat des Libanais, nuance Charles Arbid, car environ 80 % des achats se font par carte de crédit. « Les achats doublent, voire triplent pendant le Black Friday par rapport au reste de l'année (hors période des fêtes) », remarque-t-il.

 

(Pour mémoire : Les Libanais dépensent-ils moins pour les fêtes de fin d’année ?)

 

Ventes record
Chez l'enseigne d'électroménager Khoury Home, le Black Friday est synonyme de ventes record. La marque s'est lancée dès 2014, année au cours de laquelle elle avait engrangé 4 millions de dollars en 3 jours. « Cette année, nos ventes ont déjà dépassé notre record de l'année dernière : 9,5 millions de dollars en 5 jours », se félicite son PDG Romen Mathieu. Les chiffres définitifs ne sont pas encore disponibles, l'enseigne étendant son Black Friday jusqu'à aujourd'hui. Mais elle table déjà sur un fort succès cette année, et ce malgré les troubles politiques qui ont suivi la démission du Premier ministre Saad Hariri le 4 novembre depuis Riyad. « Heureusement, le Premier ministre est revenu au Liban quatre jours avant le Black Friday (le 21 novembre) », relève Romen Mathieu.

Pour gérer une telle affluence, le Black Friday requiert une importante organisation. « Nos équipes d'achat travaillent dessus depuis le début de l'année, indique-t-il. Nous avons mis à contribution nos fournisseurs, qui ont eux-mêmes coopéré avec les fabricants, afin que tous les profils d'acheteurs y trouvent leur compte et que le trafic dans les points de vente soit le plus fluide possible », précise Romen Mathieu. D'après lui, ces rabais ne rognent pas dans ceux de la période de Noël, la plus importante de l'année pour les commerçants. « Ce sont des achats impulsifs qui donnent l'impression de faire une bonne affaire. Les gens vont acheter un deuxième frigo pour leur chalet à la montagne, ou une télévision de plus pour la maison. On n'offre pas de frigo à Noël ! »

Des arguments qui ne convainquent pas Nicolas Chammas, président de l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB). Selon lui, si certaines enseignes ne suivent pas la mode du Black Friday, c'est parce qu'elles pensent que cela pourrait « cannibaliser » leurs ventes de décembre. « Nous sommes conscients que le consommateur s'y retrouve et que ça peut aider très ponctuellement à faire repartir la consommation. Mais le Liban ne doit pas sombrer dans une culture du prix cassé qui se répercute sur les marges commerciales des commerçants sur le long terme. »

L'activité commerciale au Liban traverse une période morose depuis plusieurs années, rappelle régulièrement l'ACB. Selon son dernier indice calculé avec la Fransabank, l'activité commerciale de détail a terminé le troisième trimestre 2017 en baisse de 6,52 % en glissement annuel pour s'établir à 49,93 points. Calculé à partir d'une base de 100 points correspondant au quatrième trimestre de 2011, cet indice pondère les résultats des entreprises en fonction du taux d'inflation calculé par l'Administration centrale de la statistique (ACS), qui a augmenté de 4,15 % sur la même période.

 

 

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commentaires (4)

Avouez que les Libanais n'imitent pas bêtement les Amerloques: notre "Black Friday" dure cinq jours!!! Qui dit mieux?

Georges MELKI

17 h 46, le 28 novembre 2017

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Commentaires (4)

  • Avouez que les Libanais n'imitent pas bêtement les Amerloques: notre "Black Friday" dure cinq jours!!! Qui dit mieux?

    Georges MELKI

    17 h 46, le 28 novembre 2017

  • faut arreter d'importer des cultures qui ne sont pas les notres ... faut faire attention a la culture de surconsommation .. nous epuisons en 8 mois deja ce que la terre peut produire en 1 an donc on vie en sursit pendant 4 mois par annee ... vous vous rendez compte !?!?!

    Bery tus

    16 h 56, le 28 novembre 2017

  • NOUS IMPORTONS TOUT DE TOUT... LE BON EN ECONOMIE ET LE MAUVAIS EN POLITIQUE !

    ABOLIR LA CENSURE = REABONNEMENT ET SOUTIEN.

    09 h 32, le 28 novembre 2017

  • Black friday, Thanksgiving, Halloween, malbouffe ...Y en a marre de cette cocacolonisation de la culture de masse américaine

    Tabet Ibrahim

    07 h 58, le 28 novembre 2017

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