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Liban

Un projet euro-libanais sauve 1 800 mineurs de l’engrenage du travail forcé

Droits de l’enfant

À l'occasion de la Journée des droits de l'enfant, l'ONG Dar el-Amal a présenté les résultats d'un programme contre le travail forcé des enfants, seize mois après sa mise en œuvre.

16/11/2017

Une conférence organisée par Dar el-Amal pour partager les premières retombées positives d'un projet euro-libanais de lutte contre le travail forcé des mineurs s'est tenue à l'hôtel Phoenicia de Beyrouth. Intitulé « Combat worst forms of child labour » (« Lutte contre les pires formes du travail des enfants »), le projet vise à endiguer le phénomène d'exploitation des enfants, qu'ils soient réfugiés ou libanais.

« La mentalité actuelle est que les familles poussent leurs enfants à travailler pour engranger des revenus. Les enfants tombent dans le piège des trafics, les filles sont sujettes à la prostitution et au mariage forcé », explique Habib Hatem, président de l'ONG Dar el-Amal, ajoutant que « 1 800 enfants libanais, syriens et palestiniens ont pu bénéficier des aides apportées par nos centres jusqu'à présent ».

Lancé en août 2016, le dispositif visant à combattre l'exploitation des mineurs a porté ses fruits. Le projet est cofinancé par le Danemark grâce à son programme de protection et de développement régional (RDPP), géré par le ministère des Affaires étrangères. Ce programme d'aide au développement, étalé sur seize mois, fait partie intégrante d'un projet européen à plus large échelle, impliquant 8 pays donateurs et 3 pays receveurs. « Les résultats ont été excellents. Nous voulons maintenant trouver d'autres partenaires pour étendre ce projet à toutes les régions du Liban », souligne M. Hatem.

« Ce n'est pas la quantité d'enfants accueillis mais la qualité qui compte. Ces mineurs ne travaillent plus mais possèdent désormais des compétences techniques que nous espérons utiles pour leur avenir », explique Houda Kara, responsable à Dar el-Amal, interrogée par L'Orient-Le Jour, dénonçant « une situation critique, avec quelque 200 000 enfants non scolarisés dans les rues ».

 

(Pour mémoire : Le travail des enfants dans l’agriculture en nette hausse au Liban : l’OIT tire la sonnette d’alarme)

 

Changer les mentalités
En marge de la conférence, des ateliers de démonstration tenus par les enfants ont été présentés au public, notamment des stands de coiffure et de broderie. « Nous proposons plusieurs enseignements, allant de la maîtrise de base d'un ordinateur aux techniques de réparation d'un cellulaire, indique Mme Kara. Nous essayons de développer leurs capacités techniques au sein de notre ONG. »

Rayane, un Syrien âgé de quinze ans présent à l'un des stands, répare un téléphone en une dizaine de minutes à peine. « J'ai entendu parler de l'association grâce à des amis. Mais mon ambition est de poursuivre mes études et de devenir médecin », assure-t-il. Avant de réparer des téléphones, Rayane a été exploité dans un salon de coiffure et dans une fabrique de matelas.

Mireille Chiha, manager du programme RDPP, explique que l'objectif est de « créer un environnement social favorable à l'émancipation et au développement des enfants ». « En plus du Liban, la Jordanie et l'Irak bénéficient des aides accordées par le programme européen », relève-t-elle, ajoutant que « le travail des mineurs n'est pas nouveau au Liban, il existait avant la crise syrienne ». « Nous avons rencontré des enfants âgés de seulement six ans qui travaillent dans les rues, cela n'est plus acceptable ! » s'est-elle indignée lors de la présentation.

De son côté, Jumana Haymour, responsable au ministère du Travail, constate que « bien que le travail infantile soit illégal au Liban, celui-ci a augmenté avec l'afflux d'enfants étrangers ». « Nos mesures prévues rencontrent parfois des résistances provenant des enfants eux-mêmes, souligne Mme Haymour. Certains se considèrent comme garants de la survie de leur famille, alors qu'ils sont victimes. Il faut combattre cette mentalité. »

La présentation a été conclue par les revendications des enfants et la projection d'un spot publicitaire télévisé qui sera diffusé prochainement en vue de sensibiliser le grand public contre le travail des mineurs.

 

 

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