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Liban

Le souvenir du Drakkar plane sur la Résidence des Pins

Commémoration

Une cérémonie a eu lieu hier à l'ambassade de France pour commémorer l'attentat commis, il y a trente-quatre ans, contre le poste français de la Force multinationale à Beyrouth.

24/10/2017

23 octobre 1983, 6h20. Dans le quartier de Mar Élias, à Beyrouth-Ouest, une camionnette contenant 250 kilos d'explosifs force l'entrée du poste français du Drakkar. L'immeuble abrite la Force multinationale de sécurité de Beyrouth (FMSB), plus précisément des militaires français. Ce matin-là, la camionnette piégée est précipitée contre l'immeuble qui s'effondre. Des Libanais ainsi que cinquante-huit militaires français trouvent la mort. Quelques minutes plus tôt, dans la matinée, un attentat avait lieu contre le quartier général des marines américains de la FMSB.

C'est pour commémorer l'attentat du Drakkar, perpétré ainsi il y a trente-quatre ans, que Français et Libanais se sont retrouvés hier dans les jardins de la Résidence des Pins, devant la stèle des martyrs français morts pour le Liban. La cérémonie était présidée par Bruno Foucher, ambassadeur de France au Liban. Il était entouré du général Benoît Puga, grand chancelier de la Légion d'honneur, du général Bassam Yassine, représentant le commandant en chef de l'armée le général Joseph Aoun, du général Christian Thiébault, chef d'état-major de la Finul, ainsi que de l'ambassadrice des États-Unis, Elizabeth Richard, et des attachés de défense des nations ayant contribué à la FMSB.

Après avoir passé en revue un détachement de la Finul, quatre hommes ont été décorés au nom du président de la République française, Emmanuel Macron. Le général Alain Pellegrini, ancien commandant de la Finul, a ainsi reçu les insignes de grand officier de l'ordre national du Mérite, et le général Ziad Chahine s'est vu remettre les insignes d'officier de l'ordre national du Mérite. Deux sous-officiers français ont également été décorés de la médaille militaire, en signe de reconnaissance de leur carrière exemplaire.

 

(Lire aussi : Contre-amiral français, Jean-Patrick Pluvinet se souvient de l'attentat du Drakkar)

 

Soutien de la France au Liban
C'est sous un soleil de plomb que M. Foucher a ensuite prononcé un discours au cours duquel il a rendu hommage aux cinquante-huit soldats français tués dans l'attentat et a salué également la mémoire des 241 marines américains victimes de l'attentat perpétré plus tôt dans la matinée du 23 octobre 1983.
« Nous n'oublions pas. Nous n'oublierons jamais que ceux qui ont commis ces meurtres ne souhaitaient assurer ni la paix, ni la sécurité, ni la stabilité du Liban », a insisté M. Foucher.
« Ces militaires français n'étaient pas là pour faire la guerre ou gagner une bataille pour leur pays, rappelle-t-il. Ils étaient là parce que la France avait répondu à l'appel des autorités libanaises. La France les avait envoyés là pour aider le Liban et les Libanais à revenir sur le chemin de la réconciliation et de l'entente nationale qui mène à la paix. » Et d'ajouter : « De 1982 à 1984, ils sont 8 000 à s'être ainsi succédé à Beyrouth, entretenant l'espoir dans l'enfer d'un affrontement urbain sans merci. Quatre-vingt-neuf d'entre eux sont tombés pour la paix au Liban dans le cadre de la FMSB. »
Réitérant le soutien de son pays au Liban, M. Foucher a salué « les exploits militaires » de l'armée, dans l'opération « L'aube des jurds ». « Nous saluons la décision d'envoyer un régiment d'intervention au sud du Litani, ajoute-t-il. Tout cela contribue au rétablissement de la souveraineté de l'État libanais sur tout son territoire. »

 

(Pour mémoire : Sur les sinistres décombres du Drakkar, la France s'adonne à son travail de mémoire)

 

L'ambassadeur a enfin noté que l'action de la France ne se limite pas à la participation à la Finul. « Les détachements d'instruction opérationnelle viennent apporter leur savoir-faire à leurs frères d'armes libanais, affirme-t-il. Depuis 2014, nous avons plus que triplé notre effort de formation au profit des unités opérationnelles libanaises. Cet effort sera maintenu en 2018. Nous venons également de faire aboutir le plan de coopération renforcé annoncé en avril par le président Hollande, qui a doté l'armée libanaise d'une capacité de combat antichar efficace et robuste (...). » Et de conclure en rappelant l'engagement du président Emmanuel Macron auprès de son homologue libanais à « prendre dans les mois à venir d'autres initiatives internationales en faveur de l'armée libanaise ».

MM. Foucher, Puga et Thiébault ont ensuite déposé chacun une gerbe de fleurs au pied du mémorial érigé à la mémoire des soldats français. Les noms des cinquante-huit jeunes paras ont ensuite été cités et une minute de silence a été observée par tous les présents.

 

Pour mémoire

« C'est toujours dans le souci de retrouver la paix que 850 soldats français sont présents au Liban »

 

Lire aussi

Attentat de 1983 contre les marines : Pence accuse le Hezbollah et l'Iran

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QUE FAIT LA FRANCE QUI A DIVISE BETEMENT LA MILICE EN AILE POLITIQUE ET AILE MILITAIRE ?

Yves Prevost

Tout le monde sait qui était derrière cet attentat, comme celui de la caserne des marines. Pourquoi, seuls les américains osent-ils les nommer?

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