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Liban

May Chidiac : « Nous continuerons notre chemin vers la liberté »

MÉDIAS

Organisée par la MCF, la cérémonie de remise des prix à des journalistes est devenue depuis 2012 un rendez-vous annuel.

14/10/2017

La Fondation May Chidiac (MCF) a vu grand pour la sixième édition de sa cérémonie annuelle de remise des prix à des journalistes. La fête battait son plein jeudi soir au pavillon royal du Centre d'exposition et de loisirs de Beyrouth (BIEL) face à une salle en effervescence. Personnalités politiques et médiatiques, locales comme internationales, ou encore artistes, le panel des invités était très varié. Il comprenait notamment les députés Ahmad Fatfat et Farid Makari, représentant respectivement le Premier ministre, Saad Hariri, et le président de la Chambre, Nabih Berry, le vice-président du Conseil, Ghassan Hasbani, les ministres de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, de la Culture, Ghattas Khoury, de l'Information, Melhem Riachi, représentant le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, les ministres d'État aux Droits de la femme, Jean Oghassabian, et à la Planification, Michel Pharaon, l'ancien ministre de la Défense Samir Mokbel, ainsi que Solange Gemayel et Mona Hraoui.

La cérémonie, présentée par le journaliste d'origine égyptienne Aymane el-Kaissouni et la présentatrice libanaise Hilda Khalifé, a d'abord démarré avec la diffusion de vidéos exposant l'activité de la MCF. Moment d'émotion ensuite lorsque May Chidiac, traversant la salle dans une longue robe dorée, parvient jusqu'à la scène pour sa très attendue allocution.

Après avoir remercié les soutiens de la fondation, May Chidiac aborde l'évidence croissante du rôle de la femme dans le métier de journaliste et critique ensuite les pays « du monde dit libre qui contreviennent aux fondements de la démocratie et qui foulent aux pieds les valeurs pour lesquelles des journalistes ont payé de leur vie ». « Nous comprenons l'inquiétude de ces pays face à la montée des actes terroristes (...), mais est-il possible de prendre pour prétexte la priorité du maintien de la stabilité intérieure ou encore la sécurité nationale et d'autres notions élastiques pour réprimer les libertés et faire taire l'opposition ? » s'est-elle insurgée.

Elle a notamment évoqué le cas du photographe Samir Kassab, enlevé en Syrie en 2013, illustrant par là le sort des journalistes mettant leur vie en danger. Abordant la question des nouveaux médias et des réseaux sociaux, May Chidiac a affirmé : « À l'ère des nouveaux médias, tout le monde est devenu journaliste et écrivain et peut critiquer sans aucun obstacle, ce qui a permis à la jeune génération de transmettre ses pensées et d'exprimer ses douleurs. » Elle a mis en garde cependant contre « une perte des valeurs, la diffamation et l'intox que facilitent les nouveaux médias » et s'est insurgée contre « les faux profils » sur les réseaux sociaux qui servent « d'instruments pour menacer les opposants ». Puis, sous les applaudissements des invités, elle a conclu : « Peu importent les difficultés. Nous continuerons notre chemin vers la liberté, nous transformerons la mort en vie et nous transformerons le désespoir en espoir... »

 

Christine Ockrent distinguée
L'heure a ensuite été à la remise des prix aux journalistes étrangers, arabes et libanais sélectionnés par le jury de la MCF.

Dans la catégorie « journalisme engagé », c'est la correspondante de guerre franco-américaine Janine di Giovanni, notamment connue pour ses travaux sur la Syrie, qui l'a emporté. Le prix Antoine Choueiri, qui récompense l'ensemble de la carrière journalistique, a été décerné à la Française Christine Ockrent, première femme en France à avoir présenté le journal de 20h. Le prix lui a été remis par le député Ahmad Fatfat et Pierre-Antoine Choueiri, président du Choueiri Group.

La MCF a également rendu hommage à al-Waleed al-Ibrahim, président du groupe MBC (Middle East Broadcasting Center) en Arabie saoudite, en lui remettant le prix d'« excellence dans l'industrie des médias ». Le prix de la « performance médiatique exceptionnelle » a ensuite été remis au présentateur égyptien Amr Adib.

Ils étaient trois cette année pour le prix du « courage journalistique exceptionnel » : Daoud Hari, qui a travaillé dans des médias et ONG autour du monde pendant 12 ans, ainsi que le journaliste britannique Phil Cox et la réalisatrice italienne Giovanna Stopponi, tous deux parmi les cofondateurs du collectif de cinéastes indépendants Native Voice Films, basé à Londres.

Enfin, la pop star libanaise Rami Ayache, qui a coanimé la soirée avec la chanteuse Manel Mallat, s'est vu remettre le prix de « l'artiste engagé » des mains du ministre de la Culture, Ghattas Khoury. La MCF a voulu ainsi le récompenser pour ses actions humanitaires à travers la fondation Ayache al-Tofoula (Ayache pour l'enfance) dédiée à l'éducation des enfants.

 

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