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Parce que Laura-Joy Boulos veut que le cerveau soit accessible à tous...

DISTINCTION

La jeune doctorante en neurosciences vient d'être récompensée pour son engagement scientifique au cours du gala interuniversitaire Forces Avenir au Canada.

Carole AWIT | OLJ
14/10/2017

Enfant, elle débordait d'imagination : Laura-Joy rêvait de construire des voitures volantes. Et au début de son adolescence, préoccupée davantage par les changements qu'elle vit tout au long de sa puberté plutôt que par l'invention d'objets révolutionnaires, elle cherche sans répit à comprendre ce qui se passe dans sa tête. Pour tenter de répondre aux questionnements qui la hantent, elle se nourrit inlassablement de ses lectures.

« J'essayais de trouver dans les mots de Marie-Aude Murail d'abord, puis dans ceux de Nabokov et de Proust, des pensées qui faisaient écho aux miennes », raconte la jeune femme. C'est durant cette période de sa vie qu'elle se passionne pour la psychologie et décide, avec conviction, d'en faire sa spécialisation en s'inscrivant à l'USJ. « Je ne voulais plus simplement comprendre mes désirs et le cerveau sain, mais également les comportements des autres, les vérités qui différaient des miennes et ce qui pouvait faire basculer une personne du normal au pathologique », explique Laura-Joy Boulos, qui dit avoir beaucoup appris au cours de ses trois premières années d'études supérieures.

Avant de choisir quelle spécialisation adopter en master, la jeune femme décide de s'accorder une année sabbatique au cours de laquelle elle aura l'occasion d'effectuer, au Liban, deux stages auprès de patients souffrant d'addictions. En partageant le quotidien de ces personnes, elle s'intéresse à leur situation difficile et cherche à comprendre ce qui se passe dans leur corps et dans leur tête. « J'ai eu envie d'explorer les mécanismes neurobiologiques sous-jacents aux symptômes physiques observés en clinique chez les patients souffrant d'addictions », précise-t-elle. Déterminée, elle décide de faire un master en neurosciences cognitives à l'université de Strasbourg et aura l'occasion d'effectuer un stage dans le laboratoire de la professeure Brigitte Kieffer, un grand nom dans le domaine de la recherche en addiction, qui la poussera à s'intéresser davantage à ce champ d'étude.

 

NeuroSymposium
Étudiante brillante, Laura-Joy Boulos obtient une bourse doctorale prestigieuse, une cotutelle entre l'université de Strasbourg et l'université McGill à Montréal, pour se consacrer aux neurosciences. Installée au Canada depuis 3 ans, la jeune femme, qui soutiendra sa thèse dans quelques mois, s'intéresse de très près au phénomène de l'addiction. « Mon sujet, intitulé "Implication des récepteurs opioïdes mu de l'habenula dans l'addiction", porte sur l'implication d'une petite partie du cerveau dans la balance récompense/aversion de l'addiction. J'y traite les questions suivantes : quand consomme-t-on des drogues pour le plaisir (renforcement positif) et à quel moment se met-on à consommer des drogues pour éviter l'aspect aversif du sevrage (renforcement négatif) ? » explique la jeune doctorante.

Au Canada, Laura-Joy Boulos s'entoure de jeunes passionnés tout comme elle de neurosciences et, avec les étudiants Alexa Pichet Binette, Robin Sawaya, Elsa Tremblay et Philippe-Antoine Beauséjour, elle initie le projet NeuroSymposium. Leur objectif est de mettre en valeur le domaine des neurosciences par le biais de conférences où les étudiants partagent leurs découvertes sur le cerveau. « Nous rassemblons annuellement la communauté de scientifiques et de cliniciens qui travaillent sur le cerveau. La prochaine étape sur laquelle nous travaillons est d'ouvrir cette communauté au reste de la société. Nous pensons que le cerveau peut intéresser beaucoup de gens et qu'il s'agit d'un domaine qui devrait être accessible à tous », note la jeune femme. Cette initiative, qui a favorisé le transfert de connaissances interuniversitaires dans le domaine des neurosciences, a permis à Laura-Joy Boulos et ses amis d'être primés dans la catégorie sciences et applications technologiques, le 4 octobre dernier à Québec, au cours du gala interuniversitaire Forces Avenir.

Cette distinction honore et récompense l'engagement du groupe dans un projet qui cherche à regrouper la communauté des jeunes neuroscientifiques du Québec et qui est au service de la collectivité.
Après la soutenance de sa thèse, Laura-Joy Boulos envisage de quitter Montréal pour travailler en Europe ou aux États-Unis. « J'aimerais rentrer à Beyrouth, plus tard, avec un bagage assez solide pour construire quelque chose de grand et de sérieux tel qu'un laboratoire de neurosciences. Je pense aussi organiser une édition du NeuroSymposium à Beyrouth en 2018 ou 2019. » Pour l'instant, la jeune doctorante essaie de saisir les opportunités académiques et professionnelles que lui offre la vie à l'étranger et conclut, optimiste : « Partir loin des siens n'est pas irréversible, et j'aime penser que le futur sera merveilleux. »

 

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