Campus

À la LAU, de jeunes défenseurs de la cause animale

INITIATIVE

Le 21 octobre, le club participera à une action globale, organisée par Recycle Lebanon, en vue de nettoyer la côte.

14/10/2017

Fervents défenseurs des animaux, des jeunes de l'Animal Rights Club, de l'Université libano-américaine, campus de Byblos, s'activent sur plus d'un plan, en vue de sensibiliser les étudiants d'une part, et de l'autre, par ricochet, aboutir à une transformation effective sur le terrain.

« Au-delà de notre amour pour les animaux, nous avons voulu opérer un changement en les aidant. Donc nous avons pensé que fonder un club à l'université serait un bon début. Il y a beaucoup d'étudiants que nous pouvons sensibiliser afin d'avoir un impact positif », explique Tina Lawandos, cofondatrice de l'Animal Rights Club du campus de Byblos de la LAU, diplômée en marketing, mais toujours engagée d'une façon active. Yasmina Kalligeros, présidente actuelle de ce club et l'une de ses fondateurs, ajoute que « l'un des buts du club est de s'occuper des animaux et d'essayer de sauver ceux en difficulté », tels les chats sur le campus ou les animaux en dehors, d'une façon plus générale.

Plus qu'une activité universitaire, ce club va au-delà des murs du campus dans son engagement envers les animaux. Il mise, surtout, sur la sensibilisation. « Le travail de sensibilisation que le club effectue peut changer des vies ! » s'enthousiasme Christeen Mina, en 2e année de biologie, membre du conseil du club.

Quant à la stratégie du club, elle consiste à élargir son champ d'action à plusieurs axes thématiques, répartis sur l'année. La préservation de l'environnement constitue, d'ailleurs, un axe de travail non négligeable. « Nous essayons d'atteindre le plus de gens possible, qu'ils aiment les animaux ou pas ! Notre but ultime est de leur faire réaliser que nous devons tous coexister. On ne peut pas nuire aux animaux sans nuire à l'environnement ou à soi-même. Tout est interdépendant », insiste Yasmina, en 4e année d'économie.

Réunions, messages sur les réseaux sociaux, événements sur le campus... Ce groupe d'étudiants volontaires prépare ainsi sa prochaine activité : le 21 octobre, le club participera à une action globale, organisée par Recycle Lebanon, en vue de nettoyer la côte. « Nous avons souhaité inclure la région de Jounieh dans cette action et nous occuper, en tant que club, du nettoyage d'une de ses plages », indique Yasmina. Celle-ci explique que cette action entre dans le cadre du thème actuel du club : la vie marine. « Nous avons axé la sensibilisation sur les effets négatifs du plastique, comment cette matière affecte les espèces marines et, finalement, nous affecte nous aussi », souligne Tina. Comme sa camarade, Pascal Damien, diplômé en économie, rapporte, à ce propos, le sauvetage par un pêcheur d'une petite tortue marine, prise dans un sac en plastique.

Par ailleurs, le club a vendu, à un prix abordable, des sacs en tissu réutilisables pour remplacer les sacs en plastique distribués dans les supermarchés ou les épiceries. L'objectif est de « financer d'autres activités en rapport avec la vie marine, mais aussi, grâce au petit texte inscrit sur le sac, de faire parvenir le message plus facilement », explique Tina.

Ces jeunes vont plus loin et collectent les sacs en plastique et le verre... pour les fournir à des associations, des entrepreneurs ou des designers qui effectuent du surcyclage, comme Nour Kays. « Ces personnes transforment nos déchets en quelque chose de beau, au lieu qu'ils finissent dans la nature ou la mer. Nous collaborons ainsi avec d'autres entités pour nous entraider et obtenir un résultat productif », clarifie Yasmina.

 

(Lire aussi : Des animaux et des hommes : des droits sur une même planète, le billet de Suzanne Baaklini)

 

 

La maltraitance des animaux souvent au cœur de l'engagement
Après la vie maritime, le club axera sa campagne sur la thématique de la chasse des oiseaux. « Nous nous rendrons sur le terrain, distribuerons des brochures aux chasseurs et les aviserons des genres et du nombre d'oiseaux qu'ils ont le droit de chasser », explique Pascal.

Pour le thème suivant, la vie sauvage, le club planifiera des excursions dans des réserves. « À travers ce type de sortie, nous montrerons que le Liban est riche en animaux sauvages, et qu'on doit contribuer à préserver cela », suggère-t-il.

Par ailleurs, selon ce jeune homme, le club œuvre aussi pour « accroître la sensibilisation au sujet des maltraitances pratiquées par des entités ou à un niveau individuel », et ce sur différents axes : les animaleries, dont certaines vendent des animaux d'une façon illégale ou inappropriée, les pratiques vétérinaires non éthiques, les académies d'entraînement de chiens utilisant la réaction négative, tel le collier électrique, le trafic illégal d'animaux, l'élevage et la consommation de viande non éthiques, ainsi que les zoos, dont certains maltraitent les animaux. « Notre rôle principal est d'intervenir et d'informer les gens sur ce qu'il se passe vraiment et pourquoi il est nécessaire de dénoncer certaines pratiques. Nous donnons autant que possible des informations crédibles pour les convaincre », argumente Tina.

 

 

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Brochures, réseaux sociaux, petits films, participation à des festivals ou des soirées, vente de sacs en tissu, etc. sont des moyens pour faire parvenir un message, une histoire ou simplement pour discuter avec les autres. « On essaie de s'adapter aux préoccupations des jeunes, d'être présents dans des endroits où ils pourront interagir avec nous », note Yasmina. Tina renchérit : « Nous voulons que les gens comprennent que le changement est possible à un niveau individuel (lorsque chacun accomplit sa part), et si chacun décide de changer quelque chose, ce changement prendra une autre ampleur ! »
Fondé l'année passée, le club compte aujourd'hui 70 membres. « Je crois que nos expériences précédentes aideront beaucoup à fixer des lignes directrices et un cadre de travail. Notre but est de nous agrandir », confie Pascal. Pour ces jeunes volontaires, le club n'est qu'un départ, une expérience qui leur permettra, à plus long terme, de fonder une ONG. « Nous travaillons beaucoup sur la durabilité. Nous voulons que les générations futures puissent avoir ce que nous avons maintenant », conclut, déterminée, Yasmina.
Pour en savoir plus sur ce club : Facebook : Animal Rights Club LAU; Instagram : @animalrightsclublau ; Twitter : @animalrightslau.

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